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Nos pages en français (5.2).

  From NIEUWPOORT to HORTO

4. La Grèce 1.2. Hivernage à Lefkas, découvertes et redécouvertes , 2008-2009.

 

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L'hivernage à Lefkas Marina

 

13.11.08 Lefkas Marina. Beau temps depuis notre retour à Lefkas. Température à midi autour de 20 degrés.

 

09.12.08 Lefkas Marina. Mais ce beau temps n'a pas duré. Orages, pluies et vents violents: cela devient la météo presque quotidienne. Notre hivernage à Lefkas, le premier en cette Grèce tant attendue, ne s'annonce pas particulièrement enthousiasmant.

 

Notre taud de cockpit nous protège maintenant, et double pour ainsi dire l'espace de séjour. C'est sur cette " terrasse " que nous prenons notre petit déjeuner; elle est notre "salon de lecture", et il est agréable d'y prendre le repas de midi; le soir, c'est au restaurant Le Conte - Paramythi - que nous nous plaisons à retrouver la cheminée où les braises de bois d'olivier se consument lentement. Le pc a retrouvé sa place sur la table du carré, sous laquelle notre grand-voile attend le printemps...

 

Voici venu le temps d'une reconnaissance plus approfondie des environs - et puis, plus loin; voici aussi venue l'heure des bilans vrais ... et ceux-ci ne nous semblent pas toujours positifs.

 

Les conditions météo continuent de nous étonner - et nous ne sommes pas les seuls, les gens d'ici aussi sont quelque peu surpris. Avec une régularité déconcertante les perturbations, accompagnées de vents de tempête et de violents orages, transitent par la Méditerranée, d'ouest en est. En 36 heures, en moyenne, le gros temps du Golfe du Lion atteint Lefkas. Ainsi encore cette nuit de mercredi à jeudi. Comme prévu le vent a forci rapidement: en moins de deux il soufflait 34 noeuds du SE dans le port et l'orage s'est déclaré. A 06H00 le vent atteignait 40 noeuds et la pluie tombait fort. A dix heures une éclaircie est apparue et le vent est monté à 44 noeuds de moyenne alors que des rafales de plus de 50 noeuds chassaient de petites vaguelettes par-dessus les pontons. L'équipe de la marina avait patrouillé toute la nuit et six ou sept hommes sont restés mobilisés jusque tard dans l'après-midi - lorsqu'enfin, le vent qui s'était établi à l'ouest, a commencé à mollir, pour tomber finalement presque complètement et suivre la perturbation vers le NE des Balkans.

 

Gros temps, UGRIB pour le 4 décembre 2008 09H00 UTC 
Gros temps annoncé pour Lefkas jeudi et vendredi, 
UGRIB pour le 10 décembre 2008 15H00 UTC. 

 

Maintenant nous profitons de trois jours de beau temps très ensoleillé - le cockpit est alors particulièrement agréable! -, mais les soirées et les nuits sont fraîches - ou est-ce déjà le froid qui est arrivé? - ... jusqu' à l'arrivée jeudi de la prochaine dépression ...

 

Les heurts après la mort d'un adolescent de 15 ans abattu par la police à Athènes et le chaos dans de nombreuses villes parmi lesquelles Salonique et Patras, Trikala et Larissa - ainsi qu'à Corfou - ne laissent pas Lefkas indifférent: étudiants et élèves manifestent devant le commissariat de police et laissent libre cours à leur colère. Jets d'oeufs contre la façade, slogans peints sur la chaussée, voitures de police prises à partie. Attisé par cet événement tragique, le mécontentement général vis-à-vis de la politique du gouvernement de centre-droit, reconduit l'année passée mais miné à présent par plusieurs scandales, se répand dans tout le pays; l'inquiétude due à la crise économique aiguise les réactions sur fond de malaises sociaux grandissants et de problèmes financiers, dans un pays où les protestations politiques violentes font partie de la tradition; demain mercredi, nouvelle journée de luttes: une grève de 24 heures prendra le pays en tenaille.

 

Nous aussi, dans ce petit monde des navigateurs-croisiéristes-hivernants et compte tenu de toutes les proportions, trouvons qu'en Grèce pas mal de choses ne tournent vraiment pas rond! Alors, s'il s'avère que le budget a été établi en tenant compte d'une croissance de 2,7% GDP ( GDP= gross domestic products, Athens Plus, nr 25, November 28, 2008, p.5, Government will be hard pressed to meet targets; Greece has history of missing economic forecasts), dont le tourisme serait un des deux facteurs les plus importants, alors, nous pensons que ceci devrait mener à une politique plus conséquente:

 

" Greece misses boat on sailing " ... mais pas seulement là : " Martyrs and waste ... " (in weekly newspapers Athens Plus and Athens News)

Déchets sauvages, traitement aléatoire, décharges illégales, décharges scandaleusement situées, infrastructures inachevées, chaussées en mauvais état, travaux publiques sans fin, équipements négligés, tourisme de masse irritant, installations défectueuses pour navigants-en-route, et, à l'exception de quelques marinas, des dizaines de nouveaux ports, en grande partie subventionnés par l' U.E., inachevés et sans gestion effective ... Tout ceci comme si dans ce pays il n'y avait pas de planning, pas de suivi, pas d'efficacité. Absence des Pouvoirs publiques dans un des pays les plus bureaucratisés d'Europe, ou incompétence de ces Pouvoirs? Le petit indépendant qui est tributaire du tourisme, oui, lui a du savoir faire. Il y met du soin, chez lui c'est agréable et propre. Cinquante mètres plus loin, on croit se retrouver dans un quartier à l'abandon!

Lefkas ne serait qu'une petite île, Lefkada qu'une petite ville sans trop de moyens? Ce ne serait ainsi que dans la Grèce ionienne ...

Nous ne voulons pas croire ces affirmations sans plus: en très peu de temps notre attitude envers la Grèce a changé. Grande sympathie, grand agacement. Ne pas faire, ne pas pouvoir, ne pas savoir, ne pas vouloir?

 

Les déchets sauvages. La vitre de la voiture est abaissée, le paquet de cigarettes vide atterrit sur la chaussée. Ceci nous ne l'avons pas vu une fois, mais cent fois, mille fois! Le long de la route qui mène de Lefkas à Preveza les sachets de déchets délimitent la chaussée. La dernière image lors de notre vol-retour vers la Belgique, la première image lors de notre retour vers Lefkas.

Conteneurs de déchets débordants. La principale rue commerçante de Lefkada, 21 heures. Les poubelles et les sacs d'ordures, les déchets d'emballages attendent que passe la benne. Lorsque vers 23 heures nous rentrons du restaurant vers le port, les éboueurs sont passés, les déchets ont disparu ... en partie. Des sacs déchirés une partie a atterri sur la chaussée. Des morceaux d'emballage polyuréthane volent au gré du vent. Eh oui, c'est le vent qui se chargera de nettoyer la rue car des balayeurs de rue on n'en voit guère ici!

Il vaut mieux ne pas se retrouver ici en tant que handicapé ou avec une voiture d'enfant, ou encore, en tant que personne âgée à mobilité réduite: les voitures sont garées n'importe comment, les trottoirs sont encombrés d'obstacles de tous genres - même le petit poste de garde de la police, occupé 24h sur 24h près du commissariat vous impose un slalom sur la chaussé entre les voitures.

 

Lefkas Marina. Une des rares marinas en Grèce, récente et bien équipée - avant tout axée sur les charters et les flottilles, de plus en plus nombreux, appartenant à une myriade de sociétés principalement étrangères. L'équipe est aimable et très active, mobilisée par tous les temps et sécurisante. La marina vient encore d'être agrandie de quelques pontons, alors que, hélas, le nombre de blocs sanitaires n'a pas été augmenté. Si toutes les douches fonctionnaient effectivement bien, ce serait un luxe. Après trois mois, les pièces de rechange pour deux douches n'ont toujours pas été livrées.

 

    A 500 mètres au sud de la Marina est située, le long de la rive droite du Canal de Lefkas (!) une grande décharge. Les camions - principalement en saison - y déversent les déchets, les bulldozers sont à pied d'oeuvre. Nous n'avions pu imaginer - par notre sympathie, alors encore bien naïve - pareille aberration! Maintenant nous nous posons la question de savoir si ceci est la conséquence de l'incompétence d'une autorité bureaucratique, du mépris envers les - trop? - nombreux visiteurs étrangers de la marina, ou d'une stupidité inqualifiable dont la dérive n'a pas pu être contenue! ( cliquez ici et ici pour agrandir les photos )    

 

Et alors, nous lisons dans Athens News (nr 13313, 14-20 novembre 2008, p.13) qu'en Grèce il y a plus de 1000 décharges illégales; le " nec plus ultra " est le Hill of 40 Martyrs, à Arkanes (N-W Attica). L'Union Européenne a imposé une astreinte de 34000 euro par jour pour chaque décharge non-assainie, à partir de 2009. Curieux de voir ce qu'il en adviendra réellement! Entretemps de nouvelles implantations touristiques - de nouvelles parties du littoral - sont concédées par le Ministre du Tourisme à des promoteurs - malgré les avis négatifs des experts en urbanisme (Athens News, o.c., p.3 ). Nous permet-on de poser la question du traitement de ce nouvel accroissement de déchets, ou ... est-ce que ceci ne fait pas partie des préoccupations? Peut-être veut-on généraliser l'exemple de l'île de Samothrace, où depuis un mois les ordures ne sont plus collecter et où les autorités préfectorales ont demandé au gouvernement de décréter l'état d'urgence (Athens Plus, nr 24, 21 novembre 2008, p. 7)?

 

De plus en plus de questions se posent en ce qui concerne la construction, fortement subventionnée par l'Union Européenne ( en moyenne > 75% ), de nombreux nouveaux ports et marinas. Dans une lettre publiée par Athens Plus (o.c., p. 11 ) - Greece misses boat on sailing - la question de savoir ce qu'il est advenu des " 13 billion (=milliards) euros " que la Grèce a reçu les 10-13 dernières années, est très judicieusement posée; nous pouvons y adjoindre la petite liste ( provisoire ) suivante, établie sur les données et informations reçues par courriel d'amis qui ont leur bateau en Grèce ou qui y ont voyagé cette année, et complétée par nos propres expériences, bien qu'encore limitées. Une liste des marinas non-achevées est à consulter - quelle ironie, quel sarcasme - sur le site du GNTO, le service touristique grec ( cfr. nos liens, " Links " ): Mourtos-Sivota: le nouveau bassin portuaire est pratiquement terminé mais l'équipement et la gestion futurs sont problématiques, actuellement ni eau ni électricité., excepté trois toilettes temporaires à cassette, rumeurs de vente ou de concession; Preveza: le gros oeuvre de la marina est terminé depuis quelques années, absence de gestion, espaces largement monopolisés par des sociétés de location et des résidents de longue durée (étrangers), peu ou pas d'accès à l'eau, pas d'électricité, pas d'équipements sanitaires; Missilonghi (U.E.: 161 millions d'euros, cfr.panneaux): seuls les quais-murs et les pontons existent dont deux sans accès à la terre ferme (!), ni eau ni électricité; Itea, grand et beau port avec drapeau U.E., mais ni eau ni électricité, le nouveau pavillon sanitaire avec douche et toilette est inaccessible, utilisé comme local/entrepôt (" the new building with bath and toilet was used for storing old carpets, etc." ); Corinthe: marina avec peu d'emplacements de plus encombrée par de petites embarcations de pêche " filled with small fishing boats "; sur l'île de Chios, une marina, neuve, est achevée; selon les informations reçues elle ne sera pas ouverte ... parce qu'ici, on est riche et on ne veut pas de tourisme!

