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Nos pages en français (6).

  From NIEUWPOORT to HORTO

4. La Grèce 2. le but de notre voyage: vers Hortó

et la Mer Egée, puis le retour à Lefkas, 2009.

 

 

Aperçu et informations concernant les ports.

 

 

From Lefkas to Horto  

Planning 2009. Départ de LEFKAS début mai - Ithaka - Mesolongi - Patras - N.Trizonia - Galaxidi / Itea - Korinthos - passage du canal - Aegina - Cap Sounion - Olympic Marina / Lavrion - N. Petali - Voufalo - Chalkis - passage du pont de Chalkis (de nuit) - Limni - canal d'Orei - (a) - (b) / (b) - (a) [ suivez le trait continu rouge sur la carte ] (a.) Pagasitikos Kolpos (golfe de Volos) - Horto [39°11'20N 023°12'70E!] (b.) N. Skiatos - N. Alonisos -N. Skopelos (finalement nous déciderons de ne pas aller dans le Sporades du Nord); départ de HORTO vers Lefkas Marina: fin août.

 

==> Utilisez les cartes GNTO- www.visitgreece.gr/ pour situer

 

 

La Mer intérieure et le golfe de Patras

 

07.05.09: Lefkada > Vathi (Ithaka), 30nm, 10H15-16H15.

Départ à 10H15 de Lefkas Marina pour un long périple d'été qui doit nous mener à Hortó, le but de notre projet. Wil et Jeanine du Windswept, que nous avons revus depuis leur retour en Grèce, veulent aller voir des amis à Limni, sur la côte NW de l'île d'Eubée. Nous ferons la majeure partie du voyage ensemble, chaque bateau - le leur est un 40 pieds - à son propre rythme, chaque équipage selon ses propres choix. Néanmoins le fait de faire route ensemble est un élément non-négligeable de sécurité ... et de plaisir!

 

   

De Meganisi jusqu'à Vathy, nous faisons une belle navigation à la voile.

A l'approche d'Ithaque le vent forcit. Comme notre pilote l'indique, la navigation le long de la côte NE de l'île est assez venteuse. Nous évitons les rafales les plus fortes en ne naviguant pas trop près. Vathy est situé au fond d'un petit golfe assez étroit mais profond: le Kolpos Aetou. Les hauts flancs de montagne qui entourent le golfe et la baie de Vathy sont a l'origine de vents catabatiques parfois violents, particulièrement sur le versant nord.

Le petit port est encore bien calme en ce début du mois de mai. Nul trace de l'hyper-animation estivale. Des travaux de voirie lui donnent un aspect poussiéreux. De nombreux établissements et commerces sont encore fermés: comme souvent en Grèce les habitants peinent à se remettre au travail après de long mois de quasi inactivité.

Lorsque nous cherchons un petit restaurant loin du quai et de sa poussière, rares seront ceux qui tenteront de nous attirer à l'une de leurs tables. Encore que ...

 

 

Nous serons les seuls étrangers dans la petite taverne que nous découvrirons au fond d'une ruelle. Le repas sera agréablement servi par la patronne, elle nous offrira un petit dessert - ce qu'elle n'aurait sans doute pas fait ni en saison, ni en arrière-saison ... fortune étant faite, alors!

 

08.05.09: Vathi > Messolonghi, 38NM, 08H30-16H15.

Le vent étant trop faible pour espérer de faire la traversée vers Messolonghi à la voile, c'est au moteur que nous parcourons les trente milles. Nous avons bien préparé notre arrivée. La lagune de Messolonghi s'étale sur plus de 16 milles, du cap Skrofa - Akra Skrofa -, à l'est de l'île d'Oxeia - Nisos Oxeia -, jusqu'au cap Evinos - Akra Evinos - à l'est de Messolonghi. Un chenal d'accès, long de 2,5MN traverse les hauts-fonds. Il est marqué de balises tribord (verte) et bâbord (rouge), qui dans la violente lumière du soleil et l'étendue bleue se repèrent mal. Nous avons marqué notre cap d'approche d'un point de route mais ici, encore moins qu'ailleurs, nous ne nous fions pas trop ni à notre position GPS ni à notre carte électronique . L'avenir nous donnera raison!

 

   

Le port qui est situé dans un grand plan d'eau ne connaît pas de trafic intense: le seuls gros bateaux sont les vraquiers qui, irrégulièrement viennent charger le sel transporté par camion de la saline toute proche.

Dans la partie ouest du plan d'eau une marina inachevée se meurt. Mais il y a peut-être un espoir ... Un groupement d'intérêts gréco-néerlandais reprendrait les travaux d'aménagement, bien décidé - cette fois - de réaliser une nouvelle marina en Grèce (www.messolonghimarina.com). Mais si, à première vue, l'arrivée dans cette poussiéreuse marina de Messolonghi est - encore - bien décevante, la petite ville, éloignée de 15 minutes à pied, est très animée et plaisante.

Comme nous avons l'agréable surprise de croiser ici Guy Toussein - notre maître-voilier passé ès arts dans la confection de magnifiques tauds et capotes, et son équipage, en route vers l'Italie, nous prolongeons notre escale d'un jour. Ceci nous permet également de visiter e.a. le charmant petit musée Diexodos où une exposition est consacrée à la lutte et la sortie héroïque mais désespérée lors du siège de la ville par les Turcs (1822-1826) et de profiter de quelques agréables terrasses et restaurants que la ville compte après avoir flâné dans les rues de la zone piétonnière.

 

 

Le golfe de Corinthe et le canal

 

10.05.09: Messolonghi > Nafpaktos / N. Trizonia, 25 + 11NM, 08H30-17H00.

Nous faisons route vers le pont de Rion-Andirion, au moteur car il n'y a pas de vent. A l'approche du pont nous appelons sur le can.VHF 14 pour recevoir les instructions de passage: nous devrons passer le pont par le sud, entre les piliers M1 et M2. A 12H40 nous passons sous cette imposante et récente construction. Sur tribord nous avons une très belle vue sur la côte du Péloponnèse, dont les plus hauts sommets ainsi que sur ceux du continent sont encore couverts de neige. Après le passage du pont nous avons mis le cap sur Nafpaktos, célèbre par la bataille de Lépante en 1571 - nom donné à Nafpaktos par les Vénitiens -, qui marqua l'arrêt de la progression turque vers l'ouest. Le vent est NNE et monte jusqu'à 20nds [ ap.]. 13H50.Nafpaktos.

 

     

 

Le petit port en ovale, tout à fait charmant, est partiellement ensablé au pied de la côté tour - vénitienne - ouest, le reste est encombré de petites barques. Nous avons tout préparé pour une hypothétique escale car il y a très peu de place pour manoeuvrer. En ce moment aucun voilier n'est amarré. La seule possibilité serait de nous amarrer près de l'escalier central, mais nous ne sommes pas convaincu. Le port qui ne nous semble pas très sûr, certainement peu abrité par vent du sud, pourrait rapidement devenir intenable par gros temps. Bon à savoir, pensons-nous, et satisfait de cette brève reconnaissance nous décidons de continuer jusqu'à la petite île de Trizonia, 13 MN plus à l'est. Pour atteindre Trizonia il nous faut tirer de bords mais nous abandonnons assez rapidement notre tentative par manque de progression, le vent étant très irrégulier. Au près serré Nehalinnia est loin d'être un foudre de guerre; nous ne réussissons donc pas à remonter suffisamment en direction de la côte nord du golfe de Corinthe - Korinthos kolpos. C'est donc en louvoyant, à la voile et au moteur, que nous poursuivons notre route.

 

A l'approche de N.Trizonia nous verrons notre scepticisme vis-à-vis de la navigation électronique conforté pour la seconde fois aujourd'hui. Arrivés à notre point de route devant le cap Kochyla au NW de Trizonia et nous engageant dans l'étroit passage entre le continent et l'île, large d'un tiers de mille, nous nous voyons naviguer ... sur la terre ferme, contournant déjà le petit bourg de Glyfada par le nord et empruntant à coup sûr une future route asphaltée financée par l'Union Européenne!. A Nafpaktos grande fut notre su 8-sep-15 locher de l'église d'Agios Georgios ...

 

17H00. Nous amarrons dans le port de N.Trizonia. Il y a eu une tentative d'aménager une marina dans le nord de la profonde baie de Mesa Limani, bien protégée et située sur la côte est de l'île, mais ni l'achèvement, ni l'exploitation n'ont suivi. Le gros oeuvre - les quais en béton et la jetée - sont déjà sérieusement délabrés, le béton est en mauvais état. Les quelques aménagements et points d'eau ( nous en comptons deux, dont un cadenassé ) sont détériores. Les emplacement sont occupés par quelques incrustés, dont les bateaux sont vieillissants, certains déjà en triste état. Un imposant deux-mât gît au fond du bassin, les superstructures au raz de l'eau. Quelques voiliers sont amarrés sur des pendilles improvisées. Il y a également quelques voiliers de passage. Ce pourrait être tout le contraire: un bel endroit, une marina correctement exploitée. Mais comme dans la plupart des cas en Grèce, c'est le gâchis: l'argent des subventions européennes détourné, dilapidé. Les environs immédiats du port de cette petite île pourtant charmante sont tout aussi désolants. Sur le versant nord-est de l'île, de l'autre côté de ce bout de terre qui forme une petite presqu'île, quelques tavernes et un tout mini-market se serrent autour de l'ancien petit port de pêche. Un des bars-tavernes offre le service internet. Au restaurant où nous irons ce soir on nous propose de nous approvisionner en eau et d'utiliser le tuyau d'arrosage pour la douche, le petit hôtel qui en saison propose des douches, étant encore fermé.

 

Mais il fait beau et malgré la désolation certaine du port, le printemps s'affirme, la température est agréable.

 

11.05.09: N. Trizonia.

 

   

De commun accord avec Wil et Jeanine nous décidons de rester un jour de plus sur l'île de Trizonia.

Au cours de la matinée, après une rapide mise à jour de notre site et quelques petits travaux d'entretien nous passons à la mini-superette pour deux ou trois achats.

Lors de notre promenade vers la pointe sud-est de l'île nous passons en contrebas du Lizzy's yacht club, qui après 15 ans de bons services aux plaisanciers est fermé et mis en vente après le décès d' Alisson Fraser. Le long du chemin, où nous voyons poindre quelques traces de projets immobiliers futurs ou hypothétiques, des tapis de fleurs de toutes les couleurs nous incitent à ignorer les détritus et le délabrement. Kaat ne résiste pas à l'envie de cueillir quelques fleurs sauvages. Avant notre départ de Lefkas, on nous avait vanté la beauté de cette île au printemps ... indéniablement vrai, charmante, dommage que ...

Au cours de l'après-midi les passages nuageux se font un peu plus nombreux; il fait plus chaud.

 

 

12.05.09: N. Trizonia > Galaxidi, 20,7 NM, 08H30-12H45.

Nous avons prévu deux points de route pour rejoindre Galaxidi - le premier au cap Psaromyta et le second au cap Andromachi - puis ce sera l'entrée dans le

   

golfe Krissaios. Dans l'ouest du golfe il y a Galaxidi, puis à trois milles plus au nord, Itea.

Nous allons à Galaxidi, qui, malgré sa réputation de lieu quelque peu sophistiqué et plus cher, est nettement plus charmant qu'Itea, plus grand et relativement monotone, avec son port relativement neuf, dont les équipements sont en éternel état de non-fonctionnement!

Il y a ici de nombreux hauts-fonds et des îlots que nous devons éviter soigneusement. Notre position GPS sur la carte électronique n'est pas correcte et maintes fois nous voyons notre trace sur la terre ferme- tout comme avant-hier à notre arrivée à Trizonia. un grand carré gris-blanc - peint d'un dauphin de l'autre côté, marque le cap.

Le quai de Galaxidi vient d'être achevé et équipé de points d'eau et de courant (5,- euro/jour) et tout le village est bien tenu, aussi décidons-nous de prolonger d'un jour notre escale.

 

L'orage, qui l'après-midi se faisait très menaçant, s'éloigne alors que nous cherchons vainement une autorité capable de nous délivrer un certificat de résidence temporaire en Grèce: Kaat vient à nouveau d'être pressentie en tant que présidente d'un bureau de vote lors des élections du 7 juin. Avec Jeanine et Wil du Windswept - nous faisons le même itinéraire depuis Lefkas et allons fréquemment souper ensemble - nous savourons la cuisine du To Barco tis Maritsas - un restaurant style rétro, sur le quai, vivement conseillé par notre Guide du Routard. Après le traditionnel tsaziki et les salades rafraîchissantes, le poisson, assez cher - une fois n'est pas coutume - est délicieux, arrosé d'un petit vin de pays, blanc et bien frais. Le dessert nous est offert, copieux et agréablement varié, est une belle surprise!

 

13.05.09: Galaxidi.

 

   

Beau temps agréable. Le gazole est livré par mini-camion citerne. Puis nous repartons à la recherche de la police. Comme le bureau, pourtant sensé être ouvert le matin, est fermé, nous nous rendons à la mairie, le dimos. Ce sera une expérience très instructive: de près nous vivrons (encore) un exemple du manque d'efficacité de la bureaucratie grecque. Par cinq fois nous expliquerons notre problème, mais, finalement, grâce au concours d'une jeune femme quelque peu anglophone - la seule fonctionnaire que nous ayons vu s'activer dans cette petite mairie bien peuplée, nous réussissons à obtenir les attestations qu'Eric avait préétablies, dûment signées par l'antidimarchos - et surtout bien estampillées! Que l'on veuille en plus les envoyer par télécopie à la mairie de Nieuport complète notre victoire!

Le calme sur le quai est hélas définitivement rompu par l'arrivée d'une flottille, bruyante, de 17 (!) voiliers de Sailing Holidays, en début d'après-midi... Kaat réussit à dénicher des douches tonifiantes dans le petit hôtel Poseidon - d'une vétusté qui rappelle nos premiers voyages en Grèce, il y a plus de trente ans (4,-euro p.p.)!

 

 

14.05.09: Galaxidi > Korinthos, 37,4 NM, 06H45-14H30.

 

   

Une navigation, un peu plus longue, au cap 135°, nous emmène vers l'est du golfe de Corinthe, là où celui-ci devient la baie du même nom: un peu au nord de la ville se situe l'accès au canal qui mène vers le golfe Saronique et la mer Egée.

A 14H30 - alors qu'un vent assez fort se lève - nous amarrons dans le petit port de Corinthe, devant Windswept, le bateau de Wil et Jeanine, au début du mur tribord. Il y a très peu de place dans ce petit port où il n'y aucune de gestion organisée. La plus grande prudence est requise car des blocs de pierre, de béton, des bouées, de amarres et des pendilles improvisées traînent un peu partout et sont difficiles à discerner. Au milieu du quai sud, qui sépare le port de plaisance et le petit port de pêche - situé plus au fond encore - l'amarrage peut être dangereux pour un voilier avec un tirant d'eau (déjà seulement) moyen, par la présence d'un gros bloc de pierre immergé.

Nous avons téléphoné à Christos du Joanna et en fin d'après-midi il vient nous voir; nos amis danois du Concordia, qui retournent à Barcelone, entrent dans le port vers 16H45.

 

Ce soir nous dînons au restaurant Mediterané [sic], un nouvel établissement très soigné. L'heure de la séparation vient bien vite car demain - tôt espérons-nous - nous passons le Canal de Corinthe.

 

15.05.09: Korinthos > Corinth Canal > N. Aegina, 27,2 NM, 06H45-14H00.

 

   

C'est du port que nous appelons à 07H45 sur le can.11 Corinth canal control; la chance nous sourit car nous pouvons nous présenter sans plus attendre à l 'entrée du canal.

Quand nous passons les jetées les feux sont au vert. Alors, derrière un autre voilier belge et Windswept nous commençons le passage de cet impressionnant canal long de six kilomètres vers le golfe Saronique, alors que le pont routier réapparaît des eaux du canal, afin de rétablir le trafic interrompu.

La largeur du canal n'excède pas 25 mètres ce qui rend les parois dans la pâle lumière du matin encore plus hautes.

Un faible courant nous emporte en 35' vers la sortie à Isthmia où se trouvent la tour de contrôle et le bureau de péage. L'amarrage y est difficile car le quai est haut et par le soubassement ouvert la manoeuvre risque d'être délicate pour notre voilier assez bas. De plus un courant arrière d'un noeud risque encore de compliquer les choses. Nous nous mettrons donc à couple de Windswept.

Le péage va de pair avec une paperasserie déconcertante après présentation de notre Lettre de Pavillon.

Le Canal de Corinthe a la réputation d'être le canal le plus cher du monde - la Grèce ici encore fait honneur à sa réputation d'état à la taxation vorace! Pour notre bateau de 8,50 m nous devons payer 95,20 euro, un bateau de 12 m payera plus de 170 euro!

[ cliquez sur la photo pour démarrer la vidéo, commentaire en néerlandais ]

 

Mais quoi qu'il en soit le passage du canal est plus rapide et plus sûr que le tour très venteux du Péloponnèse, ou est moins risqué ... que le transport de l'embarcation par l'ancien dhiolkos, la route pavée, comme cela se faisait dans l'antiquité!

 

 

Le golfe Saronique

 

Nous avons mis sur notre carte quelques points de route qui marquent notre cap vers la très touristique île d'Egine, par le nord des îles Diapória. Ensuite nous passons entre la très petite île Moládi et celle d'Ypsili un rien plus grande, et longeons la zone d'exercices de sous-marins - mais tout restant bien en dehors. Peu avant 14H nous entrons dans le port d'Egine-ville. Nous nous amarrons tout juste derrière l'entrée, au quai sud, devant le yachtclub, où nous espérons être plus tranquilles qu'au bruyant quai nord, où il y a non seulement les tavernes et restaurants, mais par où passent les voitures. Le week-end amène hélas une flotte de yachts grecs à Egine, de moyenne dimension mais aussi des grands. Une animation quelque peu désagréable règne dans le port et le samedi nous sommes réellement assiégés par des propriétaires de bateau moteur, particulièrement rustres. Nous ne sommes pas les seuls à protester face à l'impolitesse. Lorsqu'une une violente dispute éclate entre congénères, quelques Grecs plus délicats insistent pour que nous ne généralisions pas notre jugement; ils gardent leurs distances vis-à-vis du groupe de barbares et désapprouvent avec force la conduite ... Non seulement nous avons aussi vu des tziganes heureux ... nous avons aussi rencontré des Grecs polis et délicats ... ( le titre pour un nouveau récit filmé de Grèce - le nôtre peut-être? ).

 

   

Nous décidons de rester au moins jusqu'à la fin du week-end à Egine, car, non seulement c'est un endroit agréable et avec Wil et Jeanine nous avons découvert une excellente ouseri - " Tsias " - où nous allons souper, pendant le week-end il vaut mieux ne pas bouger.

Athènes n'est pas loin et de nombreux propriétaires de bateau de cette mégapole invivable fuient la poussière et la chaleur naissante: ils vont vers les îles et les endroits agréables de la région.

Mais il nous faut aussi tenir compte de la météo car les prévisions mettent en garde pour les conséquences d'une petite dépression.

Nous profitons de notre escale pour visiter le site antique et son musée. Des temps néolithiques à Byzance, le site était habité; le petit musée montre de très nombreux témoignages des différentes périodes, principalement les décorations de la poterie illustrent la succession des cultures.

 

 

18.05.09: N. Aegina > Vathy (Chersonisos Methanon, Peloponnisos), 12,3 NM, 09H20-12H15.

 

   

Ballade vers la péninsule volcanique de Chersonisos Methanon sur le Peloponnèse. Quand nous arrivons à Vathy une flottille quitte le petit port, le laissant ainsi pour nous seuls!

Un peu plus tard Windswept entre dans ce petit port de pêche très agréable, le premier endroit depuis notre arrivée en Grèce qui ressemble à ce que nous avions rêvé! En fin d'après-midi encore quatre voiliers (de location) arrivent. Mais le calme plaisant continue de régner, un vrai soulagement après la bruyante Egine.

La jeune propriétaire de To Limanaki, un des quatre restaurants, nous offre le café en guise de bienvenue. Nous pourrons même utiliser gratuitement la salle de bain d'une des chambres qu'elle loue. Le délicieux poisson frais, grillé, qu'elle nous sert au souper et le vin maison bien frais qu'elle nous offre gracieusement en guise d'hospitalité, complètent ce plaisir aussi inattendu que procure ce lieu. Kostas aussi, le maître de port, est un homme accueillant, qui prend sa fonction fort à coeur. Que tout ceci est agréablement différent, enfin! Soula de To Limanaki a bien raison somme toute: dans ces petits villages une certaine douceur règne encore comme autrefois!

 

   
 

Witk thanks to Wil and Jeanine from the Windswept

   

Promenade d'une heure et demie le long de la plage, puis vers l'ancienne Acropole (mur) et Megalochori.

 

19.05.09: Vathy.

 

     

 

Journée particulièrement venteuse: le vent fort annoncé - jusqu'à 7Bft dans le golfe Saronique provoque ici de violentes rafales. Lors d'un fort coup de vent sur l'arrière tribord de notre bateau la proue touche brièvement le quai: bien que notre ancre arrière, Fortress 16, soit de très bonne tenue, la bourrasque l'a fait chasser une fraction de seconde. Un petit éclat de peinture en témoigne sur le béton. Kostas propose d'amarrer notre voilier le long du petit quai. Avant d'entreprendre la promenade vers l'ancien volcan Volcano - le mari de Soula nous ayant conduit vers le début de l'escalade, nous reviendrons au port en marchant une petite heure - nous suivons le conseil de Kostas. La promenade du volcan est impressionnante - et belle! -: nos photos en sont le témoignage et le souvenir!

 

   

23.05.09: Vathy (Chersonisos Methanon, Peloponnisos) > Olympic Marina (Lavrion), 40,7 NM, 07H10-15H25. Du nord de la presqu'île de Chersonisos Methanon nous mettons le cap à l'est sur le célèbre Cap Sounion, où se dresse le temple de Poséidon.

Bien qu'il y ait peu de vent il est possible de dérouler notre foc de route ce qui nous permet d'atteindre 5,5 noeuds de moyenne. Dans le golfe Saronique il y a pas mal de variations de courant - que le pilote d'Elias mentionne soigneusement -: tantôt nous allons largement 6 noeuds sur le fond tantôt à peine 5. Nous passons tout juste au sud des rails d'entrée et de sortie du Piraeos VTS. Il nous faut être très attentifs car non seulement ici de grands navires arrivent à grande vitesse, quelques pêcheurs aussi sont en pleine activité. Nous sommes contraints à un certain moment de nous dérouter en suivant un cap SE pour laisser passer un géant puis nous reprenons notre cap. Aux jumelles nous découvrons au loin Athènes et son port, le Pirée.

 

 

Le golfe d'Eubée

   

Puis vers 14H apparaît le cap et le temple: une vue impressionnante ... nous nous rapprochons de la côte afin d'offrir de la mer une offrande à Poséidon - après plusieurs visites au sanctuaire en terriens - et demander à ce dieu à l'humeur changeante sa protection pour une navigation sécurisée...

Kaat fait remarquer que la vue est somme toute plus impressionnante de la terre; combien de fois avons-nous rêvé de cette navigation lorsque le soleil couchant descendait dans la mer bleu acier ...

Mais nous sommes en plein jour, le soleil brille haut dans le ciel, et Olympic Marina, où nous espérons trouver une place, est à cinq milles.

Une heure plus tard nous recevons une réponse positive à notre appel sur le canal 9, puis nous entrons dans cette marina, réputée ... mais bien chère! Nous aurons à payer 48,79 euro - et encore 2 euro, pour une quantité de courant (bien limitée) - mais les douches sont délicieuses, et nous avons à notre disposition machine à laver et sèche-linge ... pour 10 euro!

Mais nous voulons être aux petits soins pour notre couette, si agréable ...

 

   

La marina qui à en croire son dépliant de présentation devrait satisfaire toutes nos attentes, nous semble parfaitement sûre mais selon les bonnes habitudes grecques elle présente déjà des signes de vieillissement précoce: tout en doutant fortement, nous voulons croire qu'un jour ce fut parfait ... mais rien n'est moins sûr.

Ici il y a des gardiens et l'accès aux les pontons nécessite une carte magnétique.

Le personnel est parfaitement aimable mais néanmoins nous ne pouvons qu'être déçus: les super yachts que nous avions imaginés ne sont que très rares, pas d'équipages nombreux - nous sommes loin de ce que nous avions vu en Italie à Cala Galera! - la plupart des bâtiments sont inoccupés, au seul café-restaurant la carte est très limitée malgré des prix relativement élevés - nous payons le verre de vin blanc au repas 5 euro! - et nous n'avons pas de choix de restaurant car Olympic Marina, ses terrains et ses chantiers ( construction d'un 42', avec Jeanneau ) est vraiment situé en plein désert!

Alors, Vathy et son charme simple ...

 

 

24.05.09: Olympic Marina (Lavrion) > Voufalo ( N. Evvoia), 38,7 NM, 08H00-15H45.

Beau temps calme pour les 38 milles le long de la côte SW de l'île d'Eubée. Nous n'avons jamais encore visité cette grande île longiforme située à proximité du continent et qui s'étend de NW à SE. Notre seul arrêt fut un jour à Chalkis, le chef-lieu, où du pont nous avons vu l'eau bouillonner par l'étroit passage. Demain c'est nous qui devons passer là ...

 

 

   

Il n'y a pas vraiment de bons ports avant Chalkis: notre destination est donc le mouillage réputé assez sûr près du village de Voufalo. Le golfe du sud de l'Eubée est réputé assez venteux et est en mesure de rendre la navigation dans une mer hachée ardue pour un petit bateau mais aujourd'hui heureusement nous n'avons pas de soucis à nous faire et notre progression s'effectue donc sans problèmes.

Voufalo. Quand en début d'après-midi nous mouillons dans 6m d'eau dans le NW de la petite baie - une épave rend le mouillage risqué plus à l'est -, voici venue enfin l'heure de la première baignade. Eric va contrôler la tenue de notre ancre: une chance, car l'ancre a une bonne prise dans le sable , alors qu'ici il y a beaucoup d'herbe ce qui n'offre qu'une tenue médiocre. La baie est mentionnée comme sûre dans les deux pilotes; l'endroit ne manque pas de charme ni de quiétude. Sur les hauteurs des crêtes de grandes éoliennes tournent calmement et à en croire les pilotes il ne faut pas se faire trop de soucis pour les vents qui pourraient débouler des flancs de collines.

Nous allons souper avec Wil et Jeanine de Windswept, dans la seule taverne où l'on sert ce soir, nous mangeons de délicieux gavros - ces petits poissons frits -, une salade grecque - la choriatiki - et de la tsaziki - yaourt de concombres, ail et huile d'olives.

[ Cliquez sur la photo Arrivée à Voufalo, pour démarrer la vidéo, commentaire en néerlandais ]

Il n'y a pas d'autres yachts mais quelques tables encore sont occupées par de Grecs et les occupants d'un camping car ont trouvé ici une halte idéale pour la nuit.

 

25.05.09: Voufalo ( N. Evvoia) > Chalkis (N. Evvoia) 28,5 NM, 08H00-14H25.

 

   

Cette nuit le vent s'est soudain levé et sur le NAVTEX un bulletin d'alerte probe. tuners son a été lancé pour Secouions, mais à part l'inquiétude nocturne nous n'avons subi aucun désagrément.

Contrairement à hier notre navigation connaît un début sportif: vent debout, notre progression est pénible dans une mer courte, hachée. Nous tirons de bords - au moteur car il n'y a pas assez de vent pour maintenir une vitesse raisonnable.

Nous avons hissé la grand-voile mais le vent capricieux ne permet pas de dérouler notre foc de route. La situation se corse par par la présence soudaine de deux Canadairs qui s'entraînent.

Au travers d'Ag. Apostoloi, la mer se calme et nous pouvons garder notre cap sur Chalkis avec une grand-voile qui ne faseye tout juste pas!

 

[ Cliquez sur la photo Clapot lorsque nous mettons le cap sur Chalkis, pour démarrer la vidéo ]

 

L' approche de Chalkis se fait par une balise tribord à peine discernable puis en longeant une grande cimenterie sur bâbord. Quelques grands bateaux sont au mouillage attendant leur chargement. Le chenal se rétrécit encore au passage de nouveau grand pont autoroutier qui relie l'île au continent. Voici alors sur tribord le port de plaisance de Chalkis en cours d'agrandissement. Nous nous amarrons au nouveau quai, bien haut, car sur les pontons les ouvriers s'activent.

 

   

Le passage du pont de Chalkis ne peut se faire que de nuit à la renverse. Armé de nos papiers de bord nous nous présentons au bureau de la police portuaire afin de nous faire enregistrer pour le passage de cette nuit et nous acquitter des taxes de passage de 18,20 euro. Nous avons de la veine car cette nuit le pont s'ouvre à 22H30.

Après avoir soupé un peu plus tôt à la première ouzeri près de l'eau venant du port de plaisance - Sto Teloneio -, nous regagnons notre bateau car nous devons être en veille dès 21H30 sur le canal VHF 12.

A 22H les gardes-côtes nous appellent et nous invitent à nous rapprocher du pont. Quatre yachts vont vers le nord, un yachts va vers le sud; il passera le pont en premier.La procédure semble bien huilée et contrôlée mais nous savons par contre que parfois des yachts on du rester en attente pendant trois ou quatre heures avant d'obtenir l'autorisation de passage.

Dans le pilote de D. Elias la situation particulière des courants est expliquée. L'eau que nous avons vu au cours de notre repas se frayer un passage comme une rivière bouillonnante - cinq à six noeuds de courant ne sont nullement une exception - se calme soudainement et quelques minutes avant 22H30 nous voyons le pont tourner.

Le passage dure à peine une demi-minute et de nombreux curieux viennent y assister pour autant que celui-ci n'ait pas lieu en pleine nuit.

A 22H45 nous sommes amarrés au quai nord ... tout juste passé les terrasses très animées, à couple de Windswept. Nous sommes lundi soir mais sur les quai l'animation est toujours très vive. Levant un ver de vin blanc bien frais, nous célébrons notre passage réussi.

 

 

26.05.09: Chalkis (N. Evvoia) > Limni (N. Evvoia) 21,5 NM, 09H35-14H00.

 

   

Après avoir fait quelques achats de provisions nous partons en direction de Limni.

Les nuages disparaissent rapidement et c'est sous un beau ciel bleu que nous naviguons le long de la côte nord-ouest de l'île d'Eubée: peu de villages ici, la côte est dure, escarpée, inhospitalière, les montagnes rudes plongeant dans la mer. Pas de plages ici, les rochers gris-argent se fondent dans l'eau bleue.

Puis Limni apparaît au loin, un village de grandeur moyenne, s'adossant aux flancs sud et ouest de la montagne qui forme un demi-cercle.

Les vents ici sont typiquement locaux et ne sont en rien une indication pour la situation dix milles plus au nord.

 

 

31.0509: Limni.

 

   

Limni est un village très agréable, vivant, avec un beau front de mer et un petit port, où entrent et sortent les petits bateau de pêche. Nous avons trouvé un emplacement au quai avec coffre sur l'arrière. Les nombreux restaurants et tavernes sont à trois, quatre minutes ce qui fait que nous n'avons pas à subir les désagréments du week-end.

L'atmosphère insouciante nous rappelle la Grèce des années ' 80. La propreté du village contribue largement au charme. On nous parle avec amabilité et notre bateau attire curiosité et intérêt. Si le village - leur village - nous plaît, est une question qui revient fréquemment.

Un couple gréco-allemand qui loue de petits appartements presque toujours occupés, nous invite à prendre le café, quelques voisins de port veulent de plus amples informations concernant notre petit voilier et notre projet, un autre encore - médecin à Athènes - nous prodigue ses conseils pour les Sporades - pendant qu'il s'active avec les nouvelles voiles de son bateau, en vue de la régate, le week-end prochain.

Ici nous sommes bien loin de l'attitude rustre et bien décevante, que nous avons trouvée si souvent: nous nous demandons si les gens ici ont moins de problèmes, la vie est-elle plus douce ici, ou ... sommes-nous tout simple plus éloignés de ce tourisme de masse si destructeur?

Oui, nous sommes convaincus que Limni a réussi à échapper en partie aux influences qui ont tellement changé - défiguré! - la Grèce... C'est pourquoi nous voulions rester un peu plus longtemps ici ...

 

 

01.06.09: Limni (N. Evvoia) > Loutra Aidipsos (N. Evvoia) 15,6 NM, 09H35-13H00.

Les prévisions météorologiques annoncent un renforcement de vents du sud - jusqu'à 25 noeuds; le petit port de Limni ne sera alors pas particulièrement confortable. Nous décidons de continuer jusqu'à Loutra Ai(E)dipsos puis vers Orei. Plus au nord les vents seraient moins forts et le port d'Orei offrirait plus de protection pour le vent du sud. Pour mercredi pluie et orages - possibles - sont annoncés; il vaut donc mieux poursuivre notre route, de crainte d'être bloqués pendant plusieurs jours.

 

   

En un peu plus de trois heures nous atteignons Loutra Aidipsos, une station quelque peu sophistiquée, faut-il croire, réputée pour ses bains et axée presque entièrement sur le tourisme grec.

Le petit port a été un peu agrandi mais la place y est limitée: comme dans la plupart des petit ports ce sont des petites embarcations de pêche qui occupent presque toute la place. Nous réussissons encore tout juste à nous amarrer à l'intérieur du petit promontoire qui a été prolongé.

Ici il y a pas mal d'animation et de trafic dû au va-et-vient des petits ferries qui assurent cette liaison, une des plus importantes de l'île, avec Arkitsa; en outre, l'autoroute Athènes-Salonique est toute proche.

Déception quand nous nous présentons au bureau de la police portuaire dans l'espoir d'acheter une carte magnétique pour l'eau et l'électricité. Hélas, les bornes flambant neuves, installées en grand

 

nombre sur le quai ne sont que des trompe-l'oeil: ici aussi rien ne fonctionne! Il nous faut néanmoins payer 7,58 euro de taxes d'amarrage. Comprendra qui pourra, à Limni la police portuaire nous a déclaré que nous ne devions rien payer, notre bateau étant de longueur inférieure à 10 mètres! Et, en plus, nous devrons vider nous-mêmes les deux petites poubelles puantes, les agents municipaux, sans aucun doute trop appliqués à leur tâche, les ont assurément ... ignorées! Après l'agréable Limni la moindre prétention de Loutra Aidipsos nous paraît bien mal placée, la station thermale n'ayant à nos yeux que peu de charme!.

 

02.06.09: Loutra Aidipsos (N. Evvoia) > Orei (N.Evia) 27,9 NM, 07H20-13H00.

Un ciel quelque peu menaçant rend notre départ matinal un peu hésitant, mais nous ne voulons pas rester plus longtemps à Loutra Aidipsos. Les prévisionnistes ne sont pas d'accord et bien que le service météo hellénique prévoit une menace orageuse dans la matinée pour le nord de l'Eubée, nous décidons de partir vers Orei. Des gribfiles nous concluons que s'il y a de l'orage ce sera plutôt en fin d'après-midi ou la nuit; qui plus est, nous avons constaté que le service grec joint à pratiquement chaque annonce de pluie une alerte de menace d'orage.

 

 

Les détroits d'Orei et de Trikeri

 

La visibilité va diminuant, la nébulosité, uniformément grise où ne transparaît qu'un soleil penaud, augmente, mais mis à part quelques grosses gouttes à l'approche des îles Likhades, pas de pluie! Nous avons choisi la route la plus courte: nous passerons donc entre l'Eubée et la basse île Monolia. Dans cet étroit passage le courant peut-être violent - jusqu'à six noeuds en vives-eaux, à en croire notre pilote grec - mais nous sommes tout juste après mortes-eaux et tout devrait bien se passer.

   

Un beau bateau de pêche nous rattrape au sortir du petit détroit, patron et équipage répondent avec enthousiasme à notre salut.

Puis le soleil prend possession du ciel, ce qui rend notre navigation jusqu'à Orei agréable, plus longue que prévue par le courant contraire - nous ne courons que 4 noeuds sur le fond.

Nous abandonnons rapidement notre tentative de naviguer à la voile: le vent du sud annoncé est NNW! Aux jumelles nous scrutons la côte nord de l' île et ses nombreuses baies mais la plupart sont occupées par des fermes aquacoles. A l'approche du chenal d'Orei le vent fraîchit sérieusement et le courant devient favorable.

Orei est située au fond de la petite baie ce qui nous permet de bien préparer notre arrivée dans le petit port.

Nous amarrons au quai nord, qui vient d'être rénové, à côté de Windswept et d'un Sadler 34 britannique. A nouveau nous utilisons notre mouillage arrière car l'amarrage étrave au quai est non seulement plus facile pour notre quille longue, il préserve mieux notre intimité.

 

06.06.09: Orei (N.Evia).

 

   

Le week-end de la Pentecôte grecque a commencé et dans quelque jours ce sera la pleine-lune: sur les six bateaux de pêche plus grands que compte Orei on s'active au nettoyage, des centaines et des centaines de mètres de filets sont rincés à grande eau - de mer! - et contrôlés, ballet incessant aussi que celui des barques vers les deux points d'eau sur la quai nord, où sont amarrés non seulement quelques bateaux de pêche, une grande vedette pour les excursions vers Skiatos et la plupart des voiliers - six environ! -; toute la place disponible est occupée.

Pour les nombreux équipages, égyptiens en majorité, ce sont également les jours de grandes lessives. Le contact avec eux n'est pas aisé mais nous nous saluons avec amabilité d'un hello ou nous essayons quelques mots en grec - la langue de leur patron - qu'ils comprennent nécessairement un peu. Parfois la question d'où nous venons fuse en un anglais précaire, mais la conversation s'arrête là, alors un sourire ou une poignée de main les rend heureux, tout comme nous!

 

Le soir lorsque soupant à la taverne de notre choix, en bordure du quai, nous les voyons passer vêtus de leurs meilleurs habits, parfumés, nous essayons - en vain - d'imaginer leurs rêves et leurs illusions; quand nous les voyons plus tard dans la soirées retourner vers leurs bateaux, ou quand nous rencontrons ce pêcheur plus âgé, solitaire dans le petit square, le regard perdu au loin, vidant son sachet de chips ...

 

   

Nous voulons rester ici jusqu'après ce week-end prolongé, car ce petit port de pêche est agréablement animé et la plage, équipée de plusieurs douches est toute proche ; nous pouvons faire le plein d'eau à l'un des petits robinets dont se servent les pêcheurs.

Quand le soleil est bien haut nous chargeons 4 Ah et en vrai prestigitateur Kaat trouve à chaque heure du jour la position optimale pour notre panneau solaire amovible et tente également d'éviter que la moindre ligne d'ombre vienne interrompre la charge du panneau fixe.

Tout comme à Loutra Aidipsos, ici aussi des belles bornes neuves pour le courant et l'eau attendent une mise en service hypothétique par l'absence inexpliquée d'un logiciel et de cartes magnétiques. Mais déjà nous nous demandons combien de temps le système fonctionnera - s'il fonctionne un jour - et quand la première panne initiera l'inexorable destruction de l'équipement, obéissant à la fatalité grecque!

 

Orei est bien protégé des vents du nord dominants, seul le SW provoque un clapot dans le port un peu inconfortable qui met à l'épreuve la bonne tenue du mouillage, comme ce fut la cas le deuxième jour de notre escale par un SW 5 à 6.

 

09.06.09: Orei (N.Evia) > Hortó (Ormos Vathoudi, Chersonisos Magnisias) 20,1 NM, 08H20-13H00.

 

Départ d' Orei sur l'île d' Eubée à 08H30 pour la dernière étape de notre voyage: sur la carte cela fait 18,7 MN. Hortó est situé dans l'Ormos Vathoudi dans le sud-est du plus grand Pagasitikos kolpos - le golfe de Volos. Plus au sud alors s'étend la montagne de Trikeri. Toute la presqu'île du Pilion s'arc-boute sur le sud du mont Pilion comme un doigt crochu, la dernière phalange déjà pointant à nouveau vers le nord. Dans cette région de détroits resserrés - entre l'Eubée et la

   

péninsule de Trikeri, entre l'Eubée et le continent - les courants et les vents sont difficiles à calculer ou à prévoir. Des vents forts dévalent parfois brutalement les pentes de ces trous à courant d'air principalement quand le meltem souffle avec furie dans la Mer Egée.

Mais aujourd'hui le temps est calme et c'est bien rapidement que nous sommes au travers du petit port de pêche d'Agia Kiriaki sur la côte sud de la péninsule de Trikeri.

Au-dessus, dans la montagne nous discernons le grand village de Trikeri où nous sommes passés, en mars, durant notre périple en voiture.

Il y a pas mal de monde dans le petit détroit entre le Diavlos Volos et le Diavlos Trikeri: un voilier longe la ligne côtière et semble faire route vers Skiatos, deux caboteurs, qui eux aussi naviguent tout près de

 

la côte - on atteint en moyenne 75m de profondeur à cet endroit - viennent de Skiatos et vont vers Volos, deux grands bateaux de croisière de jour se hâtent également vers les îles des Sporades alors qu'une grosse unité de guerre battant pavillon des Etats-Unis - nous remarquons toute une flottille d'hélicoptères impeccablement alignés sur le pont - effectue un exercice de reconnaissance dans le détroit - une partie des manoeuvres de l'OTAN dans l'est de la Méditerranée annoncées sur notre NAVTEX?

 

 

Le golfe Pagasitikos

 

Ayant attendu que notre route soit un peu moins encombrée pour passer le cap Kavoulia, nous poursuivons notre route vers l'étroit passage entre la petite île de Palaio Trikeri et la presqu'île.

 

   

C'est ici que, il y a quinze ans, nous avons effectué nos dernières navigations en Zodiac mais nos souvenirs sont encore bien présents: le petit port de Palaio Trikeri, puis - en face sur la presqu'île, tout juste avant cap Trachilas - la baie du " Témoin de Jehovah " - nous avons rencontré le vieil homme et sa famille lorsque nous cherchions refuge, un vent violent s'étant levé et le retour immédiat vers Hortó étant impossible -, puis encore, un rien plus loin, la minuscule île de Prasouda - nous devinons aussi, un rien dernière nous sur tribord la si charmante petite baie de Zasteni.

Mais déjà les voiles sont hautes car le vent s'est levé, aussi soudain que fort. Alors, devant nous, au loin, encore un peu voilé par la brume, Horto apparaît, et cette vue magnifique sur la baie de Vathoudi, et en arrière plan Magnisia cette haute péninsule qui prolonge les contreforts de la montagne du Pilion.

Sur une eau plate, contre un vent de terre soufflant en rafales, nous tirons des bords vers notre but. En mars quand nous avons visité le petit village, le voyage de Lefkas vers Hortó nous semblait encore tout un défi. Maintenant notre but est à la portée de quelques milles.

Le vent chaud forcit alors que nous approchons. Hortó, la petite jetée en béton où nous voulons nous amarrer, tout va vite maintenant: nous enroulons le foc, affalons la grand-voile, alors que démarre le moteur, encore, amarres frappées à l'avant sur le taquet central, ultime préparation pour filer le mouillage arrière.

 

Prêts. A trois bonnes longueurs nous laissons tomber l'ancre et filer quarante mètres de ligne plombée alors que Nehalinnia avance sur son erre passant deux petites bouées sur bâbord, une petite barque sur tribord, deux mètres ... un ...

Eric passe les amarres dans les anneaux rouillés: nous sommes arrivés!

 

Horto et Ormos Vathoudi

 

Nous avons atteint notre but et nous pouvons donc mettre notre site à jour: " Tirant des bords par 22 noeuds de vent apparent, nous sommes arrivés à 10H00 / 13H00 LT UTC à notre destination! Nehalinnia est amarré sur mouillage arrière au petit quai de HORTÓ! "

 

21.06.09: Hortó (Ormos Vathoudi, Chersonisos Magnisias).

 

   

Depuis notre arrivée il y a près de quinze jours nous passons nos journées en un dolce farniente. Bien que la situation météorologique ne soit pas réellement stable nous n'avons pas eu de mauvais temps. Hier non plus, quand un orage qui se fit menaçant, n'apporta ici que de gros nuages noirs, une brève averse et quelques grondements du tonnerre. Une heure plus tard, le soleil brillait à nouveau. L'orage était parti vers Volos: une évolution quelque peu classique, bien que peu fréquente, nous apprend-on.

Ce qui est moins normal, c'est cette instabilité relative, avec ses vents changeants, capricieux, et la nébulosité croissante en fin d'après-midi. Le soir, habituellement, le vent tombe, mais dans la journée les vents d'est - ou d'ouest -, somme toute normalement peu dominants! - montent à 24 noeuds - à en croire notre anémomètre pourtant assez paresseux, même dans cette baie de Vathoudi très protégée.

Bien inhabituel, que tout ceci, entendons-nous.

 

 

   

Selon la certitude météo quand même bien relative, nous sommes amarrés sur mouillage arrière à la jetée de Hortó ou nous sommes au mouillage dans le coin sud-est de l'Ormos Vathoudi, moins de deux milles plus loin.

Quand les voiliers sont partis après le changement d'équipages, nous pouvons également profiter de l'hospitalité de la base Sunsail: à leur ponton nous trouvons eau, électricité (5,- euro/jour), et douches! Ici l'accueil est particulièrement aimable. Quelle différence avec notre mauvaise expérience dans le golfe Saronique. Ici pas d'arrogance invasive, au contraire, mentalité et ambiance de voileux bien sympathiques auprès de l'équipe britannique. La discrétion aussi nous avait déjà agréablement frappé lors de leur passage à Orei.

A la petite agence de voyage de Milina nous avons loué pendant trois jours une petite voiture chez Budget afin de trouver à Agria près de Volos (finalement) la solution à nos problèmes de moteur d'annexe: la panne plutôt inimaginable due à une erreur de montage de la bougie lors d'un des

 

 

 

MISE A JOUR 2014

Suite à une restructuration de l'offre Sunsail-offer en Grèce la base de Milina-Valthoudi a été fermée. Les pontons ainsi que les points d'eau et de raccordement électrique ont été retirés, ainsi que les douches.

Les managers de la base, Andy et Christine, ont crée leur propre compagnie de charter; ils opèrent à présent au départ du petit port de Milina:

A&C Yachting Milina ( http://www.ac-yachtingmilina.com/#!about-us/c1mcg )

Seule alternative donc ( encore que limitée ) en eau et électricité: le petit port de Milina.

 

 

 

 

précédents services d'entretien, a été rapidement diagnostiquée et réparée! Mais nous n'avons pas trouvé de solution au problème de la faiblesse du signal internet Vodafone 2/3G à l'agence de Volos: l'absence d'antennes assurant une bonne couverture est avant tout la conséquence, selon le responsable, du manque de coopération et d'intérêt des autorités locales. Mais à Milina heureusement, nous trouvons des cafés internet avec une connexion wifi assez rapide. Une visite à la nouvelle marina dans le port de Volos ne fait pas seulement froncer les sourcils: cet exemple d'incompétence défie toute imagination - on raconte ici que les pontons ont été remplacés déjà cinq fois. Mais Volos est un endroit agréable ... pour effectuer courses et achats - supermarchés et petits magasins spécialisés en surnombre! -, ou pour s'installer à la terrasse d'un des très nombreux établissements de la longue promenade ...

 

Lorsque nous passions au début des années '90 nos vacances ici, tout était bien plus calme: le tourisme grec était beaucoup plus rare. L'image qu'offrait la rue grecque était aussi bien différente: la présence en masse, de voitures neuves, souvent puissantes et chères - fréquemment achetées grâce à des crédits à long terme (72 mois!) - était inexistante. Les Britanniques et les Allemands surtout qui ont acheté une maison ou du terrain, étaient alors bien moins nombreux. Nous ne voyions ici que quelques rares voiliers étrangers et un propriétaire grec d'un 32 ou 40 pieds était quasiment inimaginable. Nous entendons dire à Milina que cette année il y a beaucoup moins de touristes, que people haven't money anymore, et que l'on est afraid - anxious! - pour l'avenir, que ceci est a big problem ... Mais quand nous voyons le samedi soir les restaurants combles, nous nous demandons si toutes ces lamentations ne sont pas de nouveau très exagérées ... Ce que nous entendons dire ici c'est que les gens de la région n'ont pas vraiment besoin du tourisme (?!), qu'ils préfèrent ne pas avoir de visiteurs étrangers, que six semaines de Grecs dépensiers en vacances leur suffit ... tout ceci nous semble difficilement vérifiable, mais ce qui nous frappe c'est que l'on est pas vraiment aimable envers les étrangers, et que celui qui voulait s'installer ici n'a pas eu facile ... Si un fait peut servir d'exemple pour un comportement général, alors voici: le maire de Milina en personne aurait menacé de détacher les amarres de deux voiliers étrangers qui étaient amarrés à couple dans le petit port de Milina, comme toujours construit en très large part grâce à des subventions européennes; les plaisanciers n'étaient pas les bienvenus et, pour lui, le port était réservé aux embarcations de pêche. S'agit-il d'un fait isolé ou les habitants de la Grèce, pays empêtré dans une situation financière très délicate, ont-ils vraiment décidé de se tirer les balles dans les propres pieds, alors que maintenant, même l'économie parallèle risque de connaître des temps difficiles?

 

17.07.09: Hortó, Milina, & Ormos Vathoudi, Chersonisos Magnisias. Depuis une semaine le temps semble plus stable. La menace quotidienne le soir s'est atténuée. Encore que ... la nuit passé, par un magnifique ciel d'étoiles, un cumulo-nimbus, bien solitaire, qui semblait s'être égaré, a apporté quelques beaux éclairs et quelques grondements. Ne trouvant pas d'écho, il s'éclipsa rapidement. Le bulletin du HNMS avait bien annoncé un possible orage mais pour le ... NW du pays! .

 

Cela fait depuis à peu près un mois que nous sommes arrivés à Hortó, la destination de notre voyage, et une certaine routine, non-désagréable, gère à présent notre " hivernage ... d'été ".

 

Alors que certaines attentes se réalisent, nous en remâchons malgré tout quelques autres, réduites maintenant au niveau d'illusions. Nous sommes arrivés normalement à mi-chemin de notre projet: reste donc une aussi (ou plus longue ?) route du retour et un petit bilan commence à s'imposer. Une première tentative.

 

Dans notre projet nous avions voulu passer l'été ici, les mouillage de nuit se faisant en majeure partie devant Hortó ou à sa petite jetée: une tentative de remake

   

des vacances très agréables de 1992, 1993 et 1994. Nous avions alors rêvé de navigations avec un petit voilier dans ce magnifique Pagasitikos Kolpos. Bien que nous ayons alors effectué de très nombreuses explorations et reconnaissances en Zodiac, nous n'avons jamais pu réellement juger des conditions de mouillage de nuit à Hortó. Nous en faisons l'expérience maintenant! Et nous devons en conclure que nous n'avons pu y passer qu'un nombre trop limité de nuits. La dernière fois, il y a quelques nuits, nous avons été réveillés par la houle d'ouest qui cette fois rendait le sommeil vraiment très difficile. Nous n'avons toujours pas entendu d'explication réellement convaincante pour ce phénomène récurrent en fin de nuit même en l'absence absolue de vent; tout comme les locaux chevronnés, les voileux du coin constatent le

   

 

phénomène dans ce golfe sans y trouver d'explication certaine. Nous avons pour notre part avancé l'hypothèse d'une brise de terre: le continent alors " refroidi" se situe à l'ouest du golfe, car à l'est ne s'étend, du nord au sud, que l'étroite péninsule qui prolonge la montagne du Pilion vers Trikeri. Raisonnement naïf sans doute, valable ou non, quoi qu'il en soit, cette houle nous a contraints à rejoindre en cette fin de nuit-là le mouillage de Vathoudi - et puis d'autres fois, parfois, de profiter de l'hospitalité de la base Sunsail.

 

Contrairement à Milina où l'affluence reste somme toute assez modeste, Hortó connaît maintenant une fréquentation plus intense, tributaire sans aucun doute de sa renommée - à la belle saison - de petit village qualitativement bien coté, d'un chic modeste et familial, non sans suggérer quelques héritages de petites propriétés. Nous ne pouvons que rejoindre ce jugement non sans crainte sachant que toute médaille a son revers ...

 

Nous oublions nos plans de visiter les Sporades du nord: les récits d'autres navigateurs confirment nos craintes et nous voulons vraiment éviter de nous retrouver dans l'enfer du tourisme de masse! Et puis il y a les limites que notre petit voilier nous imposent: prudence absolue vis-à-vis des conditions météo et en ce qui concerne notre autonomie - eau, carburant et courant; ainsi un mouillage prolongé et isolé n'est point aisé alors que les quelques ports - pour autant qu'ils offrent une relative protection face aux vents dominants - sont intensivement visités par un grand nombre de flottilles. Pour nous - et ce choix est bien clair - la conclusion qui s'impose est de nous abstenir!

 

   

Vathoudi est en tant que bon mouillage, de surcroît assez calme jusqu'ici, aussi l'occasion d'agréables rencontres, souvent aussi bien passionnantes. Sur le magnifique voilier de M. et O., unité unique longue de plus de 15 mètres, nous avons passé de nombreuses heures à écouter leurs beaux et captivants récits de par-delà-l'océan; nous y retrouvions d'autres fois des amis français et allemands autour d'un apéritif d'oursins pêchés par O.

Autre rencontre: autour du verre de l'amitié sur notre modeste 27' avec A.-A., le skipper d'un autre bateau belge, nous constaterons à nouveau comme le monde de la voile est petit. Par l'ultime des hasards A.-A. nous permettra, de ce mouillage en Grèce, par portable interposé, de reprendre le contact avec un ami commun en Wallonie.

La terre est bien ronde, c'est l'histoire qui le dit, lorsque le cercle du hasard se referme un moment autour de trois vies.

La vie et ses vicissitudes nous avaient séparés de ce navigateur et voileux du ponton D de Nieuport dont nous gardions toujours le meilleur souvenir: il fut une de nos premières rencontres sur le parking à bateaux du VVW en cette fin d'hiver 1995, lorsque, alors piètres rénovateurs de notre acquisition en triste état, nous accumulions erreurs et maladresses; sa bienveillance quelque peu paternelle faisait chaud au coeur et prodiguait des conseils en or. Magie du hasard quand ainsi nous nous parlons à nouveau par-delà ces quelques milliers de kilomètres. Et puis il y a aussi ces nombreuses rencontres plus brèves - riches souvent en échanges comme si on se connaissait depuis de longue date - avec ces Suisses germanophones sur leur solide Najad, ou encore avec ces propriétaires d'un grand Bavaria, arrivés de Turquie, et leurs amis, qui nous ont aidé à chercher le problème sur notre moteur d'annexe. Et puis ce couple d'Irlandais qui avait pris l'ancre de leur petit canot de location dans une ligne de mouillage: nous les avions aidés à se libérer, ils s'étaient informés sur la façon d'utiliser leur petit matériel de mouillage, nous avions parlé de notre voyage; après leur repas ils étaient venus nous remercier nous offrant une bouteille de vin rosé! Evidemment, il y a aussi des constatations et des expériences moins agréables: nous avons décidé de ne les considérer comme telles et de n'en parler que lorsque nous partirons d'ici, plus sûrs alors de notre jugement, moins enclins à une réaction circonstancielle, du moins l'espérons-nous...

 

Mais maintenant c'est l'arrivée d'Olivier, fin juillet que nous attendons ... et nous sommes très curieux de voir ses réactions après 15 ans!

 

   

31.07- 09.08.09: Hortó, Milina, & Ormos Vathoudi, Chersonisos Magnisias.

Olivier loge à l'hôtel Spaladra et à trois nous pouvons goûter, l'espace d'un long instant, le plaisir de l'admirable vue ... Bien que le petit hôtel soit engagé, avec ses propriétaires, dans un lent mais inexorable cheminement dans le vieillissement, un charme certain est, encore, préservé.

Un splendide, nouvel ascenseur - insolite dans ce décor vétuste - et quelques équipements de climatisation récents, ne peuvent dissimuler qu'ici le temps s'est arrêté. Il y a aussi, toujours, cette odeur si particulière, presque indéfinissable, qui a surpris Olivier à son arrivée.

Soudain, nous étions à nouveau en 1994 ... Le goût de la madeleine

 

Sans cesse à la recherche du vent, nous naviguons à trois dans le golfe, au près serré, tirant des bords, parfois très courts, puis nous repartons vent de travers, et

     

 

au grand largue aussi, afin de pouvoir regagner Ormos Vathoudi à la voile. Et nous réussissons presque à chaque fois, même dans l'étroite passe sud d'Alatas. Puis c'est en voiture - nous avons loué une petite 107 - que nous gagnons "l'autre côté" de la presqu'île, que nous allons à la plage à Platania, à Kastro, à Katigiorgis; nous jetons l'ancre dans la petite baie de Zasteni, nous allons nous baigner en annexe dans le sud de Vathoudi, retournons un autre jour en voiture à Zasteni, visitons Kotes et mangeons de l'oktopodia à la terrasse (trop) bruyante d'une taverne à Agia Kiriaki, lors de la seule averse du séjour d'Olivier. Le soir nous varions les restaurants, Favios au lieu-dit Mavra Petra, Martha's à Hortó, par deux fois nous rechercherons pour le souper la fraîcheur du soir dans les collines, à Lafkos.

 

Le temps passe vite. Le dimanche 9 août, après le repas de midi au Gibraltar de Panouklas, nous conduisons Olivier à Volos, où il prendra le car pour Athènes. Lundi matin nous recevons un petit message d'Olivier: il est dans le train pour Ostende... Ce furent vraiment de "très belles vacances ensemble"...

 

12.08.09: Hortó, Milina, & Ormos Vathoudi, Chersonisos Magnisias. Les Grecs sont maintenant en vacances et lors du week-end du 15 août tout ce qui compte de plages connaîtra une affluence maximale. Depuis une bonne semaine Milina aussi connaît une fréquentation très importante. Il semble néanmoins qu'un tassement certain ait pris le pas sur les années de croissance ininterrompue depuis 1993 - au cours des dernières années de nombreux Grecs s'enrichirent en dormant, tel fut le jugement cinglant et amer d'un sage habitant de Lefkas. Nous remarquons de petites pancartes signifiant que de nombreuses chambres n'ont pas trouvé d'occupants - parfois depuis de nombreux mois nous dit-on -, et il nous arrive de nous voir proposer un petit studio ou une domatia. Dans Athens News nous lisons des chiffres qui confirment cette tendance à la baisse, alors que, ici ou là, au cours d'une conversation, les soucis transparaissent, dure réalité quand vivant d 8-sep-15->-> que l'on croyait éternel! Même la météo semble partager un certain pessimisme car dans le ciel parfois moins intensément bleu de petit nuages se risquent parfois et les menaces d'orage sont presque quotidiennes. Heureusement, mis à part une rare averse - alors violente -, quelques éclairs ou un grondement nous sommes épargnés de réelles intempéries.

 

 

         
 

Le Summer Meeting in Horto Mt Pelion 2009 , qui est organisé chaque année depuis 1984 par la Non-profit cultural foundation "G.Angelinis - Pia Hadjinikos" - www.horto.net, info@horto.net - présente de la mi-juillet au début de septembre une riche palette d'événements culturels: musique, théâtre, danse, expositions et séminaires. Dans le théâtre de plein air de Horto nous avons assisté à trois concerts.

 

L' Orchestre symphonique d' Utrecht sous la direction de son chef - grec - Jorgos Moutsiaras a exécuté e.a. des Ouvertures de Beethoven (Coriolan, op.62) et de Rossini (Italiana in Algeri), la Symphonie en D et 3 mouvements de Joseph Boulogne de St Georges, en une remarquable première pour la Grèce, l'Ouverture "Wuthering Heights" for iPhone and orchestra de Wim Van Noort. Mais c' est tout particulièrement le soliste invité qui a laissé une forte impression parmi le public: le clarinettiste Michel Marang a réellement envoûté le public de ce théâtre où de nombreuses places avaient dû encore être improvisées et ajoutées. Ses arrangements de la Klezmer Musiek (musique juive traditionnelle séculière) lui ont valu une ovation appuyée et enthousiaste.

 

A l'occasion du 25e anniversaire de la Fondation, qui organise les festivals d'été, ainsi que pour fêter le bicentenaire de la naissance de Felix Mendelssohn, le Theatrical Workshop, sous la direction de Jorgos Biniaris (mise en scène), Smaro Grigoriadou (musique) et Marianthi Psomataki (chorégraphie), avec l' Orchestre symphonique d' Utrecht, dirigé par Jorgos Moutsiaras, a présenté le Songe d'une nuit d'été (op. 21 & 61) de William Shakespeare, musique de Mendelssohn. C'est un spectacle passionnant, dynamique et riche en effets de scène que les danseurs-acteurs et le ballet auquel participaient des jeunes de différents pays, ont apporté. Dans ce théâtre de plein air bien particulier la belle voix de la soprano Rania Stamatiou a laissé une impression charmante!

 

Et puis, deux jours avant notre départ de Horto nous avons eu l'occasion d'assister à un concert de musique classique indienne avec e.a. Erik Alsen, sheinai, et Inbal Zadok, sitar. Ce concert avaient été postposé pour cause de menace orageuse.

 

La Fondation culturelle "G.Angelinis - Pia Hadjinikos" est ancrée dans ce petit village agréable et particulier qu'est Horto. Des Grecs de tous les horizons et des étrangers viennent l'été assister aux rencontres. Par diverses sources nous avons appris que le soutien de la municipalité d' Argalasti, fait défaut - ce qui est un euphémisme : la culture, le style et la qualité suscitent-ils ici aussi, dans ce lointain mais magnifique Pilion, la jalousie et l'envie?

...

Oui, il a sans aucun doute raison, celui, qui habitant ici depuis de nombreuses années, nous a dit, quelque peu découragé: la plupart ici sont trop bêtes, trop obtus, tenter de les changer est sans espoir ... et visiblement, ce n'est pas seulement à Hortó qu'il pensait alors!

 

 
         

 

 

Maintenant que Olivier est donc rentré en Belgique après un séjour d'une dizaine de jours - ce furent des moments vraiment agréables et une expérience intense que ces "retrouvailles" avec les vacances d'autrefois - nous laissons le bateau en sécurité sur le coffre, que son propriétaire, en vacances dans les Cyclades, nous permet d'utiliser durant ce mois d'août. Pendant deux semaines nous occupons la chambre d'Olivier à l'Hotel Spaladra. Deux fois par jour nous nous rendons au bateau vérifier si tout va bien; ainsi nous partageons nos journées entre le bateau à Ormos Vathoudi et la chambre avec la magnifique vue à Hortó. De plus en plus nous comprenons que le souvenir de cette si belle vue a nourri notre projet pendant ces quinze années ...

 

Mais la fin de notre "longue escale d'été" se profile cet horizon de la fin du mois: le moment de retourner à Lefkas approche donc. Mais grâce à nos photos, aussi, nous garderons nos beaux souvenirs présents ... [ cliquez ici puis ici pour regarder quelques photos ensemble ]

 

Après ce bel été, arrive le moment de la séparation ... le 27 août nous quittons HORTÓ et ORMOS VATHOUDI, c'est le départ pour LEFKAS MARINA ...

 

 

La route du retour

 

27.08.09: Hortó (Ormos Vathoudi, Chersonisos Magnisias) > Orei (N.EVIA) 21,5 NM, 07H15-11H45.

 

   

Au moteur, grand-voile haute, nous partons vers Orei; beau temps, un faible vent de secteur nord.

Dans le petit port d'Orei nous trouvons de la place à côté d'un bateau grec. La conversation qui s'engage rapidement avec le couple sympathique est à nouveau très instructive et confirme notre opinion concernant la Grèce. Notre voisin a travaillé comme technicien civil et instructeur de maintenance sur les avions de l'armée. Cette fois encore nous sommes frappés par la lucidité avec laquelle de nombreux Grecs ( et particulièrement ceux, semble-t-il, qui ont séjourné ou vécu à l'étranger - lui, il a suivi des stages e.a. en France chez Dassault), non sans une certaine déception, sont conscients des problèmes de leur pays. Notre voisin est avant tout agacé par les problèmes écologiques auxquels aucune solution ne semble apportée. Avec une certaine tristesse, mais sans rien nier vis-à-vis de nous, il voit son pays régresser ...

Le soir il n'y a plus aucune place dans le petit port - partiellement la conséquence de l'absence totale d'organisation. Quelques cafés autour du port seront la cause de pas mal de bruit jusqu'aux petites heures ...

 

Entre l'Eubée et le continent

 

28.08.09: Orei (N.EVIA) > Limni (N.EVIA) 38,1 NM, 07H15-14H15.

   

A la voile et au moteur - parfois sous foc aussi - dès 07H15 nous faisons route vers Limni.

A nouveau le beau temps nous accompagne. Le vent est faible de secteur nord jusqu' à ce que soudain, à 5 milles de Limni notre anémomètre indique 25 noeuds: ce vent d'est qui déboule des montagnes ne facilite pas l'approche ni l'entrée par l'étroite passe.

Il reste de la place à l'avant du mur récemment prolongé et après une belle manoeuvre Kaat arrête le bateau le long de la parois de béton. Il nous faut garder le bateau bien à distance car le béton, qui commence déjà à se désagréger, est une véritable menace pour la coque, d'autant plus que nos pare-battage ne peuvent offrir que peu de protection car dans le mur de la jetée il y a de grandes cavités anti-ressac ... Grâce à nos deux ballons de 45 cm nous réussissons néanmoins à sécuriser le bateau.

 

Le port est déjà plein lorsqu'arrivent encore deux 45 pieds. Il passeront la nuit à l'extérieur le long du mur, les aussières frappées sur les lampadaires! A l'intérieur de nombreux bons emplacements pour voiliers sont occupés par de petits canots et par des grands semi-rigides surmotorisés - apparition assez récente, conséquence de cette l'évolution irritante des mentalités de nouveaux riches dans la classe moyenne grecque; on nous dit que l'importante économie parallèle n'y est nullement étrangère ... Après le souper au petit restaurant, très soigné, The Seven Winds, nous profitons encore quelques instants du magnifique spectacle qu'offre le ciel étoilé - cette belle île d'Eubée n'est pas encore trop polluée par les éclairages, à l'exception de Chalkis. Mais c'est le week-end et de nombreux Grecs sont encore en vacances ( la rentrée dans la plupart des écoles ne se fera que le 8 septembre): ici aussi - et ceci contrairement au calme lors de notre passage fin mai - la nuit retentira de voix criardes et de musique disco (anglo-saxonne), régulièrement surpassées par le bruit strident de petites motos pétaradantes à échappement percé...

 

29.08.09: Limni (N.EVIA) > Chalkis ( pont côté nord) (N.EVIA) 22,8 NM, 07H15-11H40.

Nous voulons poursuivre notre progression vers Chalkis maintenant que les prévisions météo annoncent encore quelques jours de temps clément pour South Evvoikos; c'est ce qu'il nous faut pour atteindre au moins Olympic Marina, 1M au sud de Lavrion. La semaine passé on notait ici des vents de 7 et 8 Bft. Peu avant midi nous nous mettons à couple de l'Ovni 455 suisse que nous avons rencontré à Limni. Sur la Promenade du port nord - un quai d'une bonne centaine de mètres - il y a de nombreux cafés à la mode. En cette belle journée de samedi les terrasses sont bondées toute la journée et le grand voilier protège notre petit bateau des regards indiscrets des promeneurs. Nous rencontrons aussi - par le plus grand des hasards - nos anciens voisins de Limni, qui au mois de mai avaient montré un grand intérêt pour notre voilier.

 

   

Les deux familles rentrent avec leurs deux bateaux après des vacances décevantes et même quelque peu traumatisantes: encore fortement impressionnés par les événements, ils ont eu jusqu'à 65 noeuds de vent lorsque la tempête soudain s'est levée dans Kaffirasstreet - entre les îles d'Eubée et d'Andros - juste au moment où le moteur d'un des deux bateaux est tombé en panne suite au développement de bactéries dans le carburant.

Allant nous acquitter de la taxe de passage du pont auprès de la police portuaire, nous apprenons qu'aucun pronostic n'est possible quant à l'heure de passage. Pendant la période de trois jours qui précède les mortes-eaux ( nous sommes actuellement dans le premier quartier lunaire ) les courants de haute et de basse mer sont irréguliers, comme il est mentionné dans la table du pilote d'Elias.

Par le va-et-vient de semi-rigides, à grande vitesse, l'attente n'est pas vraiment confortable et le bateau tire parfois violemment sur ses amarres. Kaat fait la découverte d'une vanne d'eau utilisable sous un cache métallique dans le pavement de la Promenade; nous nous réapprovisionnons en carburant grâce à nos bidons auprès de la station service située au bout de la rue parallèle, non loin de la grande place devant le pont.

 

A partir de 21heures nous sommes en veille sur le canal VHF 12: nous n'avons pas oublié l'aventure de deux compatriotes à qui on avait indiqué de rester en veille dès 22 heures comme il est de rigueur, et qui, peu après 21 heures, ont vu, de la table de leur restaurant, le pont s'ouvrir. Ceci leur a coûté une attente de 24 heures de plus! En fait l'heure de l'arrêt momentané du courant ( donc le moment de l'unique passage, de nuit ) n'est en fait jamais prévisible avec précision et le pont ne s'ouvrira que lorsque les appareils de mesure du courant indiqueront la renverse. Finalement, cette fois aussi, notre attente ne sera pas trop longue: à 23 heures nous passons le pont de Chalkis, une vraie chance comparé à ceux qui nous ont raconté leur attente jusqu'à 3 heures de la nuit!

 

Nous nous dirigeons vers le port sud où nous espérons trouver une place soit le long du (nouveau) quai (bien haut) soit à l'un des trois nouveaux pontons du club. Bien qu'il y ait ici peu d'éclairage nous réussissons sans difficulté à trouver une petite place au second ponton, entre un yacht et un petit canot. Ici, pas question d'utiliser notre mouillage: le fond de la darse est bien encombré, sans oublier les grosses chaînes qui retiennent les pontons ... nul trace encore de pendilles. Les vannes toutes neuves laissent couler l'eau mais le prises de courant, encore hors d'usage, sont cachées sous des sacs de plastique noir. Au cours de l'après-midi nous étions venus reconnaître l'état des lieux et des travaux: nous avions aussi tenté d' obtenir quelques renseignements auprès du club mais ... en pleine haute saison, celui-ci est fermé pour cause de vacances jusqu'au 3 septembre ... Nous avions aussi constaté que, conformément aux habitudes grecques, le nouvel agrandissement était déjà presque complètement accaparé - évidemment de façon tout à fait anarchique - par (principalement) une multitude de petites embarcations et de semi-rigides, alors que le nouveau quai servait à ce qu'il nous semblait être un parking à bateaux gratuit pour quelques voiliers étrangers temporairement abandonnés par leurs propriétaires.

 

30.08.09: Chalkis (pont côté sud, ports sud) (N.EVIA) > Voufalo (N.EVIA) 28 NM, 07H15-12H45.

 

Voufalo. A l'heure de midi, après une navigation assez décontractée de 28 MN, nous jetons l'ancre dans 5,50m d'eau, tout juste derrière la petite avancée de terre sur laquelle se trouve le feu tribord. Il y a ici trois petits appontements en bois mais ceux-ci sont occupés, tout comme le petit quai; du reste, il y a là peu d'eau - de 1 à 1,5m. Nous avions pourtant espéré pouvoir accoster - sur notre mouillage arrière - à la petite jetée la plus éloignée, où il y a le plus d'eau. Non, donc. Notre annexe est enroulée sur l'avant-pont, car nous ne voulons pas la traîner sur de longues distances et nous n'avons pas la place ni sur l'avant du pont ni sous la baume. Nous n'irons donc pas à terre. Il fait magnifique et l'eau bleue est une réelle invitation. En fin d'après-midi le vent fraîchit un peu et de petites rafales lèvent des vaguelettes. L'un après l'autre tous les canots-moteur et la plupart des visiteurs des quelques restaurants quittent le village: mais alors encore la conduite macho crée une désagréable houle et des vagues. Que ceci crée des désagréments pour les occupants des deux voiliers au mouillage - qu'ils passent de près - semble échapper à ces messieurs, tristement contraints, sans doute, à prouver de cette unique façon leur virilité auprès de leur cour féminine ... Lorsque Kaat attire l'attention d'un semi-rigide équipé de 2x 250cv, cet assurément grand marin réduit finalement sa vitesse et disparaît la tête quelque peu enfoncée entre les épaules ... pour - 50 m plus loin, en un bruit d'enfer et dans une mer d'écume - faire vomir par son joujou tous ses chevaux possibles ... Quand le calme est revenu, le soleil commence sa lente descente, et, nous savourons le calme retrouvé de cet agréable mouillage. Une petite musique - grecque, enfin! - vient jusqu'à nous. Demain ce sont plus de 35 M qui nous attendent dans cette partie la plus venteuse entre l'Eubée et le continent, mais un dernier bulletin météo, grâce à notre liaison internet, nous rassure.

 

Le long de l'Attique

 

31.08.09: Voufalo (N.EVIA) > Olympic Marina, près de Lavrion (ATTIQUE) 37,6 NM, 06H15-13H30.

 

   

Au plus nous descendons vers le sud au plus le risque de vent violent augmente, certainement dans le parages de Kaffirasstrait, l'étroit passage entre la pointe sud de l'Eubée et Andros. Bien qu'il soit annoncé peu de vent nous savons en quittant Voufalo qu'ici il n'est presque jamais question de "peu de vent", certainement en été. Le vent de secteur nord, par rapport à notre cap vers le sud, se situe entre 150° et 180°, fort de 7 à 12 nds, suffit pour perturber ce capricieux South Evvoikos kolpos ...

Si pour nous le beau temps devrait se maintenir, par les dernières prévisions de ce matin nous savons que tout autour de nous " probably thunderstorm (soon) " a été annoncé. Mais normalement nous devrions échapper aux orages.

Nous sommes donc partis de bonne heure et nous espérons arriver tôt dans l'après-midi. Nous naviguons sous grand-voile , avec un ris et retenue de bôme, car sur notre petit voilier suivant cette allure, la bôme n'est pas très stable. Le long de cette côte de l'Attique, pas particulièrement belle si nous n'avions pas la vue des îles sur bâbord (S-Eubée, Andros, Makrinitsa), il y a pas mal de refuges - bien que pas particulièrement bons et sûrs, mis à part Porto Rafti.

 

Derrière la ligne de côte et ses collines nous voyons apparaître les conséquences des très graves incendies qui la semaine passée ont touché Marathonas et d'autres villages du poumon vert d'Athènes.

 

Hier nous avons réservé par téléphone une place à Olympic Marina: mardi connaîtrait une météo perturbée, avec pas mal de vent, éventuellement de l'orage, et nous avons quelques tâches domestiques et un peu d'entretien au bateau à faire. Nous apprécierons donc pleinement cette escale dans une marina, malgré le prix relativement élevé.

 

Bon accueil à notre arrivée. Nous nous mettons au travail. Le soir nous allons souper à Lavrion, par la route à environ quatre kilomètres, car le restaurant de la marina ne veut nous servir, à 21 heures, que des toasts! Lorsque, vers 23 heures, après une promenade le long du port à la sortie d'un petit mais agréable restaurant non loin du marché au poisson, nous cherchons un taxi pour rentrer à la marina, nous apprenons de la bouche de l'exploitant du kiosque près de la station de taxis que in this small village (!) there are no taxis more at this late hour! Mais en Grèce, quand on a un vrai problème, il y a - encore! - souvent quelqu'un qui propose de vous aider, cela - charme particulier de la Grèce - n'a donc toujours pas changé! Après avoir sa boutique, cet homme, qui a passé quelque temps à Charleroi (B), propose de nous reconduire dans sa voiture ... full-options!

 

01- 02.09.09: Olympic Marina, près de Lavrion (ATTIQUE).

 

   

Journée très venteuse donc aujourd'hui, 1er septembre: dans le port 25 nds à notre anémomètre pourtant bien paresseux - en fait, il ne donne que la moyenne. En taxi nous nous rendons à nouveau à Lavrion afin de voir le port en plein jour et faire quelques courses. L'après-midi notre attention va au bateau et à son l'entretien.

Le soir nous retournons à Lavrion mais nous prenons la précaution de réserver un taxi pour le retour!

Le 2 septembre: encore beaucoup de vent au cours de la matinée et une mer toujours bien formée: ce ne sont pas les conditions idéales pour passer Cap Sounion et traverser le golfe Saronique vers l'île d'Egine.

Nous resterons donc une journée de plus à la marina.

 

L'après-midi nous avons pour voisin de catway un voilier sous pavillon allