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Nos pages en français (2)

  From NIEUWPOORT to HORTO

1. Vers la Méditerranée par les canaux, la Saône et le Rhône (2007)

 

 

Partir ...

 

Nieuport, 07.07.2007

 

Sur notre ponton, au VVW Nieuwpoort

Un dernier regard ...

Libre ...

Quittant le port ...

Sur l'Yzer, vers la Veurnesluis - une écluse du complexe du Ganzenpoot - , notre première écluse ...

Nous arrivons ...

 

 

... vers la Méditerranée:

la traversée de la France par les canaux, la Saône et le Rhône

 

Cliquez ici pour voir la carte de notre traversée de la France par les canaux, la Saône et le Rhône.

Cliquez ici pour consulter le tableau récapitulatif de notre traversée de la France par les canaux, la Saône et le Rhône et nos notes concernant les ports et les haltes nautiques.

 

NIEUPORT: vers l'écluse de Furnes

notre première écluse ...

Au revoir ...

 

Nous laissons NIEUPORT derrière nous ...

Le pont de WULPEN

 

Entre WULPEN et FURNES

...

 

En route vers FURNES

FURNES: écluse de Nieuwpoort

 

 

La France ... de Dunkerque à Vitry-le-François

 

11.07.07 Cambrai, notre cinquième halte. Partis le 7 de Nieuwpoort - un jour plus tard que prévu, le vent et la pluie étant trop insistants alors que l'été à nouveau nous avait fait faux bond - nous commençons progressivement à nous sentir plus à l'aise dans le rythme des canaux; même ce vocabulaire inconnu des voileux commence à nous être un peu plus familier: grand gabarit, halte fluviale, port d'eau (?!), amont/aval, montant/avalant ... Nous commençons à nous y retrouver.

 

Petit retour en arrière ...

La halte de Watten était toute charmante, celle d'Aire sur la Lys nous plongeait dans le Nord industriel, le petit port de Courcelles, malgré son charme bon-enfant et l'amabilité de son couple de capitaines de port était trop près du triste site de Métal-Europe - en cours d'assainissement - pour pouvoir nous faire goûter le dépaysement, Etrun nous a plu pour son silence.

 

Notre première halte: WATTEN

Notre deuxième halte: AIRE-SUR-LA-LYS

Notre troisième halte: COURCELLES

Le port de Cambrai situé tout juste en bordure de ville nous permet de compléter nos provisions pour le long week-end du 14 juillet et nous y trouvons eau, électricité et douches agréables. Monsieur Gérard, le maître des lieux, a l'oeil à tout.

Notre quatrième: ETRUN

Notre cinquième halte: CAMBRAI

 

 

Si les premières écluses nous ont peu surpris, les écluses Flandres et surtout Fontinettes - cette dernière combien monumentale! - auraient certainement laissé un souvenir teinté d'appréhension si un gentil couple en vacances sur leur belle maison-péniche en route vers le feu d'artifice du 14-juillet à Paris, ne nous avait pas invités à nous mettre à couple, pour passer, ainsi solidement amarré, les deux "caps" impressionnants.

 

De WATTEN à AIRE-SUR-LA-LYS:

Nous sommes les bienvenus à couple d'une péniche pour le passage de deux impressionnantes écluses: Flandres et Fontinettes

Ecluse Fontinettes

De AIRE-SUR-LA-LYS à COURSEULLES:

Canal d’Aire et Canal de la Deûle ( Canal Grand Gabarit CGG )

 

Ayant quitté le Canal Grand Gabarit à Bouchain, nous sommes maintenant même responsables du fonctionnement des écluses de l'Escaut canalisée et du Canal de Saint-Quentin que nous suivons.Le boîtier qui nous a été remis à l' écluse de Goeulzin nous permet de commander dans chaque écluse le début de l'éclusage et d'en contrôler le déroulement. La manoeuvre exige néanmoins une bonne coordination entre nous deux afin de surveiller l'amarrage du bateau dans des eaux qui deviennent rapidement bouillonnantes avant de se calmer à nouveau: c'est alors, après l'ouverture automatique des portes, que nous partons vers l'écluse suivante dans des paysages qui deviennent peu à peu plus verdoyants alors que les sites industriels se font plus rares.

 

Le mauvais temps qui étrangement nous avait épargnés depuis notre départ tout en brandissant fréquemment les pires menaces, s'est plu à nous arroser copieusement lors de notre arrivée à Cambrai! Et à Etrun déjà nous nous sommes - avec plaisir - servis de notre chauffage Webasto, au gazole et air pulsé ! Cependant nous voulons croire aux encouragements des amis venus nous saluer le matin de notre départ: "Cela va s'améliorer ... vous allez vers le Sud ... ". Alors, à quand "l'été"? (* 11.07.07)

 

Ecluse sur le CANAL DE ST QUENTIN

SOUTERRAIN DE RIQUEVAL

Le plus petit donc dernier dans le convoi tracté par le TOUEUR

 

 

   

12.07.07 De Cambrai à St-Quentin: 17 écluses, deux tunnels, puis encore 5 écluses. Pour passer le Souterrain de Riqueval - 5670 m de long - notre convoi est tracté par le "toueur". Ce convoi se compose d'une péniche, une grosse barge, deux plaisanciers moteur, et nous, fermant la "marche" - étant le plus petit bateau. Le toueur qui peut tirer plusieurs péniches avance à une vitesse maximale de 3,5 km/h grâce à son moteur électrique et sa chaîne au fond du canal. Le souterrain construit sous Napoléon (1802-1810) a une largeur de 6 mètres. Il nous faudra près de deux heures pour effectuer le passage, reliés par deux lignes croisées de 30 m chacune au bateau qui nous précède. Deux bateaux ne disposant pas de lignes aussi longues feront un passage moins confortable: leurs zigzaguements les font toucher fréquemment la protection latérale de bois. Nous franchissons le deuxième souterrain - 1098 m - à moteur pour arriver vers 20H30 à la Gare d'eau de Lesdins. Halte sous la pluie, qui tombe fine mais mouille mieux que ne le ferait une douche! (* 13.07.07)

  Arrêt sous la pluie entre le Gare d'eau de Lesdins et l'écluse de Lesdins    

 

 

   

13.07.07 Vers St-Quentin cinq écluses nous attendent, commandées par détection radar. Comme maintenant nous sommes avalant, la technique dans les écluses est plus simple: nous pouvons nous amarrer du côté de la perche d'éclusage et l'actionner sans devoir passer par l'échelle: il nous faut seulement veiller à la longueur suffisante de nos amarres, ce qui avec une chute d'eau d'environ 2,50 m ne pose pas de problème.

Partis de Lesdins à 8H40 nous arrivons au Port de St-Quentin deux heures plus tard. La halte est bien aménagée avec pontons et catways, électricité, eau et douches, mais bruyante par la route express qui passe non loin et n'offrant hélàs qu'une vue assez "industrielle".

Le "chômage" du 14 juillet nous oblige de rester jusqu'à dimanche, mais St-Quentin nous permet de compléter nos provisions et de faire le plein de carburant. La ville nous offre son magnifique Hôtel de Ville, sa basilique dans les échafaudages (!), sur la Place une plage tropicale, et ... des terrasses! Eté oblige. Et le soleil participe enfin à la fête! (* 14.07.07)

Port de St-Quentin

 

 

   

15.07.07 De Chauny 12 écluses nous séparent; comme nous sommes "avalant" leur passage est assez aisé, le niveau étant au plus haut à l'entrée, pas besoin donc d'utiliser l'échelle boueuse pour passer les amarres.

A Tergnier nous avons rejoint le trafic nettement plus intense vers Paris et le Nord: mais nous quitterons, lors de l'étape prochaine, le canal latéral à l'Ose à Abbé court, trois kilomètres en aval, pour prendre le canal de l'Ose à l' Ais ne.

Comme le temps soudain trop chaud s'est mis à l'orage, nous décidons de rester un jour de plus.

La halte est peu fréquentée mais très bien tenue et équipée de douches, laverie etc.; le site n'est pourtant pas vraiment agréable par les deux usines sur l'autre rive du canal. Et comme nous sommes lundi Chacun nous offre un visage assez terne, presque tous les commerces étant clos! (*16.07.07)

Port-relais de Chacun

 

17.07.07 A Abbé court nous quittons le canal latéral à l'Ose, et nous nous engageons jusqu'à Bourg-et-Coin dans le très plaisant canal de l'Ose à l'Ais ne.

 

   

Le canal correspond bien à l'idée qu'on peut se faire d'un voyage au fil de l'eau. La halte du soir à Pargny a tout pour plaire: ponton, eau, courant électrique et... solitude!

Nous serons montant jusqu'au souterrain de Raye que nous passerons demain derrière une péniche nous mettant ainsi sous sa protection vis-à-vis d'un avalant négligent qui aurait "grillé" le feu rouge à l'autre bout du souterrain.

   

Pargny

Pargny-sur-un- nuage

 

Quatre écluses avalant et voici Bourg-et-Comin, ensuite le canal latéral à l'Aisne, plus fréquenté, nous conduit à Berry-au-Bac.

 

   

Voici déjà deux jours de temps agréable, malgré une averse le matin: c'est sous un ciel bleu que nous pénétrons dans l'ensemble des deux groupes d'écluses - neuf en tout - de la première section du canal de l'Aisne à la Marne jusqu'à Reims.

Mais les écluses vétustes sont assez fatigantes et comme le vent s'est levé, il faut user plus de vigueur pour mener à bien la manoeuvre. Par deux fois les écluses automatisées n'enregistrent pas notre sortie - notre voilier étant bien bas et petit - ce qui maintient closes les portes de l'écluse suivante: à deux reprises donc nous devons faire appel par VHF à l'éclusier itinérant qui, toujours aimable, vient nous ouvrir l'accès à la bassinée. Fatigués nous décidons de nous arrêter à Courcy. Nous y trouvons une halte ombragée et disposant d'une pittoresque pompe à eau. Au souper nous voyons passer la dernière péniche avant la fermeture des écluses. (*19.07.07)

   

 

 

19.07.07 Reims est à 10 km et nous partons de bon matin. Les premières gouttes de pluies tombent annonçant le début d'une journée avec de l'orage pour l'après-midi. Les derniers kilomètres avant Reims sont en majeure partie occupés sur la rive gauche par l'usine Arcelor et puis, déjà, c'est le Relais nautique, bruyant, enclavé entre ceinture autoroutière et voie express mais situé à deux pas du centre et de la cathédrale. Nous espérons tenir le coup au moins une nuit: Reims d'une part, orages d'autre part, obligent! (*19.07.07)

 

     

   

 

 

   

20.07.07 Après l'orage de cette nuit, la matinée s'est passée sous une pluie battante. Lorsque vers midi le ciel s'éclaircit et que le soleil perce nous décidons de monter jusqu'à Sillery et son Relais nautique plus charmant situé à 10 km de Reims. Il y a quelques plaisanciers dans ce "port" bien aménagé et agréable même si on entend en arrière fond l'autoroute au loin. Les trois écluses en amont de Reims étaient assez vétustes et peu pourvues de bollards.Ceci nous obligeait à passer lignes arrière et avant par les marches de la seule échelle tribord, côté où se trouvait la perche pour actionner la bassinée. De plus à la sortie nous étions à nouveau par deux fois mal repéré car les détecteurs étaient placés particulièrement haut aux portes amont. A nouveau l'aide d'un éclusier itinérant nous a permis de ne pas perdre trop de temps.

   

Relais de Sillery

mise à jour de notre site web

 

Nous avons pourtant quitté Reims avec un regret: celui d'avoir pu seulement brièvement ressentir la majesté écrasante de beauté de cette cathédrale, haut-lieu de la royauté, de tant d'histoire, de tant de siècles de grandeur et de souffrance. Cette architecture monumentale mais élancée dans un mouvement vers Là-haut, prolongé jusque dans les volutes-mêmes ne pouvait nous laisser indifférents: beauté exquise de la rose dont les couleurs brillaient de mille feux dans le couchant, lumière plus discrète des vitraux chef-d'oeuvre de Chagall, jeu d'ombres et de lumières des mille statues, arêtes et arcs tendus dans les rayons du soir approchant, charme, étourdissement, plaisir du beau. Puis le Palais de Tau, charme d'un jardin public. Malgré des travaux de voirie, notre brève escale culturelle à Reims a été comme une nourriture de l'esprit indispensable après tant d'activités de batellerie - bassinées, éclusages, amarrages ... un autre monde!

 

   

21.07.07 Départ de Sillery. Arrivée à la halte de Condé-sur-Marne - après quatre écluses montantes, le souterrain de Mont-de-Billy long de 2302 m, et huit écluses avalantes groupées - dans l'après-midi..

La halte a peu de charme, située à proximité d'imposants silos, qu'à l'heure de l'apéritif des tracteurs viennent remplir. (* 21.07.07)

   

 

Souterrain de Mont-de- Billy

 

Condé-sur-Marne

 

 

22.07.07 Départ pour Vitry-le-François, toujours par le canal latéral à la Marne: onze écluses, et nous serons "montant".

Pour commander la bassinée, nous devons saisir la perche, pendue au-dessus du canal, et la tourner un quart de tour. Selon le cas, les feux rouge/vert s'allument tandis qu'un clignotant orange nous signale l'enregistrement de notre demande, sinon le rouge et l'orange seuls s'allument nous prévenant ainsi de la présence d'un avalant, ou d'un montant qui nous précèderait, dans l'écluse. Nous aurons alors feu vert après sa sortie. Les écluses varient en difficulté; tout dépend en fait de deux éléments: d'une part le nombre de bollards restants (!) et leur disposition sur le mur et d'autre part l'emplacement de l'échelle. Nous nous sommes aperçus que grâce à la protection - jugée par certains à Nieuport comme excessive (pare-battage reliés entr'eux et pendus à l'horizontale) - la force de la chasse a beaucoup moins d'importance que les deux éléments précédents. Les deux grosses "gouttes" de 45 cm à l'avant font également un travail indispensable. Avis à ceux qui voudraient faire ce périple!

 

   

Le canal est assez monotone car nous naviguons la plupart du temps entre deux haies entrecoupées ici et là par des quais près de silos. Puis soudain un endroit charmant apparaît au tournant d'une courbe: la cathédrale de Châlons-en-Champagne. Mais il nous faut continuer notre route: demain la météo sera infecte et il nous faut préparer notre partie la plus "déserte": le passage du canal de la Marne à la Saône.

23.07.07 Vitry-le-François. Pluie battante, orage annoncé pour l'après-midi. Il y a un supermarché proche du "port de plaisance" ainsi qu'une station-service. L'équipement de confort - douches, eau, électricité - est excellent, - sauf qu'il y a fermeture des douches le dimanche!

La capitaine, charmante et très efficace; se chargera demain des formalités de passage du canal: 114 écluses à passer, ainsi qu' un souterrain de 4820 m, le tout après annonce auprès des autorités de gestion et sous leur contrôle!

Malgré le mauvais temps nous réussissons à faire nos provisions, à mettre le site à jour au seul café-internet, et à visiter - bien que trop rapidement - le centre-ville, sans être trop détrempés, à la faveur de quelques éclaircies.

 

Canal de la Marne à la Saône: de Vitry - le - François à Heuilley / Pontailler - sur - Saône

 

   

24.0.07 La pluie qui tombe dru en soirée et toute la nuit, ne cessera qu'à notre arrivée à la halte d'Orconte: nous avons "fait" les six écluses - le nom de la première est à tout point de vue évocateur: le Désert - sous une pluie battante pataugeant tour à tour dans la boue des échelles et dans l'eau qui ruisselle par-dessus le mur des écluses, tellement le niveau de l'eau est élevé. Ces six écluses sont difficiles par la violence de la chasse lors de l'éclusage et nous avons réellement besoin de toute la force des bras pour maintenir notre bateau correctement face à ce torrent qui déferle, et... ainsi nous serons "montant" jusqu'à Langres, dans 65 écluses!

Le soleil pointant nous incite donc à faire halte à Orconte, petit bourg à 7 écluses de Saint-Dizier. Petite halte mais confort parfait et très calme, particulièrement ... charmant! La magie d'Orconte, dirons-nous plus tard.

   

Halte fluviale d'Orconte

La magie d' Orconte

 

25.07.07 Les écluses se suivent mais ne se ressemblent pas! D'Orconte à Saint-Dizier, six écluses, de Saint-Dizier à Bayard - notre halte vers Joinville - huit. Saint-Dizier n'offre aux plaisanciers qu'une halte à l'abandon, désertée non seulement par ceux-ci mais même par ses gérants. Un nouveau port de plaisance fait partie d'un projet 2007-2015 mais les travaux n'ont pas encore débuté. Reste aussi un long quai avec bollards après de l'écluse St-Dizier dépourvu de tout charme! Nous décidons de continuer vers la halte Bayard, huit écluses en amont. Heureuse surprise: non seulement la navigation est très plaisante mais elle nous mène par de pittoresques paysages. Petite écluse dans une charmante clairière, pont-levis après une courbe, pont-canal par lequel nous traversons un ruisseau qui va se jeter dans la Marne, cette Marne bouillonnante, en contre-bas du canal, qui lui continue tranquillement sa route en suivant la vallée. Petits villages sur les rives. La halte de Bayard est occupée par un plaisancier, habitué des lieux, qui nous éclaire utilement - et fort agréablement - sur la suite.

 

26.07.07 Aujourd'hui encore, de Bayard à Joinville - ville du célèbre chroniqueur de saint Louis et "berceau" des Ducs de Guise. Nous sommes charmés par le paysage, très changeant, alternance de parties très boisées, clairières où de petits cours d'eau se rencontrent, avant de se perdre dans la Marne, collines, vallons, passages enclavés, ponts-levis qui toujours se succèdent, écluses aux folles eaux ...

 

   

 

De Bayard à Joinville nous avons dans ces écluses, pas toujours bien équipées pour la plaisance, l'aide très appréciée d'une charmante éclusière-stagiaire itinérante - job de vacances très agréable, sans aucun doute.

Le temps s'est mis à l'été. A Joinville les plaisanciers sont plus nombreux et deux maisons-péniches occupent les deux-tiers du quai; à l'une d'elle - occupée par un couple de sympathiques Néerlandais nous pouvons nous amarrer. Nous sommes passés sept écluses - celle de Joinville est encore entièrement manuelle - et cinq ponts.

   
ECLUSIERE ITINERANTE
ALONGSIDE in JOINVILLE

 

Notre halte nous permet de faire les courses nécessaires en produits frais, et de choix, car nous avons trouvé à côté du pont sur la Marne un magnifique Fruits et légumes. Nous renouvelons une bouteille de gaz et faisons le plein de carburant. Autres courses encore dans un supermarché tout proche. La halte étant gratuite elle attire non seulement les plaisanciers mais également les camping-cars: nous en comptons quatorze! (*26.07.07)

 

   

27.07.07 De Joinville à Froncles - autrefois célèbre pour ses forges - neuf écluses et deux ponts-levis, le tout "en manuel" à franchir. Le rythme du canal s'est imposé et nous comprenons pourquoi le passage du canal de la Marne à la Saône exige entre sept et dix jours. Les commerciaux ou "chargés" sont cette année de moins en moins nombreux - en moyenne 2 à 3 par jour et souvent même nettement (?) moins, ce qui inquiète ceux pour qui le canal est leur gagne-pain!

Toujours accompagnés par nos éclusiers ou éclusières motorisés nous gagnons lentement de "la hauteur" vers le point "culminant" sur le Plateau de Langres - le Souterrain de Balesmes - où commencera la descente vers la Saône et Pontailler.

Mais nous n'y sommes pas encore: sous un ciel nuages-gouttes-éclaircies-soleil nous suivons le cours de la Marne - à quelques dizaines de mètres - à travers une vallée ondoyante variant toutes les tonalités de verts.

 

FRONCLES

   

 

Puis à nouveau, champs et collines se succèdent, hameaux, ponts, bourgs, clairières, écluses, ponts-canal, et voilà Froncles. Arrêt. Bilan. Repos. Demain, peut-être, Chaumont. Nous prenons rendez-vous pour 08H00.

 

28.07.07 Départ reporté au lendemain: quatre péniches - si rares d'ordinaire - doivent se trouver dans les mêmes biefs que nous. A éviter. Nous passerons la journée à Froncles en inaugurant la machine à laver et le séchoir qui viennent d'être livrés. Pluie battante, du reste! Mieux valait ne pas partir.

 

29.07.07 Froncles-Chaumont: onze écluses, un éclusier en retard et mal réveillé de ses sorties du samedi-soir. Copieusement arrosés à maintes reprises nous arrivons au Port de plaisance de Chaumont lorsque une écluse bien différente s'ouvre: des trombes d'eau noient canal, port, bateaux ...

 

   
 

RIAUCOURT - en route pour CHAUMONT

     

 

   
 

En route vers ROLAMPONT

Pause-repas, en route vers ROLAMPONT

ROLAMPONT  

30.07.07 Départ pour Rolampont, quinze écluses plus haut. La pluie a cessé laissant sur le canal le jeu des couleurs, des odeurs, des parfums, des brumes, des ombres et des lumières; oiseaux, insectes, la vie reprend dans cette matinée de soleil et de ciel bleu. Notre éclusier-accompagnateur pour cette journée est très sympathique et il nous fait partager la vie du canal, lors de l'attente pendant la bassinée. Nous apprenons chômages, entretien, neige, glace, commerce, mais aussi la lente transformation du canal par la plaisance, plus présente ...

A Rolampont nous nous retrouvons à couple avec l'accueillante péniche Marie-Hélène et ses propriétaires si chaleureux, Dirk et Aagje ... partis pour leur nouveau long vagabondage qui doit les emmener vers le Lot et la Garonne.

 

31.07.07 De Rolampont à Langres sept écluses nous attendent. La montée se fera en deux heures et demies. Nous croiserons une péniche - un "chargé" comme on dit ici; elle, peu manoeuvrante, nous obligera à serrer un peu trop vers la rive ... mais déjà elle est passée, et nous repartons dans une eau que nous contribuons à rendre boueuse! Le canal est magnifique, la lumière éclaire sous un ciel bleu de très beau paysages que nous découvrons variés après chaque courbe. Les équipements du "port de Langres" sont restreints et pour la première fois nous devons nous servir de nos piquets.

 

   

Langres vaut bien une visite, et nous espérons enfin pouvoir mettre notre site à jour et réussir à "charger" nos nombreuses photos. Langres, ville prestigieuse de par son histoire de plus de 2000 ans: l'époque romaine, la cité médiévale, le pouvoir épiscopal, la "cour" des chanoines, les Hôtels particuliers de la Renaissance, Diderot l'enfant du pays - directeur de l'Encyclopédie -, le XIXe siècle bourgeois ...

Notre recherche d'un point internet - enfin trouvé dans le Centre d'animation sociale du quartier neuf où les problèmes liés à la mixité et le manque de perspectives ne laissent que peu d'illusions - fera que nous aurons vu ces deux visages de Langres, qui s'ignorent. (*31.07.07)

   
LANGRES
LANGRES

 

01.08.07 Deux écluses nous séparent encore du Souterrain de Balesmes. Comme une péniche "montante" versant Saône est annoncée nous voulons arriver de bonne heure au souterrain: nous risquons une attente d'au moins trois heures. Mais la chance est avec nous et à la dernière écluse nous recevons l'autorisation de "pénétrer dans la voûte": passage que nous réalisons en 35 minutes.

 

   
 

L' ACCES au SOUTERRAIN DE BALESMES

SOUTERRAIN DE BALESMES, vers la sortie

CUSEY  

Nous avons ainsi franchi "la ligne de séparation des eaux": derrière nous la Marne, devant nous la Saône, la Vingeanne coule en contre-bas. Voici "l'escalier avalant": quarante-quatre écluses jusqu'à Heuilley. Deux étapes: nous nous arrêterons à Cusey, où nous ferons halte le long de la berge, les amarres attachées à deux arbres de la haie de verdure qui suit le canal. L'orage, la nuit, nous inquiétera. Il passera devant nous, plus loin. Il sera violent. On nous le dira.

 

02.08.07 De Cusey à Ceuge. Nous avons quitté le Plateau de Langres et sa ligne ondulant vers la vallée. Le paysage nous semble moins vallonné mais ce n'est qu'impression. Les écluses se suivent, parfois très rapprochées, parfois éloignées de deux ou trois kilomètres. Le soleil est revenu, mais nous observons les traces de l'orage, grandes flaques, branches arrachées à fleur d'eau, feuilles recouvrant l'eau du canal ...

   

La halte de Ceuge est minuscule , nous y occupons toute la place. L'église du XIIIe siècle attire notre attention. Le lavoir est charmant. Des habitants s'inquiètent de notre appréciation; ils nous rappellent que c'est dans ce village que fut tourné le film la "Veuve Couderc" avec Simone Signoret et Alain Delon. Le pont-levis, unique en Bourgogne, fait la fierté.

Nous avons déjà fait le plein d'eau près du bureau VNF de Renève; là pour accéder au modeste robinet, ce fut amarrage et escalade improvisés! La halte toute rustique de Ceuge - quai, bollards, et poubelles - nous convient donc parfaitement; et puis, elle n'offre de la place qu'à un seul bateau!

   
Pause-repas dans l'écluse
En route vers CEUGE, écluse

 

03.08.07 Quatre écluses jusqu'à Heuilley. Là, nous prenons congé de notre hôte depuis de nombreux jours - ce magnifique canal de la Marne à la Saône - , presque coutumier maintenant, comme si on y naviguait depuis très longtemps ...

 

La Saône: de Pontailler-sur-Saône à Lyon

 

   

Puis c'est l'écluse de la Dérivation de Heuilley. Toute simple. Tout y est prévu. Trop. Nous sentons que nous retrouvons un autre monde: celui du tourisme confortable. La Saône. Le paysage change, moins austère, riant, plus doux, une rivière, que c'est différent! Mais de nombreuses embarcations apparaissent déjà... Les bateaux de location ne doivent pas être loin, eux non plus, hélas!

Pontailler-sur-Saône. Port de Plaisance. Location. Nous nous mettons à l'écart: un petit ponton sur un bras de la Vieille Saône, et ... observons le spectacle. Vendredi. Relève des équipages! (*03.08.07)

   
 

La SAONE entre HEUILLY et PONTAILLER

     

PONTAILLER

 

 

04.08.07 Nous partons de bonne heure pour Saint-Jean-de-Losne, afin d'éviter les "locations" dans les écluses ... Une vingtaine de kilomètres et deux barrages que nous contournerons par les dérivations de Poncey et d'Auxonne, nous séparent de St-Jean. Les écluses automatiques, commandées par une perche sur le canal de dérivation et dont la bassinée sera mise en marche après que nous aurons soulevé la perche de commande bleue, sont à faible dénivelé 1,52 m et 1,83m. Afin de faciliter la manoeuvre nous prenons systématiquement, depuis que nous sommes "avalant", le côté de la perche de commande. Sur la Petite Saône nous avons un courant favorable de 1km/h, pas question de milles nautiques ni de noeuds, bien que ...! Il est tôt ce samedi et nous sommes seuls dans les écluses, nous croisons deux lève-tôt, deux voiliers qui montent. Ce n'est qu'après Auxonne que les plaisanciers des eaux douces apparaissent. Le temps est magnifique, à l'image de la rivière traçant son cours parmi les verts paysages; sur les berges de nombreux pêcheurs ont établi des campement parfois de longue durée, bien équipés à la faveur de larges buissons ou d'arbres plus isolés. Souvent nous ne les remarquons qu'à peine tant ils se fondent dans le paysage, et c'est un flotteur sur l'eau qui nous avertit.

 

   

Saint-Jean-de-Losne est le carrefour de voies navigables réputées et un haut-lieu de la batellerie: le musée que nous visitons dans la Maison des Mariniers regroupe un bel et clair aperçu du patrimoine fluvial auquel cette plus petite ville de France doit sa renommée et son expansion.

Le Port de Plaisance situé dans la Gare fluviale est bien équipé et nous y trouvons tous les services. Le ponton visiteur équipé de catways est occupé à 80% par des bateaux mis en vente par leurs propriétaires qui attendent les intéressés, passant une partie de leurs vacances à bord. Certaines unités sont très luxueuses et offrent un confort total jusqu'au lave-vaisselle et sèche-linge!

Du pont la vue sur la rivière est magnifique.

   
 

En route vers SAINT JEAN DE LOSNE

     

SAINT JEAN DE LOSNE

 

 

Quelques très gros "gabarits" attirent notre attention, amarrés sur la rive gauche, opposée à la ville. St-Jean est le point ultime pour ces transporteurs que nous retrouverons sur le Rhône. (*06.08.07)

 

05.08.07 Soixante-dix kilomètres nous séparent de Chalon-sur-Saône. Deux écluses: Seurre et Ecuelles. Les écluses sur la Grande Saône sont de dimensions plus importantes: 185mX12m. Dans l'écluse de Seurre nous serons seuls, "perdus dans cette immensité" sur notre notre petit voilier de 8,50 m H.T.! Le port du gilet est obligatoire, et dans l'écluse d'Ecuelles, l'éclusier ne fermera les portes qu'après que son ordre, répété par deux fois par haut-parleur, aura été suivi par les huit occupants d'une" location". Dans cette écluse nous serons six bateaux, et elle ne sera même pas à demi pleine. Quatre gros "bacs" presque rectangulaires, semblables à tous les autres Connoisseurs de location, bien reconnaissables à leur parasols rayés sur la plage arrière et leurs chaises de jardin en plastique blanc. Nous assisterons à un spectacle étonnant: le propriétaire d'un yacht sous pavillon néerlandais mais francophone, prodiguant des conseils, heureusement non suivis, à l'équipage de la "location" en difficulté de gilets (!); il se retrouvera bateau suspendu à ses amarres, l'eau fuyant sous sa coque, sa femme hurlant de panique.Il coupera ses amarres ce qui claquera comme un coup de feu sec, sur injonction de l'éclusier! Sous les yeux quelque peu ébahis de tous, le bateau retombera sur la surface de l'eau avant de cogner contre le mur dans un grand effet de balancier.

 

Nous ferons une belle navigation, la journée étant splendide, la rivière charmante, les maisons sur les hauteurs, plaisantes. Nous verrons l'entrée du Canal du Rhône au Rhin, Verdun-sur-le-Doubs, et, avant l'arrivée à Chalon, l'entrée du Canal du Centre.

Les trois ponts sont impressionnants, le premier, suspendu, par son élégance, le second, par sa majesté.

 

   

Nous contournons l'Ile St-Laurent, derrière laquelle s'abrite le Port de Plaisance. Nous y trouvons une place à un catway, ceux-ci étant "épargnés" de l'amarrage des "locations" ... et pour cause!

Soirée d'été: lorsque nous retournerons au bateau après avoir passé la soirée avec nos amis Isabelle et Pascal, parents proches de voisins de ponton à Nieuport, nous croiserons encore de nombreux flâneurs et les terrasses des cafés seront encore bien pleines.

Mais demain risque - à nouveau - de violents orages.

Nous décidons de rester quelques jours. Tournus sera, jeudi, notre prochaine halte, où nous devrions retrouver Luc-Marc.(*06.08.07)

   
 

CHALON SUR SAONE

     

CHALON SUR SAONE

 

 

 

09.08.07 Départ à huit heures pour Tournus: 29 km et une écluse (Ormes, 2,53m). La nuit a été pluvieuse, comme les journées de mardi et mercredi: pluies intermittentes, menace d'orage qui finalement ne viendra pas. En guise d'éclair et de tonnerre nous aurons eu de violentes pluies lundi, en fin d'après-midi et en soirée. Ce triste temps nous a permis de "vivre" à Chalon pendant trois jours: vieille ville, places, quartier de l'évêché, cathédrale, " l'Ile des malades" - centre hospitalier sur l'lle St-Laurent - mais aussi boutiques, fruits-et-légumes, épicerie et crèmerie-fromagerie charmantes, dégustation de cafés surprenante en variété, laverie, webcafé, quais, beaux hôtels particuliers, mais aussi et surtout la librairie Mandragore.

 

   

L'escale de Tournus, elle sera encore bien plus arrosée: la pluie tombera sans discontinuer pendant près de seize heures.

Nous avons trouvé une des dernières places au ponton flottant, le quai submersible étant déjà complet.

Ce dernier devra au matin du 10 être évacué et on se pressera nombreux lors de notre départ pour prendre notre place. Nous aurons dégusté le repas pique-nique que nos amis nous avaient préparé, dans le bateau, chauffage à plein régime!

   
 

En route vers TOURNUS

     

TOURNUS

 

 

10.08.07 Nous quittons Tournus pour Mâcon. Trente-deux kilomètres à parcourir sous un ciel menaçant et lorsque nous sommes à hauteur de Pont-de-Vaux il se remet à pleuvoir. Les bords de Saône ont été désertés par la plupart des pêcheurs et dans les campings les campeurs sont clair-semés. Le Rhin et le Doubs sont en crue et nous apprenons que des campings y ont été évacués, des villages inondés;la Saône se gonfle de partout et le courant qui nous porte a doublé depuis hier. Ce n'est que vers midi que la pluie cesse, mais alors nous aurons déjà accosté arrière à quai, sur ligne de mouillage avant. Le port de Mâcon est très confortable mais éloigné du centre-ville de près de 2 à 3 kilomètres. La promenade par le chemin de halage est agréable et nous passons une belle après-midi à parcourir la vieille ville.

 

   
 

En route vers MACON

La SAONE près de MACON

PORT DE MACON  

 

11.08.07 Nous quittons Mâcon de bonne heure: un léger brouillard flotte sur la rivière et nous avançons feux allumés. Au Pont St-Laurent le courant atteint 1,8 noeuds ce qui rend le passage sous ce célèbre pont assez impressionnant, le passage sous les arches étant assez étroit. Nous passons l'écluse de Dracé (max. 2,90 m) sans devoir attendre.

Un timide soleil fait son apparition lorsque nous passons le Port de Belleville sur la rive droite: au ponton flottant un voilier anglais en transit que nous avons déjà rencontré. Puis c'est le charmant Montmerle, vue très plaisante sur les bords de cette petite ville très fleurie, la Chapelle des Minimes, sa tour, ses quais pour grands bateaux, ses pontons flottants pour la plaisance, que certains appellent " la perle du Val de Saône ". Puis nous retrouvons rapidement des paysages plus industriels: c'est Villefranche. Mais déjà la rivière nous emporte: 7,5 à 8 noeuds sur le fond. Trévoux apparaît sur les hauteurs de la rive gauche.

La Saône se rétrécit: nous passons sur tribord les îles du Gouvernement et de la Pradelle, puis l'île Beyne, plus sinueuse, plus sauvage, la rivière plus violente s'embouque vers le barrage de Couzon-au-Mont-d'Or. Nous tentons un accostage au Port du Val-de-Saône, mais les catways sont encombrés, peu de places disponibles, d'autres catways sont déjà sous eau. Nous abandonnons notre projet d'y faire escale et nous nous présentons à l'écluse.Nous ne descendrons que de deux mètres au lieu de quatre, la montée des eaux est une réalité et sur la VHF nous surprenons des échanges qui confirment notre crainte.

 

   

Le ponton flottant de Fontaines-sur-Saône est invisible - submergé ? - : nous décidons de continuer sur Lyon à 15 km lorsque après l'Ile Roy, juste avant le pont de Collonges-au- Mont-d'Or , une Halte fluviale attire notre attention. Nous décidons de tenter l'amarrage en revenant contre le courant. Lors de la deuxième tentative - le trop fort courant nous déportant trop - Eric réussit à sauter sur le petit ponton flottant et à frapper une amarre sur notre taquet central.

Nous passerons en tout sept amarres pour bien répartir la traction. Nous reconnaissons l'endroit: c'est en traversant la route que nous nous rendons compte que le ponton donne accès au restaurant du célèbre Paul Bocuse! Kaat décide de lui faire concurrence pour le repas du soir, car les réservations pour une table chez le chef très étoilé seraient de plusieurs mois à l'avance!

La nuit nous vérifierons toutes les heures la tenue de nos amarres, les bollards n'étant pas flottants!

 

COLLONGES AU MONT D' OR

   

 

 

A l'approche de LYON, L'ILE BARBE

La traversée de LYON

La traversée de LYON

   

12.08.07 Lyon est à 13 km, Les Roches de Condrieux, où nous voulons faire halte, à 55 km. Traversée de Lyon, par petit matin, une ville encore somnolente, ce dimanche au petit matin.

C'est d'abord l'Ile Barbe, puis les quinze ponts, les quais, certains sont déjà submergés, d'autres vont l'être dans les heures qui suivent. Le courant nous mène, Notre-Dame de Fourvière, la Cathédrale St-Jean, le Quai Maréchal Joffre, où pour de nombreux plaisanciers qui y sont amarrés la journée lyonnaise commence par un sympathique salut à notre passage. Certains regardent un peu étonnés, nous semble-t-il, ce petit voilier qui passe à vive allure à une heure où on pense plutôt à prendre son petit-déjeûner! Mais nous voici déjà partis ...

Le confluent: la Saône s'est perdue ... voici le Rhône ...

 

LYON, QUAI MARECHAL JOFFRE

   

 

Le Rhône: de Lyon à Port-Saint-Louis-du-Rhône

 

 

   

Nous appelons la première écluse, Pierre-Bénite (max. 11,80 m), à peu près vingt minutes avant notre arrivée: les feux seront rouge/vert et nous pourrons entrer dans l'écluse trois minutes plus tard. L'écluse nous semble immense (195mx 19m) car nous y sommes seuls sur notre petit 8,50 m! Nous descendrons seulement huit bons mètres, descente qui se fait tout en douceur sur un bollard flottant, avant de suivre la dérivation qui court-circuite le Rhône sur douze kilomètres et qui nous mène par la raffinerie de Feyzin.

Nous retrouverons le Rhône dans toute sa beauté majestueuse juste avant Givors. Charme de ce paysage rhôdanien que nous avions tant attendu. Nous progressons à une vitesse sur le fond de 9,8 noeuds.

Voici déjà Vienne, la cité gallo-romaine, qui nous accueille au passage avec un beau soleil, alors que sonnent les cloches de Ste-Colombe sur la rive droite! A la sortie de Vienne le barrage de Vaugris que nous contournons par l'écluse du même nom (max. 6,70 m).

 

ECLUSE PIERRE BENITE

   

 

 

   

Au km 41, Les-Roches-de-Condrieu et son port de plaisance. L'entrée doit être préparée soigneusement car le courant fort nous entraîne alors qu'un contre-courant dans la passe déporte vers le nord. En crabe nous arrondissons notre entrée à bonne distance de la petite jetée, et amarrons notre bateau au ponton d'accueil.

Nous sommes dimanche midi: nous avons donc tout le loisir de prendre notre repas avant d'aller à la capitainerie. Nous pourrons rester au ponton d'accueil, ce qui nous offre une vue tant sur le port que sur le Rhône. Temps chaud et beau mais une traître averse nous obligera de terminer notre repas du soir dans le carré!

   
 

LES ROCHES DE CONDRIEU

     

UPDATING THE WEBSITE

 

 

 

13.08.07 Soleil, beau temps. Nous prenons le train pour Vienne. En huit minutes nous nous retrouvons dans la ville qui fut autrefois la capitale du Dauphiné. L'office du tourisme a mis au point une Visite de Vienne en quelques heures: il nous suffit de suivre les flèches jaunes et les médaillons de bronze qui, sur les trottoirs, marquent l'itinéraire-découverte. Les anciens murs d'enceinte, l'église St-Pierre, la Cathédrale St-Maurice, le temple d'Auguste et Livie, la rue des Clercs, l'église et le cloître St-André-le-Bas, le théâtre romain, enfin cette vieille ville que nous contemplons du haut du Belvédère de Pipet - vue impressionnante sur le Rhône en amont et en aval de la ville et au loin la Montagne du Pilat. Vienne nous semble soudain déjà si familier ... Un dernier café, une promenade dans le Jardin public très fleuri où de nombreux habitants qui n'ont pas déserté leur ville en ce mois d'août, cherchent la fraîcheur, et déjà nous reprenons le train vers la plus petite commune de France, en superficie.

A l'heure du fromage, après le repas du soir, la traître averse sera à nouveau au rendez-vous ...

 

       

ST MAURICE CATHEDRAL

TEMPLE D' AUGUSTE ET DE LIVIE

EGLISE ST ANDRE LE BAS

THEATRE ROMAIN

JARDIN PUBLIC, Route romaine

VUE DE VIENNE du haut du BELVEDERE DU PIPET

 

 

17.08.07 Nous quittons Les Roches de Condrieu pour le nouveau Port de Cruas, 104 km et cinq écluses plus loin. Notre séjour, dans le port des Roches de Condrieu dont on dit ici que c'est le Midi moins le quart, nous a beaucoup plu: le calme et le charme du site, la proximité de Vienne, les ballades vers Condrieu sur l'autre rive et le long du fleuve majestueux...

Des raisons plus techniques, aussi, nous ont incités à prolonger notre escale. Grossi par les abondantes pluies le fleuve affirme sa force: le niveau de l'eau dépasse largement son habituel niveau d'été, le courant est à certains endroits plus violent et le Rhône charrie plus de bois que les autres étés. Raisons suffisantes pour profiter d'une halte alors que le vent du Sud se fait plus sensible, créant une situation vent contre courant peu confortable.

Mais aujourd'hui les conditions sont plus clémentes, un léger vent de Nord à Nord-Ouest vient rafraîchir notre progression car le beau temps est bien là ce matin. Les plaisanciers montants se font moins rares et nous commençons à croiser des voiliers en transit vers le Nord: ils subissent un courant violent. Certains nous avoueront à l'escale une progression moyenne de 2 à 3 noeuds sur le fond, parfois d'un noeud seulement. Nous les voyons après un salut de la main nous suivre du regard, nous qui dévalons le Rhône à 7 à 8 noeuds, avec des pointes, à l'approche des barrages, en début de dérivation, ou à la sortie d'une écluse, de 9 noeuds!

En fait, ce qui détermine notre progression, c'est, proportionnellement, le temps d'attente aux écluses. Et là aussi, nous ne pouvons nous plaindre, mais il est vrai que nous sommes encore au mois d'août. Nous nous annonçons systématiquement 20 minutes avant notre arrivée sur le canal VHF correspondant et à l'arrivée à l'écluse le temps d'attente est minime: une seule fois - à l'écluse de Gervans - nous attendons 15 minutes, le temps nécessaire à un "bateau de passagers" - une péniche transformée en petit hôtel flottant - de pénétrer dans l'écluse. Nous la suivrons ainsi que deux autres plaisanciers et l'éclusage se fera sans difficulté aucune.

Rappelons que dans les écluses sur le Rhône c'est plutôt le vent et le courant dont il faut se méfier: dès que nous entrons dans l'écluse nous repérons le bollard flottant auquel nous allons nous amarrer - de préférence sur bâbord - et alors que Kaat fait avancer notre voilier le long du mur à une distance d'environ un demi-mètre, Eric tient les deux amarres - avant et arrière - prêtes en boucle pour les passer sur le bollard, dès que nous arrivons à sa hauteur. D'abord l'amarre arrière pour éviter que le vent ne déporte l'arrière du bateau lorsqu'il s'immobilise. Puis une légère traction de correction sur l'avant ou l'arrière et nous sommes prêt. A notre avis toutes les "grandes manoeuvres" avec la gaffe sont à proscrire: nous avons eu tout le loisir d'en suivre et même d'en contempler les échecs ... prévisibles!

Nous laissons la halte nautique de la Roche-de-Glun vers 13 heures sur tribord et le port de plaisance de Valence vers 15 heures sur bâbord, pour parcourir les derniers trente kilomètres qui nous séparent de Cruas.

 

 

Encore deux écluses à passer. A dix-huit heures nous nous présentons devant la passe. Mais, hélas, l'approche est confuse. Heureusement apparaît alors un homme gesticulant pour attirer notre attention: il sera notre pilote à terre. Sur ses indications nous remontons le courant plus haut que nous ne l'aurions fait pour pénétrer - notre humble moteur de 10 cv à fond - dans la passe en serrant de très près la petite digue nord, tout en gardant les bouées jaunes largement à bâbord. Puis un dernier virement à 180° qui nous permet de nous mettre au ponton dans la bonne direction pour le départ. Le maître des lieux, M. Claude Labalette, capitaine de ce nouveau port parfaitement tenu, nous convaincra par ses informations de prolonger notre escale d'un jour ...

En route vers CRUAS; un bateau-hôtel montant

PORT DE CRUAS

 

 

 

 

18.08.07 Provisions à compléter. Visite au Bureau de Tourisme mais pas de solution pour notre connection internet, la Médiathèque étant fermée.

Nous nous rendons bien vite compte de la bonne tenue de Cruas: notre impression première sera confirmée pendant notre court séjour.

Nous visiterons l'abbatiale, magnifique dans sa simplicité et admirablement conservée depuis le XIe siècle! Puis le village médiéval et le château abbatial capteront notre curiosité. La vue y est grandiose, sur le village, la vallée et sur la source de la richesse présente ... la centrale nucléaire! Le nouveau port, déjà complet donc trop petit par son succès semble-t-il, serait très sûr: la centrale EDF ne devrait pas avoir les pieds dans l'eau. Sans doute veillera-t-on particulièrement au niveau de l'eau dans ce bief.... Au port, déjà des améliorations seraient apportées: espace de ponton en plus, meilleur balisage d'approche, achèvement des installations de confort.

 

           

CRUAS L'ABBATIALE

L'ABBATIALE

Détail dans la crypte

       

VILLAGE HISTORIQUE

CHATEAU ABBATIAL

CRUAS VUE DU HAUT DU VILLAGE HISTORIQUE

 

   

 

 

Centrale nucléaire de CRUAS

   

 

 

 

   

19.08.07 Lorsque nous quittons de bonne heure Cruas pour Avignon, nous ne regrettons pas notre escale, finalement une des plus réussies de notre périple. La journée s'annonce sérieuse: cent kilomètres, quatre écluses dont celles de Chateauneuf (max 18,50 m) et de Bollène (max. 23 m). Le changement de temps qui s'annonce à l'approche d'une nouvelle perturbation pluvio-orageuse a fait mollir le vent qui légèrement variable n'est plus un réel facteur perturbateur à l'entrée des écluses: cela vaut particulièrement pour l'écluse de Bollène, plus délicate par fort vent du N et mistral. Les dérivations maintenant sont longues et souvent assez monotones, particulièrement celle de Bollène - , et ce n'est qu' à la sortie de celles-ci, lorsque nous retrouvons le Rhône que le paysage apparaît à nouveau dans sa grandeur et sa beauté naturelles.

   
 

DONZERE

     

ECLUSE DE BOLLENE

 
   

Ainsi se succèdent Viviers, le défilé de Donzère, le Château de Mornas, St-Etienne-des-Sorts, le Château de Montfaucon, la Tour de l'Hers, Chateauneuf-du-Pape, le Mont-Ventoux au loin, une dernière écluse - celle d'Avignon (max.10 m), et puis derrière une dernière la courbe, Avignon. L'approche du Bras d'Avignon se fait en aval du Pont-rail: et c'est à contre-courant que nous remontons vers le Bras, et la Cité, là, derrière le Pont St-Bénézet ... A 500 m du Palais des Papes, sous les murs d'enceinte, nous nous mettons à quai. Les pontons et les catways du port ont disparu, emportés. par la crue, quand le mauvais temps a tant fait souffrir le villes du Midi.

 

LA TOUR DE L HERS

AVIGNON LE PONT BENEZET

La Capitainerie, installée avec les douches et toilettes, dans un péniche a résisté. Notre amarrage sur quatre lignes sera souple, et nous protégerons la coque du vieux quai au moyen de quelques pare-battage supplémentaires. Orage, pas d'orage? Nous verrons: Avignon vaut bien, au moins ...deux jours! (* 20.08.07)

 

Deux jours en Avignon. Au Palais des Papes nous préférerons, cette fois, la flânerie dans la vieille ville et les grandes rues commerçantes. Nous avons visité ce magnifique et prestigieux palais en 1978 et en avons gardé un souvenir inoubliable et vivace. En plein Festival nous avions vécu cette symbiose du présent et du passé.

Aujourd'hui c'est d'abord vers les jardins du Rocher des Doms que nous nous sommes dirigés et descendant vers le Palais nous avons rapidement évité les longues queues devant l'entrée, et les centaines de touristes mitraillant chaque angle, courbe, ou portique. En nous dirigeant vers la Place de l'Horloge, autre lieu envahi par des hordes de touristes, nous n'avons néanmoins pu éviter d'être rattrapés par des petits trains véhiculant les visiteurs entassés, obstruant le temps de leur passage les ruelles étroites.

De partout parfums, senteurs d'herbes de Provence, de vanille, odeurs de frites, de grillades, de vinaigrettes et sauces en tous genres nous assaillent. Aux Halles nous retrouverons ces senteurs d'herbes, qui nous plaisent tant, mais là elles seront chez elles, et nous nous laisserons séduire.

 

         
 

AVIGNON RELAIS NAUTIQUE

LE BRAS D AVIGNON

PALAIS DES PAPES

  LES HALLES  

 

Le port de plaisance dans le Bras d'Avignonon le matin de notre départ - Thanks to our Danish friends for the picture we got later

LeConcordia en route vers Barcelone nous rattrappe; nous ferons connaissance à Rome

Nous sommes en route vers Port-Saint-Louis-du-Rhône et Menton

   

22.08.07 Ce matin nous quittons Avignon à 07H45. Un courant déjà nettement moins fort nous emporte vers Vallabrègues - petit port qui nous semble encombré et peu accueillant - et l'écluse de Beaucaire (max. 15,50 m). Puis c'est Tarascon et sa forteresse, alors que le Rhône se rétrécit. Industries et paysages fades se succèdent. Le Petit Rhône, sur notre droite, s'engage dans un décor de haute verdure. Le temps frais et nuageux nous semble de concert avec l'accueil froid d'Arles, pourtant habituellement si colorée - éblouissant Van Gogh jusqu'à la folie. Ni le dos qu'elle nous tourne ni la pauvreté de son quai-ponton ne nous plairont. Puis le Rhône s'élargit à nouveau, alors que son chenal se rétrécit encore.

   
 

TARASCON

   

La CAMARGUE

 

 

La Camargue n'est pas loin. Voici le Passage de Terrin: il faut annoncer sa position, chenal de quelques 80 m à peine, sur quatre kilomètres..

 

   

Puis tout semble se diluer: sur le fleuve monotone nous progressons à 6,5 noeuds sur le fond en essayant de repérer au loin les marques vert et blanc et rouge et blanc qui deviennent de plus en plus rares. Nous verrons peu du paysage: une haie de vert nous accompagne, laissant parfois deviner un mas, mentionné sur nos cartes, une station de pompage, parfois une petite embarcation à une bouée, une barque à moitié coulée. Nous croisons un grand transporteur, signe de la main, nous voici à nouveau seuls. Puis, soudain au loin, dans la courbe, une digue neuve et puis, sur la gauche, le Canal du Rhône à Fos, interdit à la plaisance, puis les salins - Salin de Giraud -, le bac de Barcarin - plus de ponts après Arles -, encore une montagne ... de sel - le Mas du Village.

   
 

Nous croisons un grand transporteur: c'est Davernes de Saint-Jean-de- Losne

     

LES SALINS

 

 

Enfin, se détache une tour basse: Port-Saint-Louis-du Rhône, et au loin, le fleuve qui va se perdre dans la Méditerranée ...

Nous arrivons, pas de réponse sur la VHF canal 12; les heures d'éclusage à l'Ecluse maritime sont immuables; il faut attendre, sauf si on peut suivre un bateau de commerce. Pour nous ce sera 16H05. Il est 15HO7. Nous nous mettons en attente, à couple. Un Belge, Gantois: il est déjà ici depuis plusieurs mois et compte partir pour l'Italie dans quelques semaines. Il nous prodigue ses meilleurs conseils pour l'écluse ... et la sécurité.

   

Enfin le passage, portes lentes, éclusage - 20 cm à peine mais nous passons de l'eau douce à une grande salinité! -, portes, attente, encore, pour le pont. Une vacataire nous tient compagnie, sympathique et agréable - future prof -, identification du bateau, et puis enfin ...

Nous laissons derrière nous: 666 milles, 200 écluses, 47 jours, les canaux, la Saône, le Rhône, rencontres, émotions, appréhensions, craintes, peurs, joies ... Watten, Pargny, la magie d'Orconte, Bayard, Les Roches de Condrieu, Cruas.

Un souffle de nostalgie, une légère brise.

Devant nous, la Méditerranée ... Mare nostrum ...

   
 

PORT SAINT LOUIS DU RHONE, ECLUSE MARITIME

     

Contrôle lors du PASSAGE

 

 

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La suite de notre voyage: 2. De Port-Saint-Louis-du-Rhône à Menton, navigation côtière et hivernage. (2007-2008) Pf 3

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Updated 9-feb-14
   
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