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Nos pages en français (5.1.)

 

  From NIEUWPOORT to HORTO

4. La Grèce 1.1. la mer Ionienne :

de Corfou à Lefkas, Fiskardo, retour en Belgique,

Menton et Venise (2008)

 

La Grèce, quelques faits et dates, voir en fin de page.

Aperçu et ports, cliquez ici.

 

Corfou

 

   

14.07.08 Kerkyra (Corfou), Gouvia Marina, Kontokali. Hier nous sommes enfin arrivés en Grèce après une traversée de quatre-vingts milles, de Santa Maria di Leuca (I) - départ 05H30 - à Corfou - arrivée 20H15 (heure de bord: BHE), 21H15 heure locale, grecque! Nous voulons rester quelques jours à Gouvia Marina: nettoyage du bateau et préparation de la partie grecque du voyage, achat et commande de produits exempts de gluten (rempl. pain) - moins évidents en Grèce! - avec des délais d'au moins six jours; la recherche d' une connection internet semi-permanente à bord entraîne des complications surprenantes ( voir Kortom 10 ). Nous serons ainsi contraints à effectuer plusieurs trajets vers Corfou-ville (Chora) dans des bus bondés ou en taxi! Mais bien que Corfou ne nous paraisse nullement être l'exemple idéal de "l'atmosphère grecque", il nous est très agréable de retrouver dès maintenant les habitudes que nous avions quittées il y a quinze ans! Malgré les traits hypertouristiques (parfois très "low-budget") de Kontokali, Gouvia, Dasia et Corfou-ville - notre environnement actuel - nous savourons dès à présent ce que nous avons toujours trouvé dans nos voyages et séjours helléniques: le sentiment - peu facile à traduire - de nous sentir chez nous, au pays.

1. Nehalinnia à Gouvia Marina

2. Corfu, la forteresse venicienne

 

Sayiadha, Sivota-Mourtos et Parga

 

 

31.07.08 Sivota-Moúrtos. Depuis quelques jours Nehalinnia et son équipage coulent des jours de repos agréables dans le nouveau petit port - toujours en construction, financé à 75% par des fonds européens! - de Sivota-Moúrtos.

Après une escale un peu plus longue à Gouvia Marina à Corfou - des "retardants" (petites blessures ou aléas de santé - cette fois un petit mais handicapant abcès au pied)ne sont jamais loin malgré toutes les précautions - nous avons gagné le "continent".

 

   

Sayiadha a été notre première halte: l'accès port et au village, à quelques kilomètres de la frontière albanaise - une étroite bande est grecque, dans les montagnes plus au loin, on est en Albanie -serait, selon les indications de notre Pilote,

   

(théoriquement) soumis à l'autorisation préalable de la police, mais bien vite nous nous rendons compte que l'évolution ici aussi est plus rapide. Le petit port, peu profond - au maximum 2 m, et plutôt nettement moins - est peu visité, ainsi Sayiadha est resté authentique. Bien que ... par un couple de vacanciers, qui résident à Corfou et qui viennent souvent ici amarrer leur voilier, nous apprenons que des flottilles de charters visitent régulièrement (toutes les semaines?) l'agréable petit port qui alors perd paix et quiétude; un jour, même, 28 bateaux de location se seraient retrouvés ici, "l'enfer", selon nos interlocuteurs. Notre deuxième halte est donc Sivota-Moúrtos : le site est très touristique mais très "carte postale"; un petit village - mais est-il bien authentique? - un quai - très animé le soir -, de nombreuses tavernes et échoppes pour touristes - à majorité italienne -, deux petits supermarchés bien achalandés, quelques barques de pêcheurs - vrais ceux-là, - de nombreux voiliers - parmi lesquels de nombreux et inévitables charters! -, de belles baies enserrées entre quelques trois petites îles, d'agréables petites plages et en arrière plan les montagnes de l'Epire; et, face au village et au quai, le "nouveau" port ...

[map: GNTO]

 

Extrait du journal de Kaat (texte original en néerlandais). De Gouvia à Sayiadha: une petite traversée vers le continent de 14MN, cap est; à éviter une petite "pointe" de mer territoriale albanaise. Peu ou pas de vent, et ... dans le nez, alors que les vents dominants sont N-NW!

Jeudi 31juillet, 15H30, alors que j'écris ces lignes une vague d'environ 2m déferle sur la petite plage de Moúrtos: tout le monde est trempé, tout est emporté, un petit caïque, qui normalement est posé bien droit sur la plage, soutenu par quelques béquilles, est couché.

Ceci n'était pas une "simple" vague! Heureusement, nous étions dans le jardin du "Beach club" et immédiatement nous nous hâtons vers le port afin de nous assurer qu'il n'y a pas de dégâts; mais une forte houle mise à part, là rien n'a été ressenti.Ouf!

Retour au récit maintenant, puisque le calme revient sur la plage; les estivants qui ont été surpris et détrempés alors qu'ils se doraient au soleil, réapparaissent, hésitants. Tout semble redevenir normal ...

Saghiada est un très petit port, peu profond avec un quai assez bas et une entrée très étroite (environ 5m). Lorsque nous y sommes entrés nous y étions seuls. Nous nous sommes mis dans le coin SE le long du quai, et nous nous sommes renseignés auprès de "l'autorité portuaire": "No problem" nous a-t-on dit "mais si vous restez demain, il vaut mieux utiliser votre ancre, car de "grands" bateaux pourraient venir ... Et oui, un Bavaria 40 fit son entrée, voulut s'amarrer le long du quai mais s'arrêta net à trois mètres; la seule solution: mouiller l'ancre et utiliser la longue planche, comme prévue à cet effet. Deux autres voiliers (plus petits) vinrent encore et ce fut tout. Mais alors, le vent du NW est venu: 18 à 20 noeuds, et nous, nous avons compris qu'ici on ne pouvait avoir plus de vent car la mer éclaboussait déjà par-dessus le mur, bas et étroit. Nous ne resterons donc qu'une seule nuit! Avec quelques regrets, car ici c'est vraiment "grec", après Gouvia, un véritable "soulagement". Le soir nous avons eu droit à un magnifique coucher de soleil, nous avons mangé du poisson et ... mal dormi, car les nombreux Grecs (c'est dimanche!) ont été très bruyants.

Le lendemain nous sommes partis à 08H30 vers Moúrtos (en fait, Sivota). Michel et Mady, nos amis de Menton, nous ont vivement conseillé cette escale. Et oui, Moúrtos est charmant et il y avait beaucoup de place, quand vers midi nous sommes entrés dans le "nouveau port" - nous avons tout de même pu naviguer à la voile pendant ... 10 minutes!

   

Mouiller à l'ancien quai ne nous semblait pas une bonne idée: il y a de très nombreux bars et tavernes, donc, le soir, sans doute beaucoup de va-et-vient et de bruit ... ce qui s'avère être le cas! Notre petit voilier est maintenant "parqué" le long d'un petit bout de quai construit en biais, et qui nous convient parfaitement. Devant nous les bateaux mouillent leur ancre et se mette cul à quai, derrière nous seul un seul bateau encore peut s'amarrer le long du quai.

Il n'y a ni eau ni électricité, mais nous avons néanmoins décidé de prolonger notre "séjour": la plage est agréable avec son "Beach club" où nous pouvons prendre notre douche quotidienne, notre eau, nous la prenons au supermarché tout proche, où nous faisons nos courses, et au restaurant, où nous allons souper le soir. L'électricité nous est fournie - en partie - par les panneaux solaires et lorsque nous utilisons notre pc c'est le moteur qui charge les batteries (en fait, le pc est notre seul "problème", un vrai "dévoreur" d'énergie).

Nous voulons échapper à la folle fièvre des charters et laisser "passer" les Italiens en vacances, souvent "fébriles et bruyants": une agréable tentative d'hivernage estival en fait!

 

16.08.08 Sivota-Moúrtos. Samedi soir ... et week-end du 15 août! Le port est plein, de très nombreux offshore-rib italiens - de plus modestes grecs occupent beaucoup de place; une flottille de Neilson - treize voiliers en tout! - vont effectuer leur "changement d'équipages" au cours de deux jours à venir. L'ancien quai aussi est bondé. La nuit tombe. Un voilier grec se présente; le skipper et sa femme veulent s'amarrer entre notre voisin et nous, il n'accepte pas non plus que nous prenions à couple, quand il se présentera dans une demi-heure - comme tous les soirs -, le rib de nos connaissances florentines; il nous reproche aussi de nous être mis le long du quai; bien que ce soit la seule possibilité: à cette partie du quai tout en oblique il serait impossible d'utiliser notre mouillage sans que notre chaîne d'ancre croise celles de quelques de nos voisins. Mais sur le Tasmanian Devil grec on ne veut entendre ces arguments pourtant raisonnables, de sorte que confrontés à tant d'intelligence et de bon sens - et las de cette foule - nous décidons d'aller mouiller hors du port et d'abandonner Sivota à sa folle fièvre touristique. Demain nous irons vers Preveza!