De l'amour à la haine il n'y a qu'un pas et on brûle plus facilement ce que l'on a adoré: c'est la sagesse populaire qui le dit. Après plus de vingt voyages en Grèce - dès 1975/76 et espacés dans le temps - en voiture à travers le pays, en ferry vers des nombreuses îles - à l'époque avec nos planches pour le surf et notre Zodiac -, d'Alexandroupoli dans l'est à Igoumenitsa à l'ouest, de Salonique dans le nord à Githio dans le sud Péloponnèse, de l'île de Thassos jusqu'en Crète, de Corfou à Lesbos -, mais, revenant maintenant, avec notre voilier, cette fois - projet longtemps choyé - , la déception est grande.

 

Ce pays a changé. Un pied dans le vingt et unième siècle, l'autre dans le début du vingtième. Nos lectures, la presse et les livres nous le confirment: les contraintes et les problèmes sont venus avec la modernité mais les solutions n'ont pas suivi, ou trop peu. Ce pays est malade, malade de ses structures archaïques, de ses piètres techniques de gestion ... Devant nous de nombreux Grecs ont un haussement d'épaules désabusé, τι θα κανουμε; - [ ti tha kanoume ] ? qu'est-ce que nous pourrons-nous [y] faire? Espoir de changement, non, parce que ... c'est ça la Grèce. Une minorité - des étrangers aussi - progresse, s'enrichit, la majorité, non. Le jeune qui vient de terminer ses études désespérément à la recherche de travail - même d'un petit boulot! -, le père de famille qui se rend à son deuxième ou troisième emploi sous-payé - afin de tenter de joindre les deux bouts pour entretenir ses enfants en cours d'une scolarité compliquée ou qui tardent à quitter le foyer parental, par manque de perspectives, la femme trop souvent au chômage et parmi les victimes prioritaires lors des licenciements, le vieillard ou le malade, qui devront s'accommoder de trop peu de (bons) soins et devront s'en tirer avec des ressources souvent très insuffisantes ... Ce pays est malade, le mécontentement est général, l'inquiétude couve, la colère aussi, et, puis soudain la révolte parmi les jeunes éclate, comme maintenant, ... Mais de quoi sera fait demain?

 

Retour à l'environnement. Les Grecs, de diverses opinions politiques, avec qui nous parlons, comprennent notre jugement, notre réaction, mais ils sollicitent aussi la compréhension, la patience. Tout ceci est dû - selon leur opinion politique -, au gouvernement actuel, ou aux précédents, ou encore, avant tout à l'incompétence des politiciens de tous bords - jugement que nous retrouvons aussi dans de nombreux commentaires de presse étrangers -, ou, à l'immigration - ce serait avant tout les non-Grecs qui seraient à l'origine des problèmes - tiens, où avons-nous encore entendu pareille affirmation? Nous pensons que s'il y a un facteur culturel - ce qui nous semble indéniable, la plupart des Grecs ne nous semblent pas très sensibles aux thèmes écologiques, bien qu'il y ait en Grèce des écologistes très actifs! - , l'envolée du tourisme de masse confronte ce pays à un accroissement de problèmes face auxquels une vision politique gestionnaire, bien fondée et responsable, fait défaut. Bien que la Grèce ne soit certainement pas le seul pays européen qui vit au-dessus de ses moyens lorsqu'il s'agit de " la capacité à reconstituer ses ressources naturelles", elle score de façon inquiétante particulièrement suite à sa géographie vulnérable; ainsi l'absence récurrente d'installations d'assainissement des eaux usées soumet cet environnement vulnérable à une surpression très importante ( cfr. Planète, pages 4/5, quotidiennes et passionnantes, dans Le Monde, novembre 2008 - 14 nov. 08, p.5: " La pression de l'homme sur la biosphère a doublé en 40 ans. L'humanité vit à crédit: l'activité humaine dégrade les écosystèmes plus rapidement que ceux-ci ne peuvent se reconstituer avertit WWF dans son rapport annuel intitulé Planète vivante; l'empreinte écologique mesure les surfaces biologiquement productives de terre et d'eau nécessaires pour produire les ressources qu'un pays consomme et pour absorber les déchets qu'il génère; empreinte écologique 100% <Grèce <150% -, et dans ce même quotidien le 26.07.08 p.7 )

 

Ignorer ces problèmes et fermer les yeux, dans l'éblouissement du soleil d'été, pour ne pas voir la réalité, serait irresponsable. La Grèce profite largement de la manne des subventions de l'Union Européenne, mais elle ne donne pas réellement l'assurance de sa capacité de vouloir évoluer, grâce aux moyens mis à sa disposition, vers des solutions et des réponses appropriées.

 

Le Petit Larousse - ouvrage au-dessus de tout soupçon de visée polémique, somme d'information vulgarisée à l'intention donc d'un large public - note, dans son édition 2008, à l'article "Grèce": "Le déficit considérable de la balance commerciale est plus ou moins comblé par les revenus de la flotte marchande, les envois des émigrés et par le tourisme. Mais l'endettement est lourd et le sous-emploi est important. Enfin l'économie parallèle représente une part notable du PIB ( entre 25 et 30 % )."

 

Pas mal de pain sur la planche pour des politiciens compétents et ... pour les organismes de contrôle de l'Union Européenne! ... Par temps de crise mondiale sévère, les Grecs - et les amoureux de la Grèce - devraient plus que jamais être en droit d'espérer... ( à s. )

 

   

10.12.08 Lefkas Marina. Hier soir nous avons assisté au centre artistique et culturel Artiria, situé dans les bâtiments de cette nouvelle marina, au concert - à guichet fermé! - de Christos Thivaios.

Dans la salle, comble, le public, jeune en majorité, a réagi avec beaucoup d'enthousiasme à la prestation variée, très rock et jazzy. Le chanteur et ses quatre accompagnateurs ont présenté pas mal de leurs chansons bien connues ici de sorte que le public n'a pas tardé à chanter et à donner la réplique. Tapant des pieds et applaudissant ils ont exigé une petite prolongation: il était tard quand les projecteurs se sont éteints ...

"Artiria" vibre d'activité ( www.artiria.gr ), mais comme la plupart s'adressent à un public parlant le grec, nous en sommes réduits à limiter nos fréquentations.Il y a quelques semaines, était organisée, en entrée libre, la 3e Semaine du Film français; tout juste de retour à Lefkas, nous avons encore pu assister à la projection du dernier film, " Hors de prix ", une comédie légère avec Audrey Tautou, expérience

agréablement surprenante dans un pays où la barrière de la langue constitue un vrai " problème d'intégration". Nous n'avons donc hélas pas accès à des événements qui sans aucun doute sont passionnants et qui excitent notre curiosité! Assister au commentaire - en grec - de leur dernier roman, ou de leur oeuvre, par quelques auteurs connus n'a évidemment aucun sens pour nous. Pareille expérience nous force à revoir le problème de l'intégration et de communication dans un contexte bien plus large!

 

Jacky, l'épouse du directeur de la marina, organise des cours de gym - en anglais - suivis en majorité par les dames de la " communauté des hivernants " ainsi que par les habitants anglophones de Lefkas; Kaat a décidé de se joindre à elles, et ne manque pas un " cours "! Dans la petite bibliothèque du " local communautaire " - où nous ne pénétrons qu'avec une réserve certaine - , mis à la disposition par la marina, nous avons trouvé, perdus dans la surabondance de livres en anglais, quelques romans en néerlandais, français et allemand. A la Bibliothèque municipale nous trouvons un choix un tant plus large, mais le désordre absolu règne dans ces rayons; Kaat a proposé de tenter d'y apporter quelque clarté.

 

Bien que nous nous méfions d'expressions généralisantes au sujet de peuples et d' individus , conscients de leur caractère relatif et de leur charge de préjugés - les sophismes sont alors bien proches -, nous risquons ceci: dans les contacts personnels les Grecs nous paraissent aimables et serviables, soucieux de ne pas blesser ou même de ne pas déranger, mais vis à vis de Grecs dans l'anonymat de la foule, notre jugement est bien différent!. Les expériences personnalisées tempèrent indubitablement notre opinion globalement peu positive. Irritants quand ils manquent de vous bousculer, quand ils se prennent grossièrement les pieds dans le câble de votre pc n'ayant même pas remarqué que vous ne pouvez que travailler ainsi installé dans le cybercafé et que avez en vain essayé de leur faire remarquer la présence du câble. Irritants quand ils risquent de vous renverser au passage pour piétons - dont les marquages semblent dater d'une époque bien lointaine -, convaincus que leur voiture a toujours la priorité. Irritants quand ils ne cessent de vous enfumer au restaurant, armés de leur réserve de deux ou trois paquets de cigarettes - ici il n'y a (pratiquement) aucune interdiction de fumer et les campagnes de prévention sont un concept vain! -; nous nous arrangeons donc à avoir terminé notre souper avant que le restaurant ne se remplisse, heureusement assez tard, selon les habitudes grecques ...

 

Aujourd'hui grève générale en Grèce. Les syndicats se sont retrouvés unis dans leurs protestations contre le gouvernement de centre-droite de Kostas Karamanlis, l'opposition, avec le Pasok en avance dans les sondages, exige la démission du gouvernement et le retour aux urnes. L'explosion de colère après la mort du jeune manifestant âgé de 15 ans ne se calme pas et la presse - aussi à l'étranger - ne manque pas de souligner que le gouvernement semble perdre le contrôle de la situation. Notre petite télé à bord nous permet de suivre en image les manifestations de rue, qui, principalement à Athènes, prennent des formes de guérilla urbaine. Voitures incendiées, conteneurs de déchets qui brûlent, façades noircies par la fumée, magasins pillés, charges de la police anti-émeutes, contre-charge des manifestants armés barres de fer, lançant pierres et cocktails incendiaires ...

 

A Lefkas, à l'exception de quelques nouvelles petites manifestations devant le commissariat de police, un calme apparent règne. Aujourd'hui aussi les mots d'ordre de grève sont largement suivis, pour autant que nous puissions en juger: services municipaux et bureau de poste fermés, enseignement en grève. Nous ne trouverons pas non plus le journal Le Monde, que nous achetons tous les jours chez le libraire, et que nous déposons après lecture dans le local communautaire ... où il ne reste jamais longtemps!

 

20.12.08 Lefkas Marina.

   

Le soleil est de retour, pour quelques jours; à en croire les prévisions le temps devrait rester ensoleillé, sec mais frais - autour de 12 degrés à midi - parfois assez venteux de secteur nord - 29 noeuds dimanche - jusqu'après Noël. Après cette semaine de pluie pratiquement incessante, d'orages et de vent violent de secteur sud ceci est un véritable soulagement!

Toute la petite ville s'est maintenant parée d'illuminations pour les fêtes de fin d'année - les magasins et de nombreuses maisons arborent des décorations et des éclairages multicolores. Dans la marina aussi lampions et guirlandes ont été allumées ainsi que sur de nombreux bateaux. Comme l'année passée notre cockpit est en fête: guirlande multicolore et mini-sapin décoré et illuminé. Comme nous écrivions l'année passée nous attendons lors de ce solstice d'hiver avec espoir le moment où les jours commenceront à nouveau à allonger ... espoir lointain de printemps et de - bel - été!

La marina n'a pas oublié les hivernants: non seulement le maître de port est-il venu nous remettre deux bouteilles de vin dans leur emballage de fête, mais la promesse de chauffages dans les douches a été réalisée en un temps record!

 

 

06.01.09 Lefkas Marina. La fête de l' Epiphania clôture la période des fêtes de fin d'année. Les popes se sont acquittés des rituels de bénédiction, et selon la coutume des jeunes hommes pour prouver leur courage ont bravé les eaux froides du port pour repêcher les oranges qui y ont été jetées. Comme chaque année Lefkas respectait la tradition, avec fanfare et adhésion populaire.

 

Beau temps aujourd'hui après l'incessant chapelet de journées de pluie "agrémentées" d'orages et de vents; les sommets enneigés brillent au soleil et nous invitent.Nous projetons quelques incursions dans le pays, vers les Météores, Kalambaka - notre petit hôtel Romantica de 1980 et 1991 existerait-il toujours? - et peut-être Metsovon, mais aussi vers Trikala et Ioanina, villes où nous sommes fréquemment passés l'été mais toujours sans nous arrêter, et puis une reconnaissance vers le Pilion - et Horto - sont sur notre liste.Mais d'abord nous voulons voir comment le temps évolue car il ne nous inspire pas trop confiance - sur la Côte d'Azur aussi, l'hiver se présente sous des jours beaucoup moins cléments que l'année passée. En fait nous ne voulons pas quitter le bateau pour trop longtemps - aussi bien que soit cette Marina -, alors que l'hiver nous sert un cocktail de vent et de mauvais temps, un peu trop fort et capiteux à notre goût. Involontairement nous y voyons déjà des signes d'un changement climatique - confirmés par la lecture de nos

   

quotidiens - même si d'un point de vue prudemment réaliste les échéances sont peut-être malgré tout un peu trop serrées - même dans les analyses les plus pessimistes, quoique ... Au restaurant San Paramythi on nous a préparé d''excellentes keftedakia à la mode de grand-mère - sauce de tomates fraîches et de fromage feta -, exemptes de gluten; en hors-d'oeuvre, tsaziki - yahourt, concombres et ail - et salade Paramythi - frisée, tranchettes de pommes vertes, noix, sauce à base de yaourt et miel -; arrosé d'un ouzo et d'un petit vin rouge local, tout ceci fera un très bon souper! La solide promenade que nous avons faite ce midi autour de la lagune - environ six kilomètres entre mer et étangs, en compagnie de flamands hivernants, pélicans, hérons blancs, poules d'eau, cormorans et canards - avait bien aiguisé notre appétit!

   

 

 

Notre redécouverte hivernale de l'île et de ce petit bout de Grèce continentale limitrophe.

 

14.01.09 Lefkas Marina. Le récit de Kaat ...

Jeudi passé petite visite à l'hôpital de Lefkas ou ... un retour de cinquante ans dans le temps! Eric s' y rendait pour la saignée de routine - trimestrielle - suite à son problème d'accumulation de fer. Nous y avons été très bien aidés par un jeune médecin et une infirmière toute souriante mais nous avons été réellement consternés par l'état de l'hôpital: dans un état aussi dégradé, en Belgique il aurait été fermé sans aucun doute. Cette visite a encore renforcé notre opinion quant aux services publiques et aux soins de santé en Grèce et a confirmé ce que nous avons lu récemment: ici il y a du pain sur la planche!

Fortes précipitations et vent du S jusqu' à 33 noeuds, le mauvais temps nous retient à bord. Alors que des pensées encore peu confuses, désordonnés occupent déjà notre esprit en rapport avec nos plans de navigation et le prochain hivernage, nous avons commencé notre " ré-exploration " de l'île et ce petit bout de Grèce continentale limitrophe.

 

 

  AGIOS NIKITAS Milos Beach  

La voiture que nous avons louée pour un mois nous a conduits avant-hier vers Vasiliki sur la côte sud. Notre petit tour a commencé par la côte ouest: par le charmant village de Aghios Nikitas - désert en cette saison -, puis, nous sommes montés vers Kalamitsi - heureux de retrouver encore cette Grèce de jadis. Lors d'un arrêt sur la plage de Kathisma nous avons constaté que cet endroit encore assez préservé en 1989 - il y avait à l'époque tout juste une taverne - est maintenant occupé par de nombreuses constructions, de l'hôtel au disco, abandonnés cet hiver. Entre Kalamitsi et Aghios Petros nous avons trouvé notre route barrée ... par un âne sellé. Le propriétaire n'apparaissant pas, je l'ai mené vers le bord de la route. Il m'a suivi docilement, ce qui nous a permis de poursuivre notre route vers Vasiliki.

Nous avons retrouvé aisément la maison de Toula où nous logions avec Olivier en 1986, en face de la station service maintenant rénovée; c'est là qu'un jour nous avons vu les flammes s'élever lors d'une livraison par camion citerne, heureusement le feu fut maîtrisé juste à temps!Toula n'y était pas - déjà à l'époque elle passait les hivers avec sa famille à Athènes. Le long du chemin qui mène de sa maison à la plage toute proche, de nombreuses "villas" avec studios à louer ont été construites. Dans le port ne restaient par ces journées d'hiver que quelques barques de pêcheurs et deux grosses vedettes pour les touristes, qui attendaient la folie de l'été. Par le sud et la côte est nous sommes remontés vers le nord. Notre visite à la baie d' Amousso et à Sivota est remise à un prochain jour. Nous n'avions vu Vliho et Nidri cet été que de la mer - déjà nous n'y trouvions plus aucun charme - mais maintenant, vu de la route, dans la pénombre de la nuit tombante, cela ne nous faisait pas meilleur effet: désordonné, assez sale et inachevé. Nous n'envions vraiment pas les occupants des bateaux qui y hivernent!

Malgré le triste temps et bien que nous soyons tous les deux fortement enrhumés - espérant que notre vaccination anti-grippe nous protégera de pire - nous avons traversé hier le pont flottant en route vers ces petits villages de l'autre côté du canal de Lefkas, que nous apercevons de la marina. Peratia et Plagia ne sont pas d'anciens villages: nous ne leur trouvons aucun charme avec leurs constructions en béton inachevées, sans toits, si typiquement grecques. Nous avons poursuivi notre route vers l'arrière-pays, où alternent les montagnes d'une beauté sauvage et rude et les plaines verdoyantes, même l'hiver.

  A trip at the mainland

 

   

Plusieurs troupeaux de moutons nous ont contraints à des arrêts répétés lorsque bien plus haut, soudain nous nous sommes retrouvés roulant entre les ruines de ce qui a dû être l'ancien village de Plagia. Quelques rares maisons nous ont semblé encore occupées et malgré la beauté du site - même sous une pluie battante -, il nous est apparu que les conditions de vie des rares habitants que nous avons aperçus ne devaient pas être particulièrement faciles.

[maps: Tourism Promotion Prefectural Comitee of the Prefecture of Lefkada & GNTO]

La route, déserte, allait, se tortillant toujours dans un paysage grandiose, jusqu'`à ce que nous atteignions la côte et le style de la Grèce "moderne": constructions de béton, informes et chaotiques le long d'une longue plage de sable, jusqu' à Paleros, village au sujet duquel nous nous abstiendrons de tout commentaire ...La pluie tombait alors si dru que nous avons décidé de rejoindre Vonitsa. Une surprise agréable nous y attendait: la petite ville a triplé, mais le petit port et le quai forment un charmant ensemble, achevé, ce qui n'était pas du tout le cas dans nos souvenirs de ... 1980!. Dans ce petit port de la mer intérieure de Preveza, assez peu protégé somme toute, un voilier, solitaire et courageux, battant pavillon britannique tirait sur ses amarres. De Vonitsa nous sommes revenus vers Lefkada en empruntant la route principale où nous avons tout de même décelé quelques traces de nettoyage depuis notre passage en novembre ... ou était-ce l'oeuvre de la pluie et du vent?

 

25.01.09 Lefkas Marina. Le récit d'Eric...

Ce n'était pas vraiment le beau temps, et bien qu'une averse, de la bruine, ou du vent fort ne soient jamais bien loin, nous avons profité de ces quelques jours meilleurs pour poursuivre notre reconnaissance de l'île. Nos explorations nous mènent généralement dans de très beaux endroits: les petits villages, dont les habitants ont préféré à la vie recluse de ces mois d'hiver l'animation des villes importantes, ont pu retrouver leur authenticité, les plages sont désertes ... la nature a repris ses droits et il règne un silence quasi inconnu, presque audible. Mais les tempêtes ont laissé des traces: sur les routes généralement bonnes - toutes sont asphaltées - ici de petits affaissements sont visibles, là ce sont de petits rochers, des cailloux ou de la boue qui exigent de l'attention de la part du conducteur, ou encore un arbre mis à terre par les bourrasques.

 

   

 

 

Nous retournons à Agios Nikitas, où nous apprécierons le café grec du Captain's corner. Nous visitons la baie d' Ammouso - où au cours des années 80, au plus chaud de l'été, nous campions, en compagnie d' amis que nous y avions rejoints: deux tavernes y ont été construites depuis et le puits maintenant test un imposant chef d'oeuvre de maçonnerie ... Puis cette autre fois c'est à Sivota que nous allons; mis à part quelques barques de pêcheurs et trois voiliers désertés, la baie est vide. Toutes les tavernes sont fermées, quelques tenanciers de restaurant sont maintenant pêcheurs et réparent leurs filets. Γεια σου - Yia'sou, hallo -, ainsi l'un d'eux nous salue-t-il, nous reconnaissant après notre visite de cet été. Alors qu'une petite tempête du sud - 30 noeuds à notre anémomètre - balaye l'île nous retournons à Vasiliki et à Sivota, et nous passons par Mikros Gialos - la plage de Poros. Dans la baie de Mikros Gailos la mer est forte, de grosses vagues déferlent sur la plage, des cailloux sont projetés sur la route. A Sivota les trois voiliers tirent sur leurs amarres, dansant sur une forte houle.

 

A Vasiliki tout est nettement plus calme, quelques élèves quittent le lycée et nous, nous allons déguster un excellent café grec chez O Livanakis (une mention dans Le Routard, pour le café!).

 

     

Par un beau dimanche ensoleillé nous partons pour la journée emportant notre pique-nique - point de resto ouvert où nous allons! Par Exanthia, Hortata et Komilio nous nous rendons à Porto Katsiki, la plage réputée la plus belle de Grèce (!); nous profitons d'un avantage exclusif: seuls, par beau temps - il fait 17 degrés ! - sur une des plages les plus fréquentées l'été - sinon la plus recherchée! A l'exception des parkings aménagés sur les hauteurs et les installations pour le pique-nique neuves, Porto Katsiki est toujours tel qu'en 1987. La route asphaltée vers le phare de Cape Lefkatas est toute récente et la vue de la pointe sud de Lefkas, sur Itaka et Kefallínia est magnifique. Sur la route de retour vers Lefkada nous allons voir la plage d' Athani. bien que la route soit bien meilleure qu'autrefois ce n'est pas une sinécure: virages très serrés et de nombreuses pierres sur la route. A la plage c'est la désolation totale: les tempêtes ont emporté les terrasses

de restaurants de plage, partout des débris jonchent le sable; poutres, frigos et congélateurs renversés, deux caravanes, qui faisaient office de kantina, ont été projetées l'une sur l'autre est fortement endommagées elles ont été jetées sur le restaurant! La plage de sable a pour une bonne part été emportée par la mer ...

 

Nous trouvons la route - par l'est - de Lefkada à Vasiliki moins attrayante car Nidri et Vliho ne nous plaisent pas mais une visite aux cascades de Dimosari - au-dessus de Nidri - et à Agia Kiriaki - sur la presqu'île à l'est de la baie de Vliho, valent selon nous certainement le détour. Plusieurs de nos excursions nous mènent dans la très belle île intérieure. Nous passons fréquemment par Exanthia, Hortata et Komilio, et le plus grand village de Lefkas, Karia, vaut assurément une visite pour la belle place de village, et Kavalos aussi, pour son petit mais attrayant musée folklorique. De la route qui mène à la station radar sur les hauteurs la vue à mille mètres d'altitude est belle à couper le souffle: ce jour-là par temps assez clair nous avions une vue de 180 degrés, de Parga jusqu'au loin vers l'île de Kalamos; notre point de vue embrassait quasiment toute la Mer Intérieure. Retour par Egklouvi vers la petite église de Agios Donatos sur le col, et puis vers Hortata, par cette route très sinueuse, récemment asphaltée.

 

Lorsque nous traversons l'île, ce qui nous frappe le plus c'est la dominance de la couleur gris-vert: ce sont les oliviers qui déterminent le paysage et en ce mois de janvier la récolte des olives bat son plein. Quiconque habite l'île a partie liée au ramassage des olives et à l'élagage des arbres. De grands filets noirs sous les arbres nous indiquent les endroits où la récolte n'est pas terminée. Nos nombreuses incursions dans le magnifique intérieur de l'île nous font temporairement oublier l'aspect négligé et désordonné de la ville de Lefkada... La belle île de Lefkas, rude et vraie, avec ses habitants si charmants existe donc toujours!

 

14.02.09 Lefkas Marina. Le récit d'Eric ...

Février semble encore plus humide et capricieux que les mois précédents. Tous les jours je note brièvement nos observations afin d'obtenir une vue quelque peu exacte du temps pendant notre hivernage. Bien que le résultat jusqu'ici ne soit pas attrayant - les nombreuses réactions que Kaat entend de la part des autres hivernants et leurs projets de ne pas passer un deuxième hiver ici, confirment nos observations - nous avons pu profiter néanmoins de quelques rares belles journées.

 

Nous suivons la programmation d'Artiria avec attention: la très belle musique que le Ross Daly Quartet nous offre cette soirée-là nous fait oublier le dimanche pluvieux. Lorsque nous avons regagné le bateau il nous semble entendre toujours les magnifiques sons des instruments traditionnels.

 

Nous nous rendons pleinement compte de l'importance de disposer d'une voiture (de location). Ce n'est que parce que nous l'avons louée pour une plus longue période que nous avons pu obtenir un prix avantageux - couverture de risques complète. Par mauvais temps nous utilisons la voiture aussi pour certaines courses et ... pour aller au restaurant sans être trempés! Ce qui nous étonne un peu c'est que la plupart des hivernants - et certains ont leur voiture ici - explorent à peine Lefkas, ceci ne semble pas vraiment les attirer ...

 

Parce que la lumière est si particulière certains jours, ou parce que tel jour le temps semble permettre quelque espoir de sensation de printemps, nous revenons à certains endroits . Ainsi revisitons-nous Porto Katsiki, pour cette lumière si particulière, ce jour-là; retournons-nous pour la troisième fois à Poros, et encore à Vasiliki, à nouveau à Agios Donatos, et aussi à Sivros, et à Agios Nikitas. D'autres villages se retrouvent tout évidemment sur notre route: Hortata, Komilio. Mais nous découvrons encore des endroits où nous ne sommes jamais allés: Agios Ilias, éloigné sur les hauteurs de Sivros, n'est pas vraiment charmant mais la vue y est imposante, et puis Alexandros, presque totalement déserté l'hiver, et, encore, Platistoma, et Kokkino Eglesia et les ruines de son ancien monastère...

 

 

       

 

Un jour de grand vent, alors que le ciel est d'un bleu superbe, nous partons pour Sivota-Mourtos et Parga, vers le nord sur le continent, où nous avons fait des escales prolongées cet été. Sivota: le gros oeuvre du nouveau port est maintenant complètement achevé et il y aurait quelque espoir de pose de pendilles, nous dit-on avec une hésitation ... certaine! Les toilettes préfabriquées sont toujours là, mais maintenant bien pourvues de graffiti; de points d'eau ou de prises de courant il n'y a toujours pas la moindre trace.

 

     

Trois voiliers désertés semblent hiverner ici, deux plus grands voiliers de croisière subissent quelques travaux d entretien, des barques de pêcheurs sont amarrés le long du quai. Aux anciens quais, du côté des restaurants, là aussi quelques voiliers, vers l'embarcadère deux plus grands bateaux-excursion, de nombreuses petites embarcations de pêche. Le lieux présente un aspect assez désert maintenant que tous les restaurants, tavernes et bars sont fermés. Seul un camion, qui va vers un chantier, rompt un instant le silence. Nous allons voir du côté de l'agréable beachclub: ici aussi tout est désert rangé pour l'hiver. Malgré un bon 6 à 7 Beaufort du sud, tout semble bien paisible à Sivota.

 

C'est un tout autre spectacle qui nous attend à Parga. Dans le petit port de la baie de Valtos règne un vrai ravage: un bateau-excursion a coulé, les dégâts dus aux tempêtes sont considérables, la grande plage a disparu, le port semble fortement ensablé et de nombreuses terrasses des tavernes d'été sont totalement détruites

ou ont subi de fortes dégradations ... Partout sur l'étroite bande de sable qui reste, dans le ruisseau, plus loin entre les taillis ce ne sont que débris, morceaux de bois ou de stratifié polyester,filets aussi et bouts. Le chaos. De nombreuses barques de pêche sont dans un bien triste état. L'ensemble laisse un sentiment de désolation et nous nous demandons comment ceci pourra être déblayé pour la saison estivale ... Dans la très pittoresque petite ville - que nous n'avions pas encore visitée cet été et où maintenant une certaine animation est perceptible - nous allons nous installer à la terrasse d'un bar afin de profiter du spectacle des vagues qui brisent dans un éclat d'écume.

   

 

D'autres visiteurs aussi ont choisi cet établissement pour contempler la mer en colère.

Il fait déjà nuit lorsque nous regagnons Lefkas après notre périple de plus de 200 kilomètres.

 

La floraison des arbres fruitiers précoces, le travail de récolte, bien animé, dans les oliveraies, les couleurs des premières fleurs - l'hiver a été plutôt doux - le long des vieux sentiers de montagne, les vagues qui déferlent sur la plage, l'écume de la mer qui brise sur les rochers, le soleil qui avec caprice illumine le magnifique ciel de nuages, autant de raisons pour partir à la découverte ... Et quand nous sommes "dans les parages" - et ici les distances ne sont jamais grandes et on repasse toujours - nous achevons notre escapade par une visite chez Stavros et son Old Water Mill-café à Sivros. Nous y jugeons alors nos dernières trophées d'images auxquelles nous donnerons une place dans l'album-photo de notre site.

 

Les sommets enneigés confèrent à Lefkas un tout autre aspect: par ce froid l'hiver est de nouveau bien là et le ciel gris n'incite pas à l'optimisme. Malgré tout l'enthousiasme de Kaat pour fixer l'atmosphère, de nombreuses photos sont trop sombres ... A nouveau notre balade passe par Karia puis nous partons vers Egklouvi, qui serait le village situé le plus haut de l'île. Pendant notre reconnaissance du village nous sommes frappés par le grand nombre de maisons en ruine. Par la route étroite qui finalement nous mène à Nidri nous parvenons d'abord à Vafkeri: ici ce sont les maisons nouvellement restaurées ou le belles villas ( de location ) très récemment construites qui dominent nettement le paysage. D'ici la vue sur Nidri et la Mer intérieure est très belle, ce qui fait de cet endroit un site de choix pour les étrangers et les investisseurs; quelques petits squares joliment aménagés donnent à Vafkeri un aspect un peu plus ordonné ...

 

 

 

01.03.09 Lefkas Marina. La neige était bien présente pendant la dernière semaine de février, non seulement sur les sommets les plus élevés de l'île mais elle restait également dans de nombreux villages dans le hauteurs de Lefkas. Les vents du nord et d'est avaient causé un sérieux rafraîchissement de sorte qu'un dernier jour de pluie avant que nous ne puissions profiter d'une période de beau temps sec et ensoleillé avait recouvert la montagne de Lefkas d'un manteau de neige.

Alternance de printemps précoce en bas dans les vallées, et d'hiver rigoureux sur les hauteurs, nous appréciions cette variation pendant nos excursions: le printemps que nous trouvions dans les chauds rayons de soleil à Milos beach près de Agios Nikitas, l'hiver qui ne s'avouait pas vaincu comme lors d'un retour forcé sur la route d' Agios Donatos vers Sivros quand soudain la route n'était plus dégagée et que a neige empêchait tout passage!

 

 

 

Mais aujourd'hui, nous sommes le premier jour du printemps météorologique et dans toute la Grèce on fête le carnaval. Dans la rue principale de Lefkada il y aura un grand cortège; depuis deux semaines celle-ci est illuminée, la musique diffusée par haut-parleurs et les pétards doivent créer l'ambiance! Demain est jour férié: le week-end a donc attiré pas mal de monde à Lefkas. La petite ville est bien animée. Tout en ne voulant rien perdre des festivités nous nous préparons à partir demain pour un long périple en voiture: nous voulons traverser la Grèce vers la mer Egée ...

   

 

Notre traversée de la Grèce, par Metsovon et les Météores, vers le Pilion et Horto.

 

   

Lefkada-Preveza-Ioannina-Dodoni-Ioanina-Perama-Ioannina-Metsovon-Kalambaka-Kastraki Meteora-Trikala-Larissa-Volos-Afissos-Horto-Volos-Lamia- Amfissa-Itea-Nafpaktos-Agrinio-Amfiochia-Vonitsa-Lefkada. Les photos de ce périple dans notre album? Cliquez ici!

Nos étapes: Perama, Metsovon, Kastraki près de Kalambaka et Horto-Milina. Nos visites: le site antique de Dodoni***, la grotte de Perama**, Ioannina* ( la vieille ville*, la Citadelle** et la Promenade du lac ** ), le village de montagne de Metsovon** ( Agios Nikolaos Monastiri* et la Maison du Baron Tossitsa** ), les Météores et les monastères***, le Pilion*** ( nos balades dans le Pilion: 1*** Horto-Milina-Lafkos-Trikeri-Agia Kiriaki-Milina-Horto; 2*** Horto-Argalasti-Neohori-Milies-Lambihou-Lambihou beach-Tsangarada-Milopotamos beach-Argalasti-Horto; 3** Horto-Milina-Lafkos-Platania-Kastri-Katigiorgis-Mortia-Promiri-Lafkos-Milina-Horto; 4*** Horto-Milina-Zasteni-Kotes-Trikeri-Agia Kiriaki-Milina-Horto; 5* Horto-Argalasti-Xinovrisi-Potistika beach-Melani beach-Paltsi beach-Xinovrisi-Argalasti-Kalamos-Horto; 6** Milina-Lafkos-Milina par le kalderimi - le sentier empierré)

 

Nous partons de Lefkas le lundi 2 mars en direction de Ioannina. Il y a beaucoup de monde sur la route car c'est un jour férié pour les Grecs. Entre Filipiada et Kopani nous suivons la belle mais étroite vallée du Louros: la rivière coule à notre droite et la fonte des neiges a grossi le Louros qui est parfois assez sauvage. Sur la ceinture de Ioannina la circulation en provenance de l'est e.a. du village de montagne de Metsovon, s'effectue au pas: pour les Athéniens - la ville et ses larges environs compte trois millions d'habitants sur les onze millions que compte la Grèce! - cet itinéraire est pratiquement le seul lors des retours des régions montagneuses de l'est du pays. Nous sommes en route vers le site antique de Dodoni*** , d'ici à vingt kilomètres au SW par l'ancienne route; par l'autoroute compter pratiquement la moitié.

 

   

Dodoni est le plus ancien des sanctuaires consacrés à Zeus: ici l'oracle était prononcé sous un chêne et le lieu devint un centre religieux très important. On construisit ici non seulement de nombreux temples et des bâtiment consacrés au culte, mais également un grand théâtre: plus grand que le théâtre d'Epidaure, il pouvait accueillir 17000 à 18000 spectateurs! Les fouilles, effectuées par l'Université de Ioannina se poursuivent dans tout le site. [ Pour en savoir plus sur Dodoni, cliquez ici ] L'après-midi nous partons vers Pérama pour voir la grotte** (www.spilaio-perama.gr). La visite guidée prend environ 45' et nous mène parfois par d'étroits couloirs, cheminées et escaliers, vers de magnifiques salles souterraines. L'ensemble est bien éclairé et selon nous facilement accessible. Quelques visiteurs éprouvent néanmoins des difficultés dues au taux d'humidité très élevé - 100% en hiver, 80% en été - et aux efforts physiques (somme toute assez limités).

   

 

Lorsque nous quittons la grotte les premières gouttes tombent... Nous trouvons aisément une chambre, simple mais correcte chez Tsironis* qui tient une échoppe de souvenirs près de l'entrée de la grotte. En général il n'y aucun manque d'offre de chambres ici!

 

   

Sous une pluie battante nous retournons à Ioannina* pour une brève reconnaissance: par la promenade** le long du lac et les anciens murs d'enceinte, nous arrivons dans la citadelle ** : la mosquée d'Aslan Pacha, la forteresse intérieure avec la mosquée de Fétiyé et l'ancien sérail d' Ali Pacha - actuellement le Musée byzantin - confèrent à la ville une touche orientale indéniable, qui n'est pas pour nous déplaire!.

Les petites rues nous semblent hélas bien désertes par ce triste temps alors qu'à quelques centaines de mètres d'ici une grande animation règne dans les cafés près du lac.

De retour à Pérama; nous mangeons très bien chez O Stratos*.

 

Mardi 3 mars. L'autoroute d' Igoumenitsa-Thessalonique n'est pas encore terminée entre Ioannina et Metsovon; de nombreux grands ponts notamment doivent encore être construits, mais après avoir suivi l'ancienne route nous décidons d'emprunter les tronçons de l'autoroute déjà terminés et les déviations provisoires; nous pensons que ceci est plus rapide et surtout plus sûr - mais assurément mois beau. Il y a encore pas mal de neige et la route étroite, très sinueuse ne nous inspire pas trop confiance.

 

   

La semaine passée - et jusqu'à hier - il y avait énormément de monde à Metsovon** mais aujourd'hui, sans aucun problème, nous trouvons une chambre chez Ioannis Charalabopoulos*, à droite de l'église. Le style bien typique, un peu sombre des maisons et la propreté nous font oublier un instant que nous sommes en Grèce. Mais la visite au monastère d'Agios Nikolaos* sous l'oeil vigilant du moine-guide, quelque peu bourru, nous le rappelle. Nous devrons également nous limiter à la prise de photos de l'extérieur. Cet après-midi il se met à pleuvoir et nous allons visiter la maison du Baron Tossitsa**, une magnifique maison patricienne traditionnelle, transformée en musée.

   

 

Mercredi 4 mars. De Metsovon aux Météores près de Kalambaka se révèle être une très belle étape par un temps bien ensoleillé. Lors du passage du col de Katara (1690 m)

   

nous nous croyons dans les Alpes à la vue de ces magnifiques sommets enneigés, de cette route ouverte par les chasse-neige et des pistes de ski. Tout ceci ne constitue pas la représentation traditionnelle et spontanée de la Grèce! Quand une heure plus tard nous arrivons à Kalambaka nous nous retrouvons indubitablement à nouveau bien en Grèce... Cette négligence désordonnée si particulière, aussi, nous replonge dans la réalité. Nous chercherons vainement notre petit hôtel Romantica de 1980 et 1992: il a été rasé. Comme nous avions pressenti sa disparition nous avons prévu de prendre une chambre dans le très bel Doupiani House*** à Kastraki. Nous avons projeté de revisiter quelques monastères, mais notre choix est limité par les heures d'ouverture et les jours de fermeture, car nous sommes hors saison touristique. A notre arrivée sur le site il nous est encore possible de visiter le monastère de Varlaam

   

(1350), le couvent d' Agios Stefanos étant ouvert cet après-midi. Il nous semble que depuis nos précédentes visites pas mal de travaux de restauration et d'embellissement - tourisme oblige! - ont été effectués, mais la beauté du site, extraordinairement surprenante, nous touche néanmoins à nouveau. En fin d'après-midi nous nous promenons dans le vieux village de Kastraki et vers deux plus petits monastères qui, intégrés dans la roche, semblent en faire partie. Quand en fin de soirée, nous quittons un des rares restaurants ouverts pour rejoindre Doupiani House les premières grosses gouttes de pluies tombent. Nous avons vraiment eu de la chance aujourd'hui car toute la nuit il pleut très fort ... [Pour en savoir plus sur les Météores, cliquez ici]

 

Jeudi 5 mars. A notre arrivée à Trikala la pluie s'arrête de tomber; lorsque nous avons quitté Kalambaka il pleuvait si fort qu'on ne voyait plus les Météores. Sur la route de Trikala à Larissa des travaux d'élargissement sont en cours: la route à deux chaussées devient une belle route à quatre bandes, que nous utilisons déjà sur plusieurs tronçons; c'est principalement où des ponts sont en construction que nous ne décelons que peu d'activité, sinon aucune! - et que nous roulons sur cette route à deux bandes, si ennuyeuse et de triste mémoire. Sur certaines parties en construction les lampadaires ont déjà été posés ... de revêtement nulle trace - quelqu'un a-t-il tiré profit d'un pareil bel exemple de planification? Pour rejoindre l'autoroute de Thessalonique à Athènes que nous emprunterons jusqu'à la bifurcation pour la route express de Volos, nous passons par les quartiers périphériques de Larissa, tristes et désordonnés. Mais enfin les éclaircies se confirment et c'est un très beau soleil et un fort vent du sud qui nous accueillent à l'entrée de Volos.

 

   

La traversée de la ville est lente: la circulation est très dense et il y a de nombreux feux. Les panneaux indiquent clairement la route à suivre vers le Pilion et Argalasti.

Une demi-heure plus tard nous longeons à nouveau la mer: la mer Egée! La belle montagne du Pilion et plus au sud la montagne de Trikeri ont donné naissance au plaisant golfe Pagasitikos, une véritable mer intérieure: côté sud un passage relativement étroit ouvre sur la pleine mer, entre le continent et la grande île d'Eubée.

A 13H nous sommes à Afissos, un charmant village de la côte ouest du Pilion. A la terrasse d'une des rares tavernes ouvertes, on nous servira une soupe de poissons et une salade grecque. La douce atmosphère printanière qui règne à la terrasse abritée du vent, contribue à nous faire apprécier ce simple repas.

Sur la route d'Argalasti nous sommes confrontés aux conséquences des violents incendies qui ont touché le Pilion en 2007.

L'abondante végétation, souvent riche et variée, a par endroits fort souffert, les flammes y trouvant des proies faciles. Nous nous rappelons ces belles collines boisées qui nous avaient tant plu lors de notre premier séjour, en 1992. De cette grosse bourgade d'Argalasti sans vrai caractère, nous empruntons la route capricieuse qui descend vers la mer.

 

Horto. Voici devant nous le petit village presque tel que nous l'avons quitté en cette fin d'août 1994. Peu de nouvelles constructions. Nous ressentons le même charme qu'autrefois. Le but de tout notre voyage est ici, ce sera donc quinze ans plus tard, la destination tant espérée de cet été ( nos sentiments face à ces retrouvailles excuseront, nous l'espérons, cette expression quelque peu grandiloquente)!

 

Autrefois déjà nous n'aimions pas trop Milina et après une nuit nous échangeons la chambre qui ne nous a plu que très moyennement pour un mini-appartement très agréable, avec une vue imprenable, à Horto. La vue et le rapport qualité/prix de la chambre au-dessus du restaurant O Sakis - où nous n'avions pas mal mangé hier soir - nous paraissait médiocre, nous ne pouvions y prendre le petit déjeuner qu'à partir de 10H et nous n'avions aucune possibilité de préparer quelque chose nous-mêmes. Dans notre Guide du Routard nous avons alors trouvé le numéro de téléphone de France Marie. Elle habite ici depuis plus de quarante ans et tient le Casablanca café***, où l'on sert également de petits repas. Le café est surtout un lieu de rencontre particulièrement agréable et convivial et auprès de cette charmante et accueillante dame nous recueillons quantité d'informations utiles! C'est elle qui nous a renseigné quant aux beaux appartements Melies.

 

   

Petit retour dans le passé lors de notre dernier séjour à Horto, il y a quinze ans. L'tel Spaladra existe toujours mais est fermé dans l'attente de la saison estivale. Nous allons voir Niko et Georgina, les propriétaires: elle nous reconnaît au bout de dix secondes, à Niko il faut un peu plus de temps - il a maintenant 83 ans - mais alors tout revient... les voiles de nos planches de windsurfing que nous pouvions ranger dans le grand restaurant, les parties de pêche aux calamars la nuit, notre Zodiac, amarré sur le coffre

   

 

Comme nous disposons d'une voiture, nous pouvons nous déplacer aisément; la chaleur de l'été et les possibilités assez limitées des transports publics nous rendraient une reconnaissance comme nous l'entendons, impossible.

devant l'hôtel, que nous avions posé ensemble... nous partons aussi à la recherche de Spiro, qui habite un peu plus loin dans le village et qui a travaillé longtemps en Belgique. C'est toujours la joie de se retrouver: le verre de l'amitié, les biscuits et les glyka faits maison nous sont servis en signe d'hospitalité et de bienvenue. il nous faut tout reconnaître à nouveau. Non seulement parce que nous voulons explorer les possibilités pour notre venue cet été: nous voulons aussi savoir si et comment le Pilion a changé entre-temps.

[map: GNTO]

 

Ballade 1 Vendredi. Soleil puis temps nuageux, brume et brouillard jaunâtre (poussières de sable du courant S), pluie en fin d'après-midi; Horto: travaux de construction en cours au nouveau pont qui devraient être terminés pour l'été; nous empruntons la déviation et le petit pont de fortune (!) - Lafkos: nous faisons le plein car il n'y a plus de station de carburant à Milina (deux autres stations-service, à Argalasti et à Trikeri) - Milina: poussiéreux comme toujours, le camping existe toujours aussi, un nouveau petit port en U a été construit ( eau ) où quelques modestes bateaux de pêche sont amarrés.

 

   

Un peu plus loin Sunsail a installé un ponton en bois avec eau et électricité; nous nous renseignons: quand les voiliers de location sont partis, possibilité d'amarrage au ponton; les tavernes sont toujours là, le disco semble avoir disparu - Zasteni: la belle petite baie avec la maison blanche, vue de la route la plage semble assez sale, travaux de rénovation en cours à la maison et aux dépendances - Trikeri - Agia Kiriaki: fort vent du S, l'endroit est plutôt inchangé, toujours charmant malgré ce sombre temps -Trikeri - brève visite de cet assez grand village, à 30 km de Milina, car il se met à pleuvoir très fort - retour vers Milina

   

 

et Lafkos: gros nuages qui produisent des pluies battantes; coulées de boue sur la chaussée - Horto: éclaircies vers le soir, le vent faiblit; situé sur la plage, Marta's estatorio, à cinq minutes de marche, est ouvert pour le week-end. Aujourd'hui nous avons noté trois changements importants: la disparition de la station service de Milina (livraison à la demande par mini-citerne d'Argalasti et Lafkos); la route de Milina à Trikeri et Agia Kiriaki a été élargie et est maintenant complètement asphaltée; il y a aussi une nouvelle route, directe celle-ci, jusqu'à Agia Kiriaki - la bifurcation se situe sur la gauche juste avant d'atteindre le plus profond de la baie de Kotes - en passant par le col puis au-dessus de la mer par le S de la montagne de Trikeri (grand parking neuf côté E du port).

 

Ballade 2 Samedi, beau temps ensoleillé. Horto - Argalasti, jour de marché, nous voulons acheter des fruits et du miel - Neohori - Milies, un beau village, sur les hauteurs, village de montagne du Pilion, nous empruntons un des anciens sentiers empierrés jusqu'à l'église d'où nous avons une splendide vue sur la montagne et le golfe - Lambihou bay beach: pique-nique sur cette belle plage, nous profitons du beau temps ( il y a naturellement une taverne mais celle-ci est encore fermée ), Kaat échange quelques mots avec un nageur, courageux et plus très jeune qui comme tous les jours vient se baigner et pratiquer cet exercice quotidien - Lambihou, dans le petit restaurant nous buvons un café et apprenons que le platane de la place a 850 ans -Tsangarada -Milopotamos beach, la belle plage serait selon notre guide la carte postale la plus envoyée du Pilion: très belle sans aucun doute, mais hyper-fréquentée en saison - Argalasti - Horto.

 

 

Ballade 3 Dimanche, le beau temps se maintient; Horto - Milina - Lafkos, bien que de nombreux étrangers qui ont acheté une maison, habitent ici à l'année, le village nous semble assez désert ce matin, mis à part quelques ouvriers qui s'affairent à refaire le revêtement de la place du village, si agréable l'été, en pierre naturelle; des quelques kafenion ouverts retentissent de fortes voix d'homme - Platania, c'est de ce petit port de pêche qu'en 1994 nous sommes partis en

 

empruntant le ferry des Flying Dolfin vers l'île de Skiatospour des vacances en voilier assez brèves, avec des amis; le service de ferry est supprimé - actuellement on regagne l'île au départ de Volos et Agios Konstantinos -; de Platania vers l'île il n'y a plus que des bateaux d'excursion touristique en saison.

Il nous semble que mis à part les conséquences visibles du gros temps d'hiver, les années passées ont laissé leur empreinte ici, le village et son petit port ont quelque peu souffert: ainsi le quai, alors assez neuf, a-t-il subi quelques dommages - Kastri, une belle baie et un petit hôtel fermé maintenant, un camping donnant sur la petite plage et une taverne, quelques maisons de vacances plus en retrait sur les collines, une belle villa au-dessus de la mer. - Katigiorgis, un charmant (petit) port avec un quai, dans le seul estatorio ouvert, le dernier situé à la plage, nous dégustons au soleil de la terrasse différents meze de poisson et quelques sardines grillées; il n'y pratiquement pas de vent et le soleil de printemps est agréable; toutes les tables sont occupées car nous sommes dimanche et les Volosiens ont quitté la ville pour les montagnes et les plages du Pilion; ils passeront une large partie de la journée à la table d'un des nombreux restaurants, sacrifiant ainsi à ce rituel bien particulier en Grèce qui veut que l'on rencontre ou reçoive ses amis au restaurant - lieu de convivialité par excellence - plutôt que chez soi! - Mortia - Promiri, un village de montagne agréable offrant une belle vue sur la mer Egée - Lafkos - Milina - Horto. Le soir nous prenons un léger et simple repas dans un des rares restaurants d'Argalasti qui servent le dimanche soir.

 

Ballade 4 Horto - Milina - Zasteni Lundi, comme il fait beau nous allons vers cette petite plage où nous nous sommes rendus d' innombrables fois en Zodiac, la plage est réellement sale et encombrée de débris et plastiques en tous genres - conséquence sans doute du temps d'hiver, mais nous nous rappelons aussi que lorsque nous arrivions au début de l'été, nous commencions par nettoyer la plage ... .Dans la baie ouverte au NW un bateau relativement petit - comme le nôtre - peut mouiller tout en ayant cette agréable vue de la belle maison blanche, et à condition de bien surveiller la météo. Un couple de jeunes Grecs arrive et plonge sans hésiter dans cette eau qui invite à la baignade ...

   

Kotes, nous ne sommes venus que rarement ici autrefois; la baie de Kotes pénètre très profondément dans la péninsule; au cours du programme 2000-2006 un véritable petit port a été construit avec des subventions européennes à concurrence de 75%.

Dans ce mini-village, qui n'a pas le doux charme de Horto, mais qui l'été ne doit pas manquer d'attraits, il y a aussi quelques tavernes ( en plus! ). Selon le Pilot de R. Heikell les forts vents du N pourraient poser problème, mais selon notre hôte à Horto, capitaine au long-cours à la retraite, le nouveau port serait alors toujours sûr, particulièrement dans sa partie W - Trikeri, il fait beau contrairement au temps lors de notre précédente visite et nous partons à la (re)découverte de cet assez grand village: du haut de la place du village et de l'église la vue sur l'île d'Eubée et le continent est impressionnante - Agia Kiriaki, avant de rentrer à Horto nous empruntons la nouvelle route vers le village de pêcheurs: une très belle route bien que vertigineuse, avec cette même vue, constante après le franchissement du col, sur Evia. Le soleil vient de se coucher mais son éclat rouge colore encore le ciel gris-bleu quand Kaat prend ses dernières photos en que nous empruntons la route du retour.

 

Le soir nous nous retrouvons au Casablanca café de France en la passionnante compagnie de deux dames Allemandes qui passent une semaine de vacances dans le Pilion tout en effectuant des reconnaissances en rapport avec la riche flore de cette région: leur but est d'explorer les possibilités d'organisation de stages concernant les plantes sauvages (www.wildkraeuter-gastlichkeit.de & www.seebawell.de) ; le lendemain déjà, Kaat a un intérêt (renouvelé) pour ce qui croît et fleurit ici, se rappelant le temps où elle composait un herbier avec Olivier!

 

Balade 5* Horto - Argalasti - Xinovrisi - Potistika beach - Melani beach - Paltsi beach - Xinovrisi - Argalasti - Kalamos - Horto. Mardi. Nous visitons les plages où nous allions régulièrement autrefois pour leurs grosses vagues et pour le plaisir de plonger dans leur écume blanche. Aujourd'hui aussi le vent porte sur les plages et les vagues brisent dans un jeu de mousse blanche, d'eau bleue et gris-blanc, avec des effets de miroir et de lumière. Le soleil et les légers nuages qui entourent le sommet du Mont Pilion (1651m) créent également de beaux contrastes. Visite en fin de journée au village de Kalamos, bien désert.

 

Balade 6** Horto - Milina - Lafkos - Milina - Horto. Mercredi. Notre dernière journée dans le Pilion. Agréable matinée passée à la terrasse et près de la petite jetée, sous un soleil quelque peu avare. Cet après-midi - accroissement de la nébulosité et demain, lors du retour vers Lefkas, pluie, nous dit la prévision - nous faisons la promenade pedestre aller-retour de Milina à Lafkos. Il y a deux itinéraires bien balisés; ils sont indiqués en tant que itinéraires A et B par des macarons en plastique jaune, bien visibles, principalement sur les poteaux électriques. Nous prenons d'abord l'itinéraire A, à gauche à la fin de la rue dans le prolongement de la jetée principale à Milina, où nous avons laissé la voiture.

   

L'ancien chemin empierré - kalderimi, lisons-nous dans le Routard - s'enfonce dans la colline et en 45' nous atteignons le bas de Lafkos. Nul âme qui vive. Le Musée de la Radio (?!) de nombreuses fois indiqué dans le village est fermé (l'été ts jrs 10-12H & 18-20H, sinon excl. weekends et j.d.f., idem). Par les petites rues nous gagnons la place du village: deux petits vieux discutent sur un banc, un marchand de fruits et légumes ambulant ne semble pas vraiment attendre les clients. Il est déjà passé 16H et le kafenion est toujours fermé: ce n'est donc pas ici qu'on nous servira un savoureux café; qui plus est, les nuages commencent à se faire menaçants. Il nous faut rentrer. Nous suivons maintenant le chemin B qui passe plus au sud. De nombreuses parties de ce vieux chemin ont été refaits - subventions européennes encore! -; passages en alternance à travers une végétation très dense, par de magnifiques oliviers plus que centenaires mais aussi par la route. En moins d'une heure nous nous retrouvons à Milina. L'éclaircie apparaît, voici venu le moment de déguster un jus d'oranges pressées bien frais, à la terrasse d'un café sur le quai.

   

 

France a préparé un délicieux souper et invité son voisin, un Anglais, agréable et captivant. A quatre nous nous délectons du soufflé de courgettes au saumon, des champignons en salade chaude, du gigot aux pommes de terres dorées et de la frisée bien parfumée; en guise de dessert-surprise, une banane aux fines tranches d'oranges tièdes, Cointreau et crème chantilly aux traces de chocolat fondu. Le vin rouge et un petit verre de tsiporo font de ce repas-rencontre un vrai festin!

 

 

12.03.09. Jeudi, 08H50. Retour à Lefkas et au bateau! Un voyage de 500 km. La prévision ne s'est pas trompée: ciel gris, chargé, nuages noirs, pluie battante, c'est ainsi que nous quittons le Pilion. Les villages où nous sommes passés par beau temps à l'aller se présentent sous une tout autre apparence. L'eau qui gicle quand nous passons par des flaques que nous ne pouvons éviter. Ciel gris-noir. Tout semble terne, boueux. A Volos la circulation est à nouveau très dense. Nous prenons la route de Mikrothives - 26 km plus loin au SW - où nous rejoignons l'autoroute Thessalonique-Athènes jusqu'à Avlaki (dir.Lamia) 1,80 euro. De Lamia il nous faut traverser les montagnes pour rejoindre Itea et Nafpaktos. La route est bonne mais nous ne sommes pas seuls car c'est vers le golfe de Corinthe et Patras que nous nous dirigeons. A Itea nous faisons une pause-arrêt pour voir le " nouveau " port-sans-équipements-raccordés ( quel gâchis!!! ) et prendre un café. A 14H30 nous sommes à Erateini: repas, bon mais simple, dans la petite taverne Balianos - calamars, frits spécialement sans gluten (merci!) et une choriatiki - une salade grecque. De Nafpaktos - au loin nous décelons le nouveau pont Rio-Antirio, construction assez lourde, sans trop d'élégance - jugement sans appel de Kaat: nous sommes loin de à l'élégance de Millau! - et partons par la route d'Agrinio: une erreur car le nouveau tronçon de l'autoroute vers Ioannina, que notre carte Micherlin indique pourtant, n'existe pas (encore) malgré les énormes panneaux annonçant ce qui finalement s'avère n'être qu'un projet embryonnaire! Nous aurions dû nous en douter, et prendre la route côtière par Astakos. trop tard, nous suivons la direction d'Amfiocha. Route très fréquentée, désagréable, qui traverse un paysage particulièrement médiocre. D'Amfiocha à Vonitsa la chaussé est en un piètre état et sur les bas-côtés, débris et détritus ont (re)fait leur apparition. A nouveau. Violent contraste comparé avec ce que nous venons de constater avant, et particulièrement dans le Pilion. A 18H nous garons la voiture sur le parking de la marina. Il pleut ... des cordes.

Renseignements sur ce voyage voir Kortom 4.9.2

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=> nous écrivons: la montagne du Pilion, le Pilion (la région)! ==> cartes routières du site de chargement libre/free-download site de l'Organisation officielle hellénique du tourisme GNTO.

 

Le printemps

 

17.03.09 Lefkas Marina. Mardi. Nous nous levons de bonne heure: la journée s'annonce quelque peu stressante comme toujours quand le bateau doit être sorti pour caréner. On nous rassure: les agents de la marina connaissent leur métier. Notre bateau ne se laisse pas facilement prendre! Nous ne l'oublierons jamais: il y a dix ans, le bateau pendant

   

dans les sangles, soudain celles-ci se mirent à glisser! Heureusement plus de peur que de mal. Depuis nous demandons qu'un bon bout relie les deux sangles de sorte qu'elles ne puissent se séparer, notre bateau étant trop petit pour l'écartement de la plupart des portiques. Comme c'est affaire de bon sens, cela se fait sans discussion ni problème. Ici il faut plus de persuasion, un schéma même! Fierté mal placée qui y voit une mise en cause du savoir-faire? Finalement nous argumentons qu'en Belgique, aux Pays-Bas en France, en Italie on n'est ni moins capable, ni plus bête qu'en Grèce. Que c'est l'expérience qui dicte ... Ils nous comprennent mal Se sentent blessés. Pour un Anglais qui de loin a suivi la discussion c'est une question de bon sens, qui ne tolérerait aucune objection. Finalement le bout sécurisant apparaît. Le bateau sera finalement sorti sans (autres) difficultés ... avec une heure de retard.

 

Lors du lavage de la carène avec la haute pression une partie de peinture de la ligne de flottaison se détache. Cela exigera du travail supplémentaire pour préparer le bateau, un contretemps désagréable car dès vendredi le temps deviendra particulièrement capricieux et très humide! Eric a eu quelques problèmes d'articulations et dos, nous ne voulons pas prendre de risques. Plutôt que de payer d'hypothétiques traitements médicaux nous avons préféré faire appel aux services de Paleros. Ils se chargeront également de la petite retouche de peinture - provisoire - avant de traiter ce problème (un peu trop récurrent) au printemps prochain. Comme nous ne pouvons disposer de la chambre que nous avons qu'en fin d'après-midi nous partons pour Nidri. Nous avons commandé chez Phil the Steel - dont la réputation pour son bon travail sur l'inox n'est plus à faire au sein de la communauté britannique locale - petit conteneur pour la ligne de mouillage secondaire, à fixer sur le balcon arrière. Un petit détour par Vafkeri nous permet d'aller voir la progression des travaux au restaurant qu'un sympathique couple d'Anglais compte ouvrir d'ici peu. Ils ont déjà réalisé un sacré travail et nous sommes admiratifs face au résultat.

 

21.03.09 Lefkas Marina. Nous avons remis le bateau à l'eau, pas mécontents du travail de Paleros Yacht service car il n'y a eu aucune de perte de temps et le bateau a pu regagner son emplacement tout juste avant que le vent ne se mette à monter: lors de la mise à l'eau nous notions un vent du S de 20 nds, un quart d'heure plus tard l'anémomètre indiquait déjà 25 nds. Quand le soir et au cours de la nuit le vent a commencé à monter à 36 nds, qu'une pluie torrentielle claquait sur le pont, que les éclairs illuminaient le ciel et que le tonnerre ne se privait pas de nous tenir éveillés, nous avons compris que ce premier jour de printemps - mais aussi les deux jours suivants! - rejoignait la galerie des illusions perdues...

 

Kaat a commencé le transfert des donnés de mise à jour dans les Pilots de Nicolas D. Elias - pilotes de qualité par la richesse des renseignements nautiques rassemblant les différents aspects de la navigation - que nous avons acquis pour la suite du voyage. Dans notre inventaire des travaux de début de saison nous pouvons heureusement déjà noter quelques importantes tâches accomplies: Eric avait terminé les travaux d'entretien du moteur avant notre départ vers le Pilion, et pendant les trois (!) jours de beau temps qui ont précédé le carénage, nous avons pu traiter le pont en teck, la capote et la tente de cockpit. Nous constatons que pour ces travaux qui exigent une période de temps sec, le confort météo est tout aussi relatif qu'à Nieuport. Nous nous étions attendu à profiter d'une période de temps clément comme ce fut le cas l'année passée à Menton: ce n'est pas le cas et nous devons réellement composer avec la fraîcheur, la pluie et le vent!

 

25.03.09 Lefkas Marina. Jour de la fête nationale. La Grèce commémore la libération de la domination turque. Bien que les Grecs aient indubitablement cruellement souffert sous cette occupation de quatre siècles, nous avons toujours quelque difficulté à nous habituer aux sentiments sans aucun doute fortement nationalistes vivaces dans le pays et qui transparaissent parfois de façon surprenante. Ce pays qui ne réussit pas à organiser et dispenser un enseignement de qualité - ni même selon certains, acceptable! - qui connaît les graves difficultés socio-économiques que l'on sait, a - pour des raisons complexes bien évidentes - une tradition militaire qui pèse lourdement sur les finances publiques. Nous ne sommes pas les seuls, en tant que co-citoyens européens! - a en éprouver des difficultés, au travers d'échanges de points de vues avec d'autres étrangers il apparaît que ces aspects de la société grecque agacent. Nous décelons heureusement auprès des plus jeunes générations une évolution, un doute qui ressemble à une sorte d'autodérision quant aux choix politiques de leur pays ... pour autant, souvent, que la critique ne vienne pas d'un non-Grec!

 

A dix heures un orage assez violent mais bref éclate; à nouveau des torrents de pluie se déversent du ciel d'encre. Les bateaux gîtent sous les rafales: nous notons SW 36 nds. Puis c'est l'éclaircie. Nous nous hâtons vers le lieu des cérémonies sur la place entre l' Hôtel Lefkas et le pont. Au Monument aux Morts il y a une brève cérémonie religieuse.

   

Les voix profondes et les chants du métropolite (intermédiaire entre patriarche et archevêques, évêque gr.-orth.) de Lefkas et de ses co-célébrants retentissent dans les haut-parleur. Un petit détachement militaire et la fanfare présentent les honneurs en présence des autorités civiles et militaires locales. A nouveau le ciel se fait menaçant mais le vent chasse la pluie vers le continent. A la Promenade le long de la lagune N quelque deux cents élèves des écoles primaires et secondaires locales attendent - la plupart transis de froid dans leur chemise blanche et leur pantalon ou jupe bleu - le signal de défiler devant la tribune d'honneur. Heureusement la pluie ne s'en mêle pas. La commémoration religieuse terminée, le défilé commence.

   

En tête, la fanfare, puis la porte-drapeau avec ses accompagnatrices en habits traditionnels. Suivent alors les écoliers, les lycéens. Le salut au drapeau, que le responsable de chaque peloton porte, nous étonne. Le bras droit levé vers l'avant - la paume dans le prolongement, parfois le poing levé: cela nous déconcerte ... On nous rassure. Applaudissements à la tribune d'honneur et dans le public. Viennent alors des participants encore en tenue traditionnelle. Alors c'est le petit détachement militaire qui défile. Applaudissements, encore, des très nombreux spectateurs. Voici les pompiers qui avec leurs trois voitures ferment le cortège. Applaudissements. C'est terminé. Le public se disperse en direction du centre de la ville, les cafés sont pris d'assaut. Nous allons prendre un jus d'oranges pressées à une terrasse de la place principale - Plateia - ... une heure plus tard, il pleut à nouveau.

 

05.04.09 Lefkas Marina. La sensation de printemps précoce, mais encore bien fragile, se précise. Les derniers jours il a fait un peu plus chaud, et, surtout, la pluie s'est éloignée - pour quelque temps? Nous vivons maintenant au rythme de l'heure d'été. Dans la marina le tarif "haute saison" est appliqué depuis le 1er avril. Alors que les premiers touristes voileux arrivent, que les bateaux de location regagnent leur emplacement, de nombreux hivernants quittent le port, certains avec un but précis - la Croatie ou la Turquie, Malte, ou la Suède, la route du retour -, d'autres ont déjà rejoint Preveza où le coût du carénage est moins élevé, d'autres encore ont regagné les mouillages de Vliho ou de Tranquil Bay. Nous achevons la liste de nos travaux de préparation du bateau. Olivier vient nous rejoindre pendant les vacances de Pâques pendant une dizaine de jours et nous comptons effectuer quelques petites navigations dans l'Inland Sea, cette mer entre les îles.

 

   

 

   

 

Ces dernières semaines le programme était bien rempli au centre culturel Artiria. Nous avons à nouveau assisté à deux concerts, inoubliables, de Ross Daly (www.rossdalymusic.com): dans le cadre de " I dromi tis Anatolis sta monopatia tis Dysis" les très beaux instruments faisaient vibrer cette musique orientale qui fait rêver: ce soir-là ce sont les rythmes des tambours de Zohar Fresco qui portaient le charme, cet autre soir c'est l'Afganistan d'autrefois qui, par la musique de Daud Khan Sadoza, nourrissait notre imagination. Hier soir autre événement: le concert de la belle Rita Antonopoulou - chanteuse très connue en Grèce - qui présentait les chansons de son dernier CD "Pame xana ap' tin archi": dans une salle archicomble ce fut d'abord aux solides accents rock qu'accompagnée de ses quatre musiciens qu'elle enthousiasma la salle; en deuxième partie de belles tragoudia furent reprises par le public conquis, tout comme lors du concert de Christos Thivaios. Tonnerre d'applaudissements enthousiastes lorsqu'en fin de concert - il était alors près de deux heures! - elle entama Eleni, de Thanos Mikroutsikos, cette chanson si connue et combien populaire...

 

   

Ce soir les saltimbanques sont à l'honneur: la troupe de The Ship of Fools - (www.azart.org) - occupera la scène d'Artiria pendant toute la semaine.

Partis des Pays-Bas, ils laissent derrière eux un périple par de nombreux pays, extravagant et riche en événements burlesques.

En septembre déjà ils ont présenté à Lefkas - où ils ont hiverné - un spectacle comique empreint d'un surréalisme déconcertant et bien particulier ...

   

 

A Vafkeri Peter et Alison ont réussi à terminer les travaux; ils viennent d'ouvrir leur restaurant The Katoghi: c'est pour eux toute une aventure et un défi immense. Nous les avons vu travaillant dur cet hiver, mais maintenant c'est à leur restaurant et non au chantier que nous allons leur rendre visite! Nous trouvons que c'est un petit établissement très agréable - cosy -, nous apprécions la cuisine grecque d'Alison et nous ne sommes pas les seuls qui aiment y venir souper - un réel tour de force que de servir seule cette vingtaine de couverts! -. Peter, qui fait le service et veille à ses hôtes, est très sympathique et a toujours un bon mot bien British. Nos meilleurs voeux pour la réussite de leur projet les accompagnent...

 

30.04.09 Lefkas Marina. De notre hivernage à Lefkas nous ne garderons pas de souvenir ineffable! A nouveau il fait gris et frais, et venteux; et les averses, un orage aussi, ne sont jamais loin.

 

       

 

Lors de la visite d'Olivier et Helen nous avons, heureusement, profité d'un temps plus clément: deux sorties en bateau, quelques reconnaissances de l'île en voiture et quelques journées de farniente à la plage ont fait de ce séjour de 10 jours une période particulièrement agréable et réussie. Après la Pâque grecque le printemps s'est montré particulièrement capricieux.

 

Dans la marina de nouveaux visages - plus pâles - apparaissent; la saison estivale, pour les voileux, démarre - mais bien lentement - dans les ports à sec de Preveza principalement. Dans la ville de Lefkada nul signe de grand arrivage de touristes étrangers pour les vacances de Pâques. Des chiffres un peu mystérieux circulent néanmoins: de 5 à 20% de tourisme en moins pendant cette période, dû à la crise économique mondiale. Et bien que sans que cela soit apparent - ainsi la fréquentation des restaurants par les Grecs ne semble aucunement en recul, bien au contraire! - la crainte d'une baisse très sensible du tourisme serait bien présente.

 

A bord nous avons réinstallé notre tente de cockpit afin de pouvoir effectuer au sec les travaux de vernis, que nous ne voulons vraiment plus différer: Dans la petite maison près de la lagune que nous louons la durée des travaux - le durcissement de vernis n'est pas particulièrement sain! - le chauffage fonctionne régulièrement afin de chasser la fraîcheur humide bien désagréable.

 

 

 

   

 

Mais si la météo est vraiment bien décevante nous faisons d'agréables rencontres. Ainsi, lors de la fête de la Pâque grecque que notre voisin de ponton Anglais organise dans sa maison sur les hauteurs de Lefkada - grand nombre d'invités, agneau et cochon de lait à la broche -, faisons-nous la connaissance d'un charmant couple de Français qui préparent le bateau qu'ils ont acquis ici. Par le hasard des rencontres sur les pontons, nous passerons une très agréable soirée dans notre restaurant San Paramythi avec des Néerlandais en route vers la baie de Volos sur leur Etap 22, qu'ils viennent d'amener ici par la route.

 

Nous prévoyons de rencontrer Janne et Niels de Concordia, que nous avons retrouvé par hasard à Rome alors que nous les avions vus à Avignon et avec qui nous avons rejoint Corfou: ils viennent de regagner la Grèce, ayant passé l'hiver au Danemark, et préparent leur bateau à Ermioni, sur la côte NE du Peloponnèse, avant leur retour vers Barcelone. Wil et Jeanine, un couple néerlandais, rencontré à diverses reprises l'été passé, viennent de rejoindre Preveza où leur voilier a hiverné. Rinaldo et Maryse, que nous espérons rencontrer cet été se préparent à quitter Menton pour rejoindre Kos.... Ainsi la flotte des amis se recompose parfois tout près de nous, parfois - encore - loin, et renaît aussi l'espoir de la rencontre ...

 

 

 
Le temps pendant notre hivernage dans la Marina de Lefkas.
 
 

Après l'orage du 15 septembre l'automne fut soudain là: la deuxième quinzaine de septembre a connu de nombreux jours de pluie la plupart du temps avec orages, en général le temps était très variable. Octobre fut beau, nous a-t-on dit - mais nous étions en Belgique et à Menton à la Côte d'Azur!

 
 
HMS précip.
JOURS SANS PRECIPIT
JOURS AVEC PRECIPIT
J. VENT>25 nds
TEMPERATURES degr.C
HMS TEMP.
NOV. (8-30)
12,9 (149,5)
12 dont ensoleillé. min ½ journ.11
11 dont avec orages 5
7 < S-ly
max 22 / 13 - min 17 / 3
18,7/12,6/15,7
DEC. (1-31)
14,1 (132,2)
17 dont ensoleillé. min ½ journ.14
14 dont avec orages 6
7 < S-ly /2 > 35 nds
max 19 / 8 - min 15 / 5
15,6/9,9/12,8
JAN. (1-31)
13,2 (109,7)
14 dont ensoleillé. min ½ journ. 9
17 dont avec orages 5
3 < S&SE-ly
max 17 / 10 - min 15 / 5
14,3/8,5/11,5
FEB. (1-28)
12,6 (110,0)
17 dont ensoleillé. min ½ journ.13
11 dont avec orages 7
4 < N-E-S-ly
max 18 / 7 - min 13 / 2
14,3/8,5/11,5
MAR. (1-31)
10,4 (75,7)
18 dont ensoleillé. min ½ journ.12
13 dont avec orages 4
9 < id./ 4>35nds
max 22 / 10 - min 15 / 2
15,9/9,5/12,9
APR. (1-30)
9,5 (60,4)
22 dont ensoleillé. min ½ journ.12
8 dont avec orages 2
2 < N-E-S / 1>35
max 22 / 15 - min 15 / 4
18,2/11,4/15,2
 
 

HMS( = HNMS - Hellenic National Meteorological Service) - précip. = total jours de pluie + précipitations en mm; TEMP.= températures mensuelles maximales & minimales & moyennes. JOURS SANS PRECIPIT. & JOURS AVEC PRECIPIT. & JOURS AVEC VENT DE PLUSde25 nds & TEMPERATURE en degr.C: selon nos observations. Grandes variations de températures donc, nous avons constaté de très importants écarts. Février nous semble incontestablement le mois le plus froid; nous avons compté 8 jours vraiment très "froids": malgré l'ensoleillement, la température ressentie se situait autour de 2 degrés à cause des vents de NE et E très froids, exception faite pour les heures de midi au soleil. Dans les montagnes de l'île et dans les villages d'altitude - Karia, Egklouvi, Hortata ect. - la neige est restée toute une semaine, et il gelait le jour. La route d'Agios Donatos à Agios Ilias était verglacée et impraticable! Les plus hauts sommets sur le continent - visibles de Lefkas - étaient couverts de neige dès novembre. Pendant notre périple vers Horto (2-12 mars) nous avons eu 3 demi-journées et 1 journée de pluie, pour le reste: soleil; à Lefkas il a plu 9 jours au cours de cette période, il y a eu deux jours de temps sec et ensoleillé; le mois de mars à Lefkas nous a semblé part. froid, sur les sommets il neigeait encore régulièrement. En avril nous avons pu profiter de quelques très belles journées - principalement pendant la première quinzaine - bien que les soirées et les nuits aient été souvent très fraîches; vers la fin du mois il a fait souvent nuageux à très nuageux, il y a eu de fortes averses, des jours entiers de pluie, et de l'orage; les cartes météo - tant les cartes des températures que celles des précipitations - rapportaient régulièrement de fortes anomalies pour toute la période concernée ( jusqu'à 400% pour les précipitations ).

Globalement nous avons ressenti le temps au cours de l'hivernage 2008/2009 comme désagréable: les pluies abondantes et le temps (d'hiver) froid - bien que non inhabituel ici - étaient considérés en général comme n'étant pas "normal". Quoi qu'íl en soit, cet hivernage ne supporte en rien la comparaison avec notre séjour au cours de l'hiver 2007/2008 à Menton (F).

Sur le climat de Lefkas N.D.ELIAS écrit ( o.c., p.59, voir Bibliographie dans KORTOM 7): Generally the climate is mild and healty. It rains continually during winter and the temperature is often below 0 [degree] C but it rarely snows. The temperatures are low during summer as there is a continual alternation between the N and W winds of the land and sea breezes. Sur les orages fréquents qui se développent souvent la nuit et à l'origine desquels la température élevée, stable de la masse d'eau de mer jusqu'aux plus grandes profondeurs (5100 m! au S de la Grèce) avoisinant les 13 degrés C en contraste avec de fortes variations de température de surface, est un facteur déterminant, on lira avec profit R.MAYENÇON & R. DELORME, o.c. p. 99 sv.

 

 

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La suite de notre voyage: 4. La Grèce 2. le but de notre voyage, Horto, et la Mer Egée. (2009) Pf 6

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Updated 17-feb-14
   
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