 

   

17.08.08 Parga, Ormos Valtou. A 10H30 et 12 M plus loin notre ancre tombe dans le petit port de pêche situé à un demi-mille de Parga, à l'ouest du fort vénitien.

Nous avons de la chance: quelques voiliers italiens quittent le port (bien tard tout de même!) ainsi que les 10 bateaux de la flottille Sailing Holidays, l'un après l'autre, après avoir démêlé leurs mouillages ... Pour demain du vent fort est annoncé: nous préférons donc être amarré au môle en béton de l'anse plutôt qu'être au mouillage. Du reste, nous voudrions rester ici quelques jours: il y a de l'eau - un robinet sur le mur - et avec notre voisin italien nous improvisons un câble d'une cent-cinquantaine de mètres au départ du pauvre boîtier de sorte que quelque cinq bateaux puissent y prendre le courant nécessaire pour garder les batteries à niveau.

La beauté du site compense largement l'état d'abandon du petit port où quelques épaves - certaines gisant au fond de l'eau - illustrent le niveau de conscience écologique des Grecs ... si ceci restait à prouver! .

 

Preveza

 

   

20.08.08 Preveza, quai de ville. Après trois jours nous laissons Parga à ses préoccupations ... Riches d'un succulent pot d'abricots fourrés aux noix dans un sirop de miel - en reconnaissance de la part de nos voisins Grecs pour avoir veillé sur leur bateau pendant leur absence forcée lors de la journée, et la nuit, de grand vent, nous arrivons en début d'après-midi et après 28 M de navigation à la voile et au moteur à Preveza.

Le vent commence à forcir lorsque que nous entrons dans l'étroite passe balisée et qu'un caboteur chargé de sable nous dépasse.

La "nouvelle marina" de Preveza - fortement subventionnée par l'Union Européenne - située au bout du quai, n'est toujours pas achevée alors que déjà les marques de détérioration apparaissent (ainsi sur les prises d'eau et celles de courant non encore connectées!); elle est occupée par de petites embarcations de locaux, quelques entreprises de charter, et ... par une colonie de résidents nord-européens (nos amis Danois nous ont envoyé un email disant qu'ils avaient fait escale "au ponton suédois"!). Nulle trace de gestion ... ni de place! Nous nous amarrons donc au quai, relativement peu occupé, ce qui doit nous permettre de faire aisément quelques courses. Mais malchance: le mercredi après-midi la plupart des magasins sont fermés! Preveza nous semble bien endormi, par cette après-midi étouffante ...

 

Métamorphose. A 21 heures le quai et les petites rues adjacentes bruissent d'animation: des Grecs en vacances, des Italiens qui rentrent chez eux ... Le quai aussi est entièrement occupé. La police portuaire de Preveza est à la tâche avec une application remarquable: elle fait sa ronde et invite avec un carton bilingue, joliment fait et soigneusement plié en deux - assurément très cher! - à venir remplir les formalités d'entrée dans le port. Comme nous voulons partir tôt demain pour Lefkas nous nous dépêchons au bureau du port armés des documents de bord. Nous assisterons à une démonstration impressionnante de procédures bureaucratiques: formulaires à remplir, contrôle de la liste d'équipage, photocopies de la lettre de pavillon et de l'attestation particulière d'assurance exigée par la Grèce. Le résultat sur quoi toute cette cérémonie doit déboucher est la taxation au montant de 6,61 euro (TVA comprise!) pour l'amarrage. Dans une des ruelles bien animées nous trouvons une dernière table, où nous pourrons récupérer grâce à un ouzo bien frais et quelques spécialités exquises - et sans gluten! - de cette démonstration d'efficacité administrative ...

 

A quatre heures et demie la musique s'éteint enfin dans les nombreux bars sur le quai , mais notre nuit à Preveza n'en sera pas encore tranquille pour autant: de bruyants estivants fêtards et notre emplacement agité par une traître petite brise nous imposent un demi-sommeil . Cette escale n'est certainement pas à conseiller !

 

Lefkas Marina

 

   

21.08.08 Lefkas Marina. Quand nous quittons Preveza un fort courant limite notre progression dans le chenal: notre GPS marque 3,5 nds sur le fond; nous arriverons donc trop tard pour le pont de 10H00 à l'entrée du canal de Lefkas, six milles plus loin. Nous nous mettrons au mouillage bien que l'attente puisse aussi s'effectuer tout juste devant le pont au cas où il y a peu d'affluence, mais "au-dehors" un petit vent apporte quelque fraîcheur dans cette atmosphère chaude et humide.

Lefkas ... cela fait 19 ans que nous sommes venus ici pour la dernière fois: de loin nous voyons des bâtiments neufs, des couleurs, la marina, ouverte en 2002... La ville a été fortement touchée par le séisme de 2003 d'une intensité non-négligeable, entre 6.2 et 7.2 (e. R.)..

A 11H00 pile le pont flottant libère le passage pour quatre bateaux dans le sens N-S mais dans l'autre sens la file des voiliers italiens qui regagnent le pays est longue; la file des voitures immobilisées par cet intense trafic s'allonge et l'impatience gagne.

 

Nous avons ici quelques affaires pratiques à régler: l'hivernage dans la marina doit être précisé, des produits exempts de gluten doivent être commandés à Athènes, notre site doit être mis à jour, et il nous fait résoudre quelques problèmes techniques mineurs; il n'y a pas de laverie dans la marina mais un service rapide se charge du linge. Lefkas Marina, la base la plus importante pour de nombreuses sociétés de charter, est bien équipée et propose un éventail complet de services. Dans la ville non plus les commerces et services ne manquent pas. Après près de vingt ans d'absence ce qui nous frappe dès l'abord n'est pas l'uniformisation vers un "tourisme international" redoutée, mais l'augmentation quantitative et qualitative de l'offre: la ville de Lefkas nous semble encore très "grecque" - mis à part les environs immédiats de la marina - et elle semble avoir pu conserver plus d'authenticité que Corfou et - à bien plus petite échelle évidemment - Sivota, où le tourisme, axé sur une clientèle internationale mais à forte composante italienne - presque exclusivement italienne à Sivota -, a beaucoup changé. Les prix aussi nous semblent ici inférieurs (23.08.08).) Si la Grèce fait économiquement partie des "soucis" dans l'Union Européenne, une plus large part de la classe moyenne peut actuellement se permettre des prendre des vacances: ainsi est-il évident que "l'offre" s'adresse de moins en moins prioritairement aux touristes étrangers. Elle est loin l'époque du "protectionnisme grec" que nous ressentions en 1976 et qui freinait toute importation; et si de nombreux Grecs - mais ils ne sont pas les seuls! - rendent "l'Europe" responsable de leurs (réelles) difficultés - témoignages que nous entendons fréquemment - il est indéniable que ce pays a très largement bénéficié de la généreuse manne "communautaire".

 

Nous voulons rester quelques jours ici avant de poursuivre notre périple le long des côtes de l'île, dans la "Mer intérieure", et ultérieurement en direction d'Ithaka (Ithaque), Kefalonia (Céphalonie) et Zakintos (Zante).

 

01.09.08 Lefkas Marina. Lundi pendant la mise à jour des pages anglaises. Soudain sur l'écran de notre pc le texte disparaît; l'écran est violemment blanc, quelques lignes rouges ... puis uniformément blanc. Terminé.

 

Deux heures plus tard le technicien énonce son verdict: irréparable vu le coût et l'âge de la machine.

 

Aujourd'hui sept jours et pas mal de soucis et de problèmes plus tard, notre nouveau pc est pratiquement opérationnel. Quelques problèmes de compatibilité de "langues" subsistent. Nous espérons trouver des solutions. Progressivement nous remettrons le site à jour. Autre problème: la commande de produits exempts de gluten ayant été mal interprétée chez le grossiste à Athènes, l'envoi chez notre pharmacien à Lefkas doit être largement complété. Les contretemps semblent former des coalitions!

 

Sivota et Fiskardho

 

07.09.08 Sivota N. Levkas. Depuis hier nous sommes à Sivota après avoir suivi la côte est de Lefkas vers le sud. Nous avons suivi le canal de Lefkas vers Ligia - un petit port de pêche que nous sommes allés reconnaître. Ensuite direction Nidri. D'abord le vent est NE - 15 nds en moyenne - puis soudain à mi- parcours dans le Canal de Meganissi, à la hauteur de N.Thilia, le vent est SW: c'est ainsi que nous voyons un voilier montant N sous spi alors que les voiliers allant S sont au grand largue.

 

   

Sivota: un soir, il y a précisément vingt et un ans, d'Amousso, où nous campions, nous sommes venus, en Zodiac, souper ici. C' était en pleine haute saison et nous trouvions qu'il y avait énormément de monde. Maintenant nous sommes amarrés au quai sud; à notre arrivée vers midi il y avait beaucoup de places libres.

Vers sept heures tous les emplacements étaient pris et quelques plus grands voiliers mouillaient dans la baie. Comme de nombreux Grecs étaient venus en bateau moteur à Sivota pour le weekend, une certaine animation régnait sur le quai, mais au cours de la soirée tout ce monde s'est dispersé dans les très nombreux restaurants et tavernes. Nous pouvons néanmoins aisément imaginer qu'en saison il y ait vraiment trop de monde et que le charmant endroit soit un véritable enfer! Quelques bateaux charters nous semblaient déjà en attente d'équipage.

Dans le restaurant où nous avons agréablement mangé - feuilles de vignes farcies, aubergines frites à la poêle, côtelettes d'agneau grillées et tomates en salade - seul un quart des tables sont occupées.

Pour choisir un restaurant nous nous laissons guider par la présence de Grecs, par l'absence de plats en photo qui doivent attirer les touristes, et par l'absence de serveurs qui tentent d'attirer les clients par des "Hello" !

 

   

Sur une terrasse avec estrade, plutôt improvisées, un petit orchestre jouait quelques airs populaires, mais les musiciens oubliaient parfois quelques notes et la voix de la chanteuse un peu trop pulpeuse n'était pas toujours juste. Malgré tout il y avait ce samedi soir pas mal d'intérêt pour ce concert, annoncé par des affiches criardes... et jusque tard dans la nuit nos tentatives de trouver le sommeil ont été rendues vaines par de soudains dérapages musicaux... Nous décidons de rester quelques jours à Sivota, histoire de reconnaître les lieux et de profiter de la baignade; comme il fait encore très chaud, de midi au coucher du soleil, nous préférons notre grande tente de protection solaire à notre bimini, et hissons la manche à air. Ne disposant pas de bornes de courant ici, il nous faut essayer de rentabiliser au maximum nos panneaux solaires car le pc bien que moins gourmand que le précédent compte lourdement dans notre consommation d'électricité.

09.09.08 Sivota N. Levkas. Demain nous partirons pour Fiskárdho. De Sivota nous emporterons le souvenir d'une agréable rencontre: par Christos et Ioanna, voyageant avec leur voilier récemment acquis, nous comprenons que nos craintes naissantes sont peut-être inutiles - les Grecs auraient changé, leur hospitalité ne serait plus proverbiale, leur amabilité légendaire vis-à-vis des étrangers ne serait plus ... Christos nous bercera à l'occasion de l'anniversaire d'Eric sur les notes de son accordéon: après de nombreux airs ... bien parisiens, de sa belle voix grave et profonde il nous fera rêver de l'éternelle thalassa grecque ...

10.09.08 Fiskárdho, N Kefallínia. Avant de traverser vers la Céphalonie - Kefallínia - nous allons reconnaître la baie Amousso; de belles chaises de plage alignées, des parasols aux couleurs uniformes, puis la route, asphaltée jusqu'à la plage, un beau mur maçonné - par nos jumelles nous constatons comment le camping sauvage a été transformé en une plage pour touristes (trop ?) bien ordonnée; autour du restaurant - simple à l'époque - nos discernons maintenant le parking aménagé, des pavillons avec toit de paille, de petites clôtures et nous imaginons les petites pelouses trop vertes ... l'ancienne colonie agréablement variée, qui s'accommodait de la poussière de l'été, avec tentes et mobilhomes, et canots rapides - déjà - semble avoir dû céder la place à des touristes en mal de soleil plus civilisés mais tellement tristement stéréotypés ...

[map: GNTO]

 

La traversée de Stenó Kefallínias: neuf milles d' Amousso à Fiskárdho. Nous ne sommes pas seuls en mer mais progressivement le calme revient, la plupart des voiliers sont des charters, qui pour la plupart font partie des traditionnelles et inévitables flottilles. Lorsque nous approchons du passage entre Itháka et Keffalínia nous nous rapprochons constamment du vent et la mer se forme lentement. Encore deux milles de notre point de route pour Fiskárdho; nous sommes maintenant bout au vent qui souffle en rafales, une forte houle, courte, nous masque régulièrement le phare. Grâce à notre grand-voile haute, nous pouvons garder un bon cap mais la plupart de voiliers qui, par facilité sans doute, naviguent sans voiles, nous apparaissent ballottés de crête en crête, faisant des écarts impressionnants, avant de disparaître à chaque fois dans le creux de la houle.

 

Nous trouvons encore une place au ponton flottant; l' ancre tombe dans 9 mètres d'eau... alors que Kaat réussit une approche sans faute pour notre voilier à quille longue ... mais quand nous voulons passer nos amarres arrière, nous constatons que dans notre émerveillement nous avons oublié de les frapper sur les taquets, ce qui provoque une hilarité bien aimable auprès de l'équipage indonésien d'un grand yacht, descendu sur le ponton pour nous aider. Mais bien vite l'oubli est réparé: nous voici amarré à Fiskárdho, qui serait, à en croire les magazines de tourisme et la presse people, le nouveau St-Tropez .... Le petit port est encore très animé, des voiliers qui cherchent un emplacement, de petits ferries qui arrivent et débarquent leur cargaison de touristes,d'autres qui repartent créant de grands remous ...

   

Notre première impression est que tout ceci, malgré les maisons joliment restaurées et peintes en beaux coloris pastel, n'a qu'une pauvre ressemblance avec le petit havre charmant que nous avons visité il y a vingt et un ans ... mais gardons-nous d'arrêter notre jugement trop rapidement!

Notre attention est rapidement captée par l'arrivée d'un voilier dont l'équipage n'est pas encore expert en la manoeuvre: traînant leur mouillage ils finissent par stopper leur voilier à la perpendiculaire de notre voisin de gauche, un motoryacht, et relevant leur ancre, ils accrochent encore une autre chaîne. Du ponton les conseils contradictoires fusent, des mains tentent de tenir les deux bateaux à quelque distance, silence, questions, indécision, agacement du responsable de la flottille, spectateurs soucieux, confusion, et puis ... finalement, assistance et aide indispensables de l'Expert dans son annexe, nouvelle approche, nouvelle manoeuvre, dictée avec précision du ponton ... vingt minutes plus tard ils sont amarrés, soulagés, s'excusant aimablement du dérangement ...

 

15.09.08 Fiskárdho, N Kefallínia. Un violent orage sème inquiétude et destruction... Sans vouloir verser dans le sensationnel, nous reprenons ici les événements, alors que quelques photos dans notre album (cfr. Fotoalbum) doivent perpétuer nos souvenirs. Mais, avant, un retour à la journée d'hier, dimanche, s'impose. Il fait un temps splendide, chaud, le petit port est plein, et dans le N de la baie, une dizaine de voiliers sont au mouillage avec de longues lignes à terre, fixés pour la plupart sur les rochers ou frappées sur les rares anneaux. En revenant de notre agréable et bien rafraîchissante baignade sous l'ancienne tour vénitienne, nous voyons comment, dans les cockpits, les équipages se laissent aller aux charmes et aux plaisirs du mouillage - ici, c'est la lecture qui a séduit, là, les rires fusent autour d'un bon verre, sur cet autre voilier, le skipper et sa femme semblent se reposer, profitant de la chaleur du soleil qui déjà commence à décliner ... Hélas, nous savons que le mauvais temps approche: l'étude des gribfiles www.grib.us nous donne la certitude que demain de fortes pluies s'abattront sur la région mais Kaat et moi craignons un violent orage; nous avons doublé nos amarres arrières et vérifié la tenue de notre ancre, la plupart pensent néanmoins que ce ne sera pas si terrible ... "Pas ici, tout de même ...!"  

 

L'orage

 

Lundi 02.30 (LT). Un (premier) orage se déclare: une première rafale, de l'air très chaud, quelques grosses gouttes, puis il fait sec à nouveau, une deuxième rafale - de l'air nettement plus frais, cette fois -, le tonnerre au loin, un éclair. D'un des bars, où la fête bat encore son plein, à entendre l'intensité de la musique, quelques clients sortent pour s'émerveiller de la pluie et des éclairs. Rires ...

 

Je réveille Kaat, un sentiment de profonde méfiance ne me quitte pas, nous rangeons tout; nos nouveaux voisins, suédois, se sont réveillés; elle, elle est météorologue, et ... n'aime pas l'orage; "Donc, on aura tout de même de l'orage ..." Kaat va se recoucher, je resterai éveillé; nous voulons éviter d'être tous les deux (trop) fatigués au cas où nous devrions quitter le port ... Une sérieuse houle du sud pénètre maintenant dans la baie, pourtant mentionnée comme all round shelter! A 03.30 (LT),  le très grand yacht qui mouillait plus à l'avant, quitte la baie ... je le suis du regard, et ressens une inquiétude ... A cinq heures, l'orage est passé; finalement, s'il n'est pas tombé beaucoup de pluie, on a eu droit à de très nombreux éclairs, et de violents coups de tonnerre. La houle, maintenant est désagréable mais elle semble se calmer progressivement. Je vais tenter de dormir encore un peu. Pas facile ...

 

A sept heures Kaat me réveille; " Vite, debout, ça tourne mal! " 

 

Quand je me retrouve dans le cockpit je perçois comme dans un flash - incrédule - le chaos autour de nous: une bonne dizaine de voiliers tentent de tourner en rond dans la petite baie, alors que déjà trois bateaux la quittent et s'engagent dans le Canal d'Ithaque, en direction de la mer, ou, de l'île ...

 

Un deuxième orage vient d'éclater: des éclairs partout, les coups de tonnerre semblent sans fin se relayer, des trombes d'eau s'abattent, la pluie lacère les équipages qui s'activent de toutes parts; je vois comment ici on tente de mieux amarrer des bateaux au ponton, d'améliorer la tenue des mouillages; là, des petits canots de location sont tirés vers l'intérieur du ponton par deux silhouettes féminines détrempées, propriétaires ou employées grecques de la petite entreprise de location; de l'autre côté du port des mâts balancent violemment comme mus dans un ballet sans régie, à la terrasse d'un restaurant branché, quelques grands parasols se sont déchirés, lambeaux pendant, trempés, de ci à là, au gré des rafales ...

 

   

Soudain une forte houle, trop haute, entre... Kaat dit: " Il faudra partir ..., je le crains, non, ... attendons ...". Nous démarrons le moteur, alors que notre petit voilier tire sur ses amarres ...Lors que nous regardons autour de nous, nous voyons, entre les bateaux qui tournent en rond, trois voiliers sur les rochers, un a déjà chaviré ...

Trois quart d'heure plus tard l'orage quitte le port dévasté, la pluie disparaît progressivement, le vent continue encore à souffler à 15 noeuds de moyenne, mais la houle perdure ...

Tôt dans l'après-midi, nouvelle cause d'inquiétude: le vent forcit à nouveau et la houle s'intensifie. A nouveau des amarres sont renforcées. L'ancre d'un beau ketch en acier, pavillon espagnol, dont les propriétaires ont dû s'absenter coince son voisin, un 36 pieds suédois: la skippeuse très active n'a pas confiance et réussit à convaincre son mari. Une longue amarre sera passée, devant tous les bateaux amarrés au ponton et frappée au quai du ferry.

 

A 15H45 le vent vire à l'ouest, et quelques minutes plus tard la houle dans le port doit s'avouer vaincue; quand ensuite, le soleil perce les nuages, apportant quelque couleur, le calme revient enfin...

 

Triste bilan: deux voiliers ont pu être tirés à flot dans le courant de la matinée par le petit canot de secours, l'un d'eux - sérieusement endommagé - est remorqué jusqu'au quai, mais les dégâts au troisième, une belle unité de 40 pieds sous pavillon britannique, sont dramatiques: la coque éventrée sur un bon demi-mètre carré a rendu vaine toute tentative de remise à flot, malgré les pompes amenées sur les lieux et tous les moyens déployés ... jusqu'à ce qu' en fin de journée une grande grue puisse sortir le bateau de l'eau et des rochers...

 

   

 

 

 

Fiskardo: selon les magazines people et de nombreuses revues touristiques, le nouveau St-Tropez ... dans le pilote de Rod Heikell - une autorité - ( Greek waters pilot , Imray ) nous lisons: "excellent shelter from all directions, although strong prolonged southerlies cause a surge, troublesome rather than dangerous ..." (2004, mises à jour 2007, p. 92) ; dans le pilote grecque de Nicolas D. Elias ( mis à jour jusqu'en 2008 ) il est dit "shelter from all but SE winds, this wind blows mostly in the winter ... " ; selon nos constatations et le local knowledge, Fiskárdho n'est pas un port sûr par mauvais temps, ceci vaut particulièrement pour la partie nord de la baie, où est situé principalement le mouillage; il s'est agi d'un orage de courte durée avec brièvement un vent très fort et soudain du sud et une houle très importante; mais aussi un fort vent du NW provoque selon les locaux une sérieuse houle, de sorte que même le ponton flottant, dans l'ouest du port, n'est plus sûr.

 

Retour à Lefkas

 

16.09.08 De Fiskárdo (N.Kefallinía) à Nydrí, Vlychó et Lefkas Marina. Le vent s'est à nouveau établi au sud quand nous quittons la baie de Fiskárdho; au-dessus de Lefkas, le ciel couvert est menaçant et nous voyons passer un rideau de pluie au-dessus de Vasiliki. Les prévisions météo s'en tiennent néanmoins à un vent du sud qui ne forcira que lorsqu'il passera au NW dans l'après-midi, à nouveau la menace d'un orage en fin de journée est réelle; pour demain aussi le vent de NW sera fort et pour samedi du mauvais temps est annoncé. Plutôt que de poursuivre notre petit périple dans la Mer intérieure par les ports et mouillages moins sûrs de la Céphalonie et d'Ithaque, nous retournons (pour quelques jours ?) à Lefkas Marina. Malgré que nous réalisions que nous venons d'être catapultés d'un plein été dans un automne trop précoce, nous espérons, voyant le soleil percer les nuages, que la journée sera quelque peu attrayante. Le ciel est magnifique et la mer scintille de reflets lumineux extraordinaires. Pour garder notre cap nous devons naviguer maintenant au grand largue: avec deux ris dans la grand-voile - nécessaire pour la stabilité - nous essayons de garder notre génois 1 libre et bien plein; quand temporairement le vent faiblit à moins de sept noeuds, nous démarrons le moteur . A l'approche de Lefkas je pense involontairement à ce que j'ai lu dans le pilote grecque de N.D. Elias. Entre le SE de Lefkas, le N d'Arkoúdi et le SW de Meganísi - puis vers Kalamos, Kastos et Atokos - souffle à la fin de l'été, lors de très chaudes journées claires, en fin d'après-midi, le très dangereux Liovóri. Aujourd'hui ce ne sont en rien ces conditions - il ne fait pas très chaud et nous sommes bien trop tôt dans la journée - mais il me semble impératif de garder ce phénomène local en mémoire ...

 

   

Lorsque nous approchons de Nydrí le nombre de voiliers augmente sensiblement: la baie entre profondément dans les terres et sert de base pour de nombreuses entreprises de charter. Mais nous lisons que la baie est très polluée: sur la rive W il y a de nombreux chantiers et puis - surtout - Vlychó est non seulement un mouillage bien connu de nombreux longstayers, mais également un important lieu d'hivernage.

Près de quelques chantiers ou parties de quai nous remarquons des épaves, souvent à moitié coulées. Comme nous savons que ceci n'est pas un fait isolé, mais que laisser les bateaux mourir ainsi est une façon de faire généralement répandue en Grèce, nous sentons l'agacement et la colère monter en nous vis-à-vis d'un tel manque de conscience écologique, vis-à-vis de l'absence d'intervention de la part des autorités, vis-à-vis de l'hypocrisie d'un gouvernement d'un pays aussi soutenu financièrement!

 

Quelques milles avant l'entrée sud du canal de Lefkas - très négligemment balisé - le vent vient du NW, comme nous nous y attendions, et la nébulosité augmente rapidement. Lorsqu'une bonne heure plus tard nous amarrons à l'emplacement qui nous est indiqué, l'orage s'annonce déjà: Kaat glisse le génois dans le coffre lorsque les premières gouttes tombent. Plus tard, pendant le repas dans notre petit et excellent restaurant - déjà devenu habituel - proche du musée partiellement "dévasté" -, et ensuite, pendant toute une bonne partie de la nuit, la lune et les éclairs se chamailleront pour éclairer le ciel... Lorsque, sur notre chemin du retour vers la marina, nous rencontrons le couple norvégien qui, au début de l'orage, a fuit le port de Fiskárdho avec leur 43 pieds, et que l'espace d' un instant nous confrontons nos souvenirs de ce maudit orage, une traître averse met brutalement fin à notre conversation ...

 

19.09.08 Lefkas Marina. Mercredi. Les prévisions se réalisent: la journée est venteuse mais le soleil rend les choses, malgré tout, agréables... jusqu'à ce qu'en milieu d'après-midi, à nouveau, les nuages apparaissent ... une promenade, tôt dans la soirée, nous mène à Castro, à la fin de l'isthme étroit sur lequel court la route rectiligne, qui, passant par-dessus le ferry, faisant office de pont flottant, relie l'île au continent. Le soleil couchant illumine le ciel et les eaux de la lagune de belles teintes roses et rouges. D'ici la vue porte sur la baie et sur Preveza, au loin. Lorsque nous portons notre regard vers le nord-ouest et l'ouest, c'est la mer Ionienne qui s'offre à nous; fouettées par le vent fort les vagues viennent briser sur l'île. Avant de prendre la route du retour nous embrassons les environs et la petite ville de Lefkada: le fort du XIIIe siècle, tout juste à l'entré N du canal de Lefkas, derrière le banc de sable, le pont-ferry, le canal, la marina, la ville où les lampadaires viennent de s'allumer, la route, et de l'autre côté de celle-ci, le lagon salé, et en arrière-plan, au loin, les montagnes qui constituent l'intérieur de Lefkas, et le sommet le plus élevé, le mont Eláti, qui culmine à 1158 m. Pour la première fois, ce soir, c'est dans la salle de notre agréable petit restaurant que nous mangerons; à l'intérieur ... pour la première fois depuis les orages à Rome! Jeudi. Notre promenade du soir nous mène encore vers Castro. Et, de nouveau, nous dînerons à l'intérieur. Aujourd'hui, vendredi. Sous un ciel peu nuageux, mais par temps frais et venteux, surtout l'après-midi, je travaille à la mise à jour de notre site. La rigoureuse fraîcheur de l'après-été est-elle déjà arrivée?

 

25.09.08 Lefkas Marina. Il est 22H30 et nous rentrons en longeant le quai. Quand notre portable sonne, nous savons que nous recevrons une très triste nouvelle. Lundi midi la mère de Kaat a fait une sérieuse hémorragie cérébrale, une issue fatale, rapide, est probable. ...

 

Bruges, deux jours avant notre départ le 7 juillet 2007. Maman nous avait accompagnés jusqu'à la terrasse et, enthousiaste comme toujours lorsqu'un événement particulier avait lieu, elle nous avait fait des grands saluts de la main. A un moment elle avait été grave - je sais que nous ne nous reverrons plus, mais tu dois faire ce que tu as décidé , avait-elle dit à Kaat. Une grande carte était étalée sur la table. Elle nous suivrait. De chaque escale Kaat lui envoyait une carte vue, quand cela était possible elle y indiquait l'endroit précis où nous étions amarrés.

Cette nuit ce sont ces belles images de la douce séparation dans le jardin qui restent sur notre rétine, et que nous voulons choyer tendrement.

 

En Belgique

 

29.09.08 Nieuport. A dix heures précises le taxi était venu nous prendre dans la Marina de Lefkas. Europ-Assistance, notre assurance-voyage, avait minutieusement organisé notre retour en Belgique: le vol de Preveza à Athènes, les places réservées sur le vol régulier d'Olympic Airways, le taxi qui nous attendait à Bruxelles pour nous conduire à Nieuwpoort.

 

01.10.08 Bruges. L'adieu. Onze heures. Quelques faibles rayons de soleil. La famille, les amis, les connaissances - de l'école où, veuve, elle avait enseigné jusqu' à soixante-cinq ans, de la chorale, de l'amicale, de la vie associative locale -, ils sont venus nombreux. Temps d'automne. L'après-midi s'annonce venteux, les averses se succèdent. Le cimetière du Blauwe Toren s'habille d'une variété de tons sombres et clairs, verts, jaunes et bruns. Dans un silence respectueux et empli d'émotion, ils sont réunis pour l'ultime adieu, ses fils et ses filles, ses petits enfants. Alors, soudain, la brise l'emporte vers ces hauts arbres majestueux, vers ce sous-bois touffu. Ecce homo ... seul reste le beau souvenir qui réchauffe le coeur ... (mise à jour 16 octobre 2008)

 

Menton

 

20.10.08 Menton (F). 21H05. Nous atterrissons à l'aéroport de Nice-Côte d'Azur. Un quart d'heure plus tôt l'appareil d'Easyjet a commencé sa manoeuvre d'atterrissage, laissant Turin à notre droite et effectuant un grand virage au-dessus de la mer; devant nous, Monaco baigne dans une lumière éclatante. Un peu plus tard nous embrassons Michel et Mady, qui nous emmènent au port de Menton-Garavan; très amicalement, ils mettent leur voilier à notre disposition.

 

24.10.08 Menton (F). Nous comptons retourner à Lefkas début novembre, en passant par Venise où nous prendrons le ferry pour Igoumenitsa. Mais d'abord nous voulons profiter ici des retrouvailles avec nos amis et nos connaissances. Rinaldo et Marise, rentrés de Kos il y a quelques jours, nous font le récit de leur long périple dans le nord de la Mer Egée: via Chios, Lesbos, Limnos et Samothrace ils sont allés à Thassos; vers le WSW ils ont longé les "doigts" de Chalkidiki pour atteindre plus au sud Skopelos et Alonissos; comme là il y avait de plus en plus de monde ils n'ont pas continué vers Skiathos et le golfe de Pagassitikos, mais ils y ont préféré un agréable séjour sur la petite île calme de Psara. Ces informations très utiles ne nous rassurent guère pour la suite de notre voyage. Comparés à leur expérience des années précédentes, le monde et le nombre de bateaux ont fortement augmenté, également dans cette partie de la Grèce - suite à l'accroissement des charters et des flottilles, ainsi que suite à la hausse des prix en Croatie.

Bien vite nous retrouvons les agréables habitudes de notre hivernage à Menton; bien que certains jours le soleil soit masqué par les nuages, la température est toujours très agréable.

  MENTON Vue du Cap Martin  

La vue, impressionnante, sur les Alpes maritimes nous fascinent toujours - après plus de vingt-cinq ans! Mais les petites choses aussi font de notre séjour une fête: la promenade par le Boulevard de Garavan, la redécouverte continue de la Vieille ville, le bon café du Jardin du café, les retrouvailles avec Patricia - notre professeur - et nos condisciples du cours d'italien, les belles balades dans l'arrière-pays - par un temps magnifique vers Ste-Agnès et le Mont Ours - et le long de la côte, par le sentier du littoral, le tour du Cap Martin par ce beau samedi matin, entre deux jours de pluie ...

 

Menton dans notre Album-photos

 

Venise

 

04.11.08 De Menton (F) à Venise (I). Pendant quinze jours nous avons été les hôtes de Michel et Mady; ajourd'hui nous partons pour Venise. Notre séjour a passé à la vitesse d'un rapide, et les adieux sont toujours durs, même lorsqu'attendent les plus belles destinations. Un très grand merci Mady et Michel pour votre hospitalité et toutes vos attentions, c'était un vrai grand plaisir de séjourner sur votre bateau; merci Marise et Rinaldo, Arlette et Guy, Thérèse et Claude, nous avons savouré les retrouvailles et nous choierons les souvenirs de nos repas si conviviaux ...

 

Orage, ciel d'encre. A 09H30 le taxi vient nous prendre au port; sous un déluge de pluie il nous conduit à la gare de Menton. Le Train Corail pour Milano Centrale a à cause du mauvais temps 15 minutes de retard. Jusqu'à Gênes ce rapide est un vrai omnibus: nous passons le long de la côte, par les ports où nous avons navigué ce printemps, San Rémo, Aregai, Imperia, Alassio - notre premier port italien - Loano, Finale Ligure, Savone, Varazze - notre deuxième halte; agréables souvenirs, temps magnifique alors, tempête tropicale maintenant! Après Gênes et ses docks impressionnants, le train se hâte vers le nord.

A Milan nous devons prendre le train IC pour Venise Santa Lucia: suite au retard nous n'avons que quatre minutes pour changer de quai. 15H05. Hors d'haleine, trop lourdement chargés pour ce sprint, encouragés par le contrôleur, nous nous écroulons sur nos places réservées, alors que se ferment les portières ... suivis d'encore une dizaine de voyageurs haletants! Bien vite, au loin, les contours des Alpes italiennes se profilent bien tristement dans ce ciel noir. La pluie diluvienne ne cesse de tomber et la nuit tombe bien trop tôt. Bergamo, Brescia, Verona, Vicenza, Padova: des noms de lieux qui chantent malgré la noirceur du temps. De Mestre - la ville dortoir et portuaire - à Venise les voies et l'autoroute passent par cette étroite bande qui relie la cité lagunaire au continent.

A 18H15 nous descendons du train, sept heures et demie après notre départ de Menton. L'hôtel simple, mais correctement confortable, que nous avons réservé en ligne, a été choisi pour sa situation: dans une ruelle calme, à 150 m de la gare, proche de la gare des vaporetti Ferrovia sur le Canal Grande.

 

   

Poussés par notre enthousiasme d'être à Venise, nous effectuons sous l'incessante pluie battante notre première promenade de reconnaissance; elle nous mène, par le Ponte D. Scalz, pardessus le Grand Canal - près de notre hôtel -, puis par un dédale de ruelles, de petites places et de petits ponts, vers ce quartier situé entre Canal Grande, Santa Croce et San Polo.

Ici, à en croire notre guide nous devrions trouver de petits restaurants ignorés des touristes. Le premier - Il Refolo, campo S. Giacomo dell'Orio - est fermé mais dans le deuxième que nous avions retenu - la Trattoria al Ponte del Megio, S. Croce - nous mangerons de savoureux piatti tipici Veneziani - e.a. un fegato (foie) alla veneziana , sans prétention.

Quand nous rentrons à notre hôtel nous gardons de notre promenade nocturne non seulement les pieds mouillés - dans une grande partie de l'Italie et de l'Europe du sud il y a des inondations, ainsi que l'annonce le Journal télévisé de la nuit - mais surtout cette impression particulière, empreinte de l'atmosphère mystérieuse de cette magnifique ville que nous allons reconnaître les deux prochains jours, bien qu'un petit incident vienne influer sur notre emploi du temps ...

 

Venise, jour 1. Temps magnifique. Un grand immeuble, prestigieux, bien que, à ce qu'il nous semble, la façade ait besoin de quelques travaux. Sur la porte à double battants, deux plaques en cuivre un peu passé: c'est ici le Studio Dentistico des Dottori Trolese & Zonter. Deuxième étage. Derrière la large porte en bois brun nous découvrons un cabinet de dentiste hypermoderne; nous comptons bien huit assistantes pour les dottori. L'ameublement et l'équipement très fonctionnels et de bon goût nous mettent quelque peu à l'aise. Larges sourires accueillants, mais il nous faudra patienter quelque dix minutes. Entre les patients qui se pressent un des dottori s'occupera d'Eric. Radiographie, diagnostique. Il devra revenir à 13H40: alors, après éloignement de l'ancien plombage, la partie de la dentine qui, hier soir, s'était soudain cassée, sera reconstituée.

 

C'est ainsi que débute notre visite de Venise.

 

   

Mais dans l'attente, il nous reste le temps pour une première grande reconnaissance: le vaporetto 2 nous conduit par le Grand Canal de la station flottante Ferrovia à la Place Saint Marc, une promenade à couper le souffle par les magnifiques palazzi qui ont été édifiés le long de cette artère principale du XIIIe au XVIIIe siècle.

Nous passons sous le célèbre pont du Rialto et nous profitons de la vue admirable; les très nombreuses photos que nous prenons doivent garantir nos souvenirs. En vingt inoubliables minutes ce vaporetto "direct" nous transporte à la Place Saint Marc, cet ensemble architectural exceptionnel qui symbolise la magnificence de cette ville dont le pouvoir fut si considérable.

Par les Giardinetti Reali et la Libreria Vecchia - à gauche - et le Palais de Doges - à droite - nous accédons par la Piazzetta, à la Piazza San Marco. Plutôt que de nous exclamer en superlatifs - après tant d'autres nous ne pourrions faire autrement - nous essayons, silencieux et humbles, de nous laisser envahir par toute cette beauté: la diversité harmonieuse des Procurations et de leurs galeries,

la Tour de l'Horloge, le Campanile - la tour a été reconstruite après son effondrement spontané en 1902 -, mais c'est l'imposante Basilique Saint Marc, couverte de marbre et mosaïques, qui irrésistiblement prend possession de nos regards. Nous nous asseyons sur une des passerelles - prévues en cas de hautes eaux, cette aqua alta, si nefaste et dangereuse pour les trésors de Venise.

 

12H00. Retour vers notre hôtel et ... le dentiste; nous prenons le vaporetto 1: même itinéraire par le Canal Grande, mais la progression est plus lente, ce vaporetto faisant halte à chaque station. Nous pouvons donc regarder plus attentivement les édifices individuels, et admirer le ballet des embarcations de tous types qui naviguent parfois à (trop) vive allure sur le Canal - mais nous ne pourrions nier la très grande dextérité des pilotes venitiens!

 

 

   

14H20. Le dentiste a terminé sans travail, et nous, nous pouvons poursuivre notre découverte.

Retour en vaporetto vers la Piazza San Marco, à chaque fois une nouvelle expérience, une admiration renouvelée. Nous voulons monter au sommet du Campanile: du haut des 98m, gravis en ascenseur, nous aurons - le temps étant clair - une éblouissante vue sur la ville, les édifices, la lagune, les îles, les vastes alentours. Ceci nous semble, avec la découverte en vaporetto - de plus un moyen de se déplacer ici, rationnel et rapide - une façon intéressante, lors d'une visite relativement brève, pour acquérir rapidement repères et vue d'ensemble.

Quand à 16 heures la Tour ferme, il est temps de nous promener vers l'est, à la recherche d'un beau coucher de soleil, en longeant le large Canale San Marco, passé le Pont des Soupirs. Hélas actuellement le célèbre pont est enveloppé dans un décor de restauration à l'effigie de Lancia, le sponsor. De très nombreux travaux de restauration sont maintenant co-financé par des marques prestigieuses et des grandes sociétés, qui rendent leur sponsoring public par des décors géants.

 

En vaporetto 1 nous retournons vers le Grand Canal afin de visiter au départ de la station Salute l'église Santa Mariadella Salute. Cette église est un chef d'oeuvre de style baroque, édifié en reconnaissance pour la fin de l'épidémie de peste de 1630; la construction ne fut terminée qu'en 1687. Les fondations reposent sur 1.106.657 pilotis en chêne, en bois d'aune et de mélèze. Dans la sacristie nous admirons Les Noces de Cana, du Tintoret; au plafond, trois magnifiques peintures de Titien, Caïn et Abel, Le Sacrifice d' Abraham et David et Goliath, et, proche de l'autel, quelques belles oeuvres de jeunesse. Empruntant à nouveau le vaporetto 1 nous retournons vers la Place Saint Marc d'où nous gagnons le pont du Rialto en passant par des petites rues bordées de boutiques exclusives; après avoir traversé le pont nous regagnons notre hôtel en passant par le quartiers de San Polo et de Santa Croce. Ces promenades par un labyrinthe de petites ruelles étroites sont pour nous une expérience unique dans cette ville sans voitures. au souper nous découvrirons un plat bien typique, le seppie alla nero con polenta ou all'inchiostro (seiches à l'encre).

 

Venetië, jour 2. Avec le vaporetto 62 nous allons de la station Ferrovia au Lido, la station balnéaire de Venise: pour rejoindre cette île dans la lagune nous allons effectuer un vrai girocitta qui nous montrera les autres visages de Venise: notre vaporetto suit d'abord le Canale di Cannaregio longeant le quartier du même nom pour atteindre le nord de la ville. Par le Canale delle Fondamente nous poursuivons alors en direction sud-est; sur la rive, de nombreux petits chantiers, des petits

   

ports, puis c'est l'hôpital, et en face, sur l'autre rive du canal, l'île verte et belle de San Michele - le cimetière -, sans aucun doute à découvrir lors d'une prochaine visite; puis nous voyons apparaître la Darsena Grande -un ancien bassin - et derrière, l'Arsenal où naît une autre Venise, neuve, axée sur la recherche scientifique; plus vers le sud, c'est alors San Pietro di Castello, sur l'île du même nom. Notre vaporetto traverse maintenant la Laguna Veneta, se dirigeant vers l'île longiforme du Lido.

De la Piazzale S. Maria Elisabetta, où nous débarquons, nous traversons d'un bon pas l'étroite île, empruntant le Gran viale du même nom, vers la plage près de la Piazzale Bucintoro. Matinée empreinte d'atmosphère d'automne, après l'orage de cette nuit.

Sur la plage, à la terrasse de ce café qui tient à rappeler la Mostra, encore désert à cette heure, nous savourons un délicieux cappuccino, dans la pâle chaleur d'un soleil hésitant.

 

Derrière nous, à droite, dans son beau grand jardin, le majestueux Hôtel des Bains, immortalisé par un chef-d'oeuvre de Luchino Visconti, Mort à Venise.

 

Le vaporetto nous reconduit en fin de matinée vers Venise et la station Piazzale Roma, à l'ouest de Ferrovia. Nous naviguons par le Canale di San Marco et le Canale della Giudecca - entre l'île du même nom et la ville -, ce qui nous permet de découvrir tout le côté sud de Venise.

 

De la Piazzale Roma nous passons par le Giardino Papadopoli, un petit parc agréable, oasis de verdure dans une ville où la nature est une exception luxueuse. Nous allons vers le Ghetto juif et Cannaregio. Par le Ponte d. Guglie nous arrivons à la synagogue et après la Calle del Ghetto Vecchio nous débouchons sur le Campo del Ghetto Nuovo - non loin du Museo Ebraico. Plus au nord, nous rejoignons l'église Sant'Alvisio; celle-ci date de 1388, nous voulons la visiter pour e.a. trois oeuvres de Tiepolo, de la Montée au Calvaire, le Couronnement d'épines, et la Flagellation, impressionnantes rencontres artistiques, dialogue intérieur avec des chef-d'oeuvre. Retour vers Cannaregio, où, sur la terrasse de l'Ostaria da Riobale, long du canal, nous dégustons un tardif mais léger repas. Pour le dessert nous voulons rejoindre la Gelateria Causin, dans le quartier de l'université, mais une déception nous y attend: les glaces n'y sont (plus?) "fait maison"; alors, contre

   

fortune bon coeur, une simple glace artisanale (sans gluten!) fera l'affaire, nous la trouverons dans une petite crémerie près de la Chiesa Santa Maria dei Carmini dont la sobre façade est de style Renaissance - jouxtant la Scuola grande del Carmini -, où nous admirons une Adoration des Bergers, chef-d'oeuvre de Cina da Conegliano.

En vaporetto nous retournons à la Piazza San Marco où le fameux Café Florian datant de 1720 - le lieu de rendez-vous de tant d'artistes célèbres d'alors - nous attire. Le cappuccino et le chocolat chaud qui nous sont servis participent pleinement au décor respectable; nous voulons en élever la consommation à un niveau digne du décor respectable! Après un dernier regard sur la place Saint Marc, nous retournons en direction de notre hôtel en passant par des rues et des places bien animées.

L'agréable Osteria Mocenigo à la Saizzada San Stae - quelque peu désertée à cette heure tardive ce soir de novembre, nous sert un repas composé d'un petit antipasti de poisson, d'une friture de

poissons et de délicieuses et tendres côtelettes d'agneau, toutes ces bonnes choses arrosées d'un charmant petit vin blanc bien frais. Lors du retour les préoccupations de la traversée vers Igoumenitsa se mélangent aux images de notre brève visite à cette ville d'un charme particulièrement ensorcelant ...

 

Venise dans notre Album-photos

 

 

Retour en Grèce

 

07-08.11.08 De Venise (I) à Igoumenitsa et Lefkas (GR).

La navette des Minoan lines nous mène vers 11 heures de la gare routière de la Piazzale Roma vers le port, difficilement accessible. Après avoir retiré nos billets, réservés en ligne, nous devons patienter pour pouvoir embarquer. Lorsque vers 12H30 nous pouvons monter à bord nous passons à l'heure grecque: ainsi le bateau ne partira pas à 14 heures mais à 15 heures.

 

   

Le Barcelona Express a pris son pilote à bord, et escorté par le Neptun, le remorqueur qui veillera sur l'arrière du navire, le grand ferry commence sa lente progression par le Canale della Giudecca et le Canale di San Marco en direction de la Mer Adriatique, une navigation lente, pleine de retenue, majestueuse, qui se veut digne de l'histoire de Venise. A une moyenne de quatre noeuds le mastodonte s'avance le long de rives où des trésors vulnérables subissent les blessures d'un trafic nautique intense et incessant; taxis, vaporetti, grand bateaux, petit bateaux, tous, ils ont dessiné le visage de Venise et ils continuent ajourd'hui aussi, à rappeler à la ville sa vocation et son passé immense.

Mais Venise souffre, malgré les soins présents, gigantesques mais tardifs ... ce joyau menace de disparaître sous les coups de massue de la violence environnante, la pollution, les conséquences climatiques, l'industrialisation, la pression humaine.

Le pilote quitte le ferry à la hauteur de la dernière, nouvelle, discutable et controversée, protection de Venise: le barrage hydrolique en construction du projet MoSe.

17H00. A sa vitesse de croisière le ferry qui a mis le cap en direction de la Grèce entre dans la nuit alors que l'horizon au-dessus de la ligne de côte se colore de rose.

 

08.11.08 11H00 La côte albanaise est à quelques bons milles sur bâbord, lorsque nous reconnaissons devant nous, sur tribord, la première île grecque d'Othonoi; plus loin, devant, c'est Corfou.

12H30. Igoumenitsa. Le nouveau port des ferrys est fort loin de la ville. Le chauffeur de taxi nous propose de nous conduire, nous et notre voisine de marina, Anglaise, à conduire, à Lefkas pour a good price.

Une bonne heure plus tard, après une course à tombeau ouvert le long de la côte, nous arrivons à la Lefkas Marina. Encore quelques minutes et nous remontons à bord de notre bateau...

 

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La Grèce ... quelques faits et dates!

 

La Grèce est une démocratie parlementaire democratie (constitution 1975), membre de l'Union Européenne, et elle s'affirme les dernières années en tant que pays balcanique.

Le pays compte un territoire continental, une péninsule – le Péloponnèse  - et d'un très grand nombre d'îles. Le Grèce connaît aussi bien un climat méditerranéen (tempéré) qu'un climat continental avec des hivers froids. La Grèce est encore un pays d'agriculturre (fortement subventionnée) comptant une multitude de petites exploitations souvent peu rentables. L'olivier (fruit et huile), le blé et le vin, les agrumes, mais aussi le tabac - le coton, non-rentable! - constituent les cultures principales. 

La Grèce compte 11 millions d'habitants – dont 2 millions de non-Grecs:  les principales villes sont Athènes, et sa ville portuaire le Pirée, (1/3 du total de la populations habite la région!) et Salonique (Thessaloniki).

Le pays tire une large part de ses ressources du tourisme et de la flotte. La Grèce connaît de grandes difficultés socio-économiques; la dette publique est très importante (2009: 120,8%, déficit 12,5%). L'enseignement, la santé, le chômage (e.a. très important parmi les jeunes) sont - toujours - de gros problèmes. La Grèce maintes foisa a reçu une réprimande et a été condamnée par les instances européennes (Commission et juridictions) pour n'avoir pas respecté les directives européennes et pour l'état désastreux de ses finances publiques. Selon les secteurs l'économie parallèle se situe entre 5 et 50 % - parfois plus!

Le "traumatisme grecque" est sans aucun doute la domination turque qui a duré quatre siècles, et qui jusqu'à aujourd'hui a laissé ses traces dans l'administration de l'Etat. Bien que la Grèce soit un état relativement jeune – symboliquement, le 25 mars 1821 marque le début du combat pour l'indépendance - l'histoire de la “Grèce” est la plus ancienne de l'Europe:

Un aperçu chronologique (e.a.basé sur les données du Petit Larousse, o.c.):

à partir du 7e millénaire apparition des premiers établissements sur le territoire
- 3e et 2d millénaire a.C.: développement de l'art Cycladique
- 2d millénaire a.C. établissement des Achéens
- 2000 - 1500 a.C. apogée de la civilisation crétoise minoenne (Knossos, Phaistos)
- 1600 a.C. déloppement de la culture mycénienne et apparition de petits royaumes (e.a. Mycène)
XII - VIII a.C.: invasions doriennes et établissements (“l'âge de fer”), expulsion des habitants continentale bewoners vers les côtes d'Asie Mineure
-  VIII -VI a.C.: l'époque des Tyrans dans les cités (a.l.d. rois),  poursuite de la colonisation en Asie Mineure.
776 v. C.: premiers Jeux Olympiques
à partir du VIIe siècle a.C. construction de grands édifices religieux, apparition de l'art statuaire, de la céramique, de la peinture de vase.
VIe – première moitié du IVe a.C.: la période classique (les Guerres Médiques: les Perses sont chassés d'Asie Mineure, siècle de Péricles – construction du Parthénon, les Guerres du Péloponnèse entre Sparte et Athènes, victoire de Sparte, ensuite vaincue par Thèbe)
2e moitié du IVe – 1e moitié du IIe a.C.: la période hellénistique ( Philippe II de Macédoine, Alexandre le Grand – annexion de la Perse; à partir du IIe siècle la Grèce jouit d'une certaine indépendance sous domination romaine.
- 146 a.C.: la coalition des cités grecques est vaincue par Rome (Corinthe est détruite) et la Grèce devient une province romaine  
- Ier eeuw a.C. – IV ap.C.: la Grèce est une partie de l'Empire romain, influence grecque sur la culture romaine
330 ap.C.: fondation de Constantinople
395 ap.C.: partage de l'Empire romain en une partie occidentale et une partie orientale; la Grèce fait partie de l'Empire romain d'Orient
VIe -VIIe siècle ap.C.: dans l'Empire byzantin le grec devient la langue officielle, des peuplades slaves s'installent dans des régions de la Grèce continentale, les anciens habitants se retirent vers les côtes et les îles
-  Xe - XIe eeuw: invasions bulgares
1204: 4e croisadekruistocht, création de l'Empire de Constantinople
XIV - XVe eeuw : luttes entre Venise, Gênes et la Catalogne afin de prendre possession de la Grèce;
- 1456: la Grèce devient une partie de l'Empire Ottoman (après l'occupation de la Thrace, de la Thessalie et de la Macédoine, conquête d'Athènes et du Péloponnèse)
2e moitié du XVe – 1re moitié du XIXe : occupation ottomane bezetting; à partir du XVIIIe siècle naissance d'une conscience nationale grecque; la Grèce jouit en Occident d'une sympathie philhélénique.

1821: début de l'insurrection; le 25 mars 1821 l'évêque de Patras hisse le drapeau grecque au monastère d' Agia Lavra sur le Péloponnèse; la guerre de libération durera 9 ans jusqu'à la libération d'une petite partie de la Grèce.
1822: proclamation de l'indépendance; cruelle réaction turque (e.a. sur l'île de Chios)
1830: le traité de Londres stipule la création d'un état grec indépendant, sous la protection de la Grande-Bretagne, de la France et de la Russie
1832 – 1913: la Grèce connaît une période mouvementée sous divers rois, la Grande-Bretagne, surtout, fait valoir son influence.
1864  les îles Ioniennes sont jointes à la Grèce
1912 – 1913: après les guerres des Balkans la Grèce obtient des grandes parties de la Macédoine et de l'Epire, et des îles parmi lesquelles la Crète. 
1914-1918: première guerre mondiale, la Grèce se divise en alliances opposées
1921-1922: guerre gréco-turque, la Grèce est battue 1923: perte de la Trace orientale et d'Izmir, à la Turquie
1924: proclamation de la république; entre 1924 et 1935: pérode d'anarchie et de coups d'état
1936: dictature de Metaxas
1940-1944: deuxièmen guerre mondiale, occupation italienne puis allemande; fort mouvements de résistance
1946-1949: guerre civile, défaite des insurgés communistes; 1947: Paul Ier est roi  
1952: la Grèce devient membre de l'OTAN
1964: Constantin Ier est roi
1965: la crise de Chypre mène à une crise interne
1967: dictature sous le régime des colonels, le roi part en exil.  
1973: proclamation de la république
1974: fin du régime des colonels
1980: Konstantinos Karamanlis ( ND) est président
1981: Andhreas Papandhreou (PASOK) est premier ministre, le Grèce fait partie de la CEE
1989: les gouvernements (de coalition) se succèdent
1992: la Grèce affirme de plus en plus l'hellénisme; refus d'un état de Macédoine indépendant
1993 – 2009: lutte lors des élections successives entre le PASOK et la Nea Demokratia (ND) - 1993, 1996, 2000; victoires du PASOK; 2004 et 2008 victoires de la ND: Kostas Karamanlis est premier ministre ; 2005: Karolos Papoulias (PASOK) est president de la van de Republique )

2009-2011: Lors des élections du 4 octobre 2009 la Nea Demokratia, le parti de Kostas Karamanlis, premier ministre démissionnaire, connaît une très sérieuse défaite. Le grand vainqueur est George Papandreou qui avec le PASOK remporte la majorité absolue. Bien vite la Grèce avec son immense dette publique se trouve dans la ligne de mire des marchés; les taux d'intérêt pour les emprunts atteignent des sommets. Le FMI et l'Europe sont contraints de voler au secours de la Grèce. Un plan d'austérité draconien est élaboré. Sur la crise de la dette voir http://en.wikipedia.org/wiki/Economy_of_Greece ( article en anglais) et le rapport suivant du Parlement Européen: http://www.europarl.europa.eu/document/activities/cont/201006/20100610ATT75776/20100610ATT75776EN.pdf. .

Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien http://fr.wikipedia.org/wiki/Grèce

Bon à savoir …

- les prix en Grèce - voir aussi page "Kortom (9)" : fruits et légumes ( xcellentes oranges du pays!) coûtent environ la moitié (parfois un tiers) du prix des orandes en Belgique, le prix des produits habituels en supermarché – souvent les mêmes marques - sont plus ou moins pareils, parfois un peu plus chers; un repas au restaurant est en moyenne entre 40% et 25% moins cher (compter pour un hors d'oeuvre 3 à 4 euros, pour une salade entre 5 et 8 euros, pour un plat de viande entre 7 et 12 - même 14 - euros; un demi-litre de vin coûte entre 3 et 4 euros, une bouteille d'eau de 1,5 l, 1 à 1,5 euros, le couvert et le pain de 0,5 à 1 euro)

Les prix nous semblent parfois très variables et modifiables en fonction du ... touriste. L'exemple suivant en est une illustration: en 2007 une "lessive-machine+sèche-linge+linge plié" coûtait 7 euros , en 2009, sans autre prestation, 15 euros ... Kaat se renseigne dans une laverie à Lefkada, pour une prestation identique et une même quantité de linge: il lui faudra payer également 15 euros, le lendemain une amie se renseigne auprès de la même laverie: 12 euros pour la même prestation!

- heures d'ouverture commerces: lundi, mercredi & samedi: 07H30/08H00-14H00/14H30; mardi, jeudi & vendredi: 07H30/08H00-1400/14H30 et 18H00-21H00/21H30

- le temps: hivers assez froids et humides, vent du sud dominant - plus de précipitations sur le versant Ionien -, neige en montagne, étés chauds, vents de secteur nord dominants

- l'Administration est très bureaucratique -  l'engagement à la tâche des fonctionnaires est parfis très faible -  mais les contrôles sont fort déficients, de sorte que la réalité paraît bien paradoxale et contradictoire: l'arsenal reglementaire fort compliqué est largement ignoré!

- trafic et circulation: une étude britannique récente a conclu qu'en Grèce il y a cinq fois plus de morts sur la route qu'en Grande-Bretagne (Guide du Routard, Grèce continentale, o.c. p. 58); les Grecs ne respectent que peu le code de la route, particulièrement pour garer la voiture et en ce qui concerne les limitations de vitesse, mais la peur des amendes élevés (lors des rares contrôles) est bien présente.

- corruption: dans la liste 2009 de 180 pays la Grèce occupe la 71e place avec un Indice de Perception de la corruption (CPI) de 3.8, ex aequo avec la Bulgarie, la FYR de Macédoine et la Roumanie; la Nouvelle Zélande occupe la première place (9.4), le Danemark la 2e (9.3), puis viennent (3) Singapour (9.2), (4) la Suède (9.2), (5) la Suisse (9.0), (6) ex aequo les Pays-Bas et la Finlande (8.9), (14) l'Allemagne (8.0), (17) le Royaume-Unis (7.7), (19) les Etats-Unis (7.5), (21) la Belgique (7.1), (24) la France (6.9), (32) l'Espagne (6.1), (63) l'Italie (4.3), (180) la Somalie (1.1) ( source: Tranparency International, www.transparency.org )

- en ce qui concerne les policiers, mal payés comme tous les fonctionnaires, voici un extrait bien révélateur tiré du Guide du Routard: « Plaisanciers: gare à la complicité des policiers et du pompiste: ce dernier laisse parfois échapper quelques litres dans la marina, ce qui peut vous occasionner une amende pour pollution! » (Guide du Routard, Grèce continentale, o.c. p. 47; et Iles grecques et Athènes, p.46)

- Enfumés … le Grèce est en première place sur la liste du nombre de fumeurs dans les pays européens: 48,2% de la population de plus de 15 ans fume; au Royaume -Unis 28,4%, 27,1% en France, 26,7% en Allemagne, 22,4% en Italie (source: OMS, in: Le  Nouvel Observateur, nr 2306, 15-21.01.09, p. 31); la nouvelle loi anti-tabac (1 juillet 2009) nést pratiquement pas observée; le nouveau gouvernement annonce vouloir adapter cette loi peu claire et vouloir organiser les contrôles. La Grèce est toujours un paradis pour le fumeurs et un enfer pour les non-fumeurs, malgré les dernières dispositions légales de 2010!

- La qualité de l'enseignement est un un problème permanent, cést pourquoi e.a. les ménages grecs dépensent des sommes importantes à des cours particuliers: “ Greek households spend half a billion euros each year on private language tuition fees .’’ ( in Athens News, 20 Feb.2009, p.9)

- D'une étude récente effectuée par Insites Consulting en collaboration avec le Interactive Advertising Bureau grec (IAB) il apparaît que, alors que seulement 49% des Grecs sont des utilisateurs de la Toile, "l'utilisateur grec plus que l'utilisateur Européen moyen de la Toile aime être en ligne". De tous les utilisateurs grecs, 66% se connectent quotidiennement (53%, moyenne européenne-m.e.)); 24% reste quotidiennement plus d'une heure en ligne (17% m.e.); 37% est diposé à communiquer ses identifiants personnels à des annonceurs ( 26% m.e.); 63% a un net profile auprès de Facebook, Twitter, MySpace ou LinkedIn (45% m.e.); 33% met quotidiennement son profil à jour (15% m. E.); 19% dispose d'une connection mobile (15% m.e.); 54% consulte quotidiennement sa messagerie (37% m.e.). Selon Haris Rougas de IAB Hellas, ces résultats sont à mettre en rapport avec la psychologie grecque: les Grecs sont très sociables et il apparaît qu'ils ont tranforméleurs dispositions communicatives " offline " en " dispositions communicatives online " : [...] Greeks are proving the most socially active and inovative. Our inherent character of Greeks is to be very curious and we love to try out new devices." (in: Athens News, 13-19 novembre 2009, p.25)

- Forte d'une pénétration de marché de 123% l'utilisation du portable est parmi les plus élevées dans le monde ... (in: Athens News, 13-19 novembre 2009, p.25)

- Selon une étude de l'Institut NIELSEN la Grèce est le deuxième pays le plus sensible aux marques dans le monde, après Hongkong et suivi par l'India ... (cité dans le magazine Marie-Claire (F), novembre 2009, p.29; The Nielsen Company USA - Nielsen France- , www.nielsen.com

Notre opinion …

Bien que nous syons très critiques envers les développements en Grèce, nous sommes toujours très charmés par ce qui rend ce pays malgré tout exceptionnel: l'évidente hospitalité et l'amabilité ( si, encore ... ) dès que l'on a réussi à outrepasser l'apparence, distante, rude et bourrue parfois, arrogante aussi .
Et, la musique que nous avons toujours appréciée - et dont nous nous commençons à découvrir les nouvelles formes - contribue sans aucun doute au charme de ce beau pays ...

Cliquez pour quelques détails pratiques mentionnés dans Kortom, 4.9.1

Cliquez ici pour la suite: 4. La Grèce: 1.2. Hiverner à Lefkas, découvertes et redécouvertes. Pf 5.2

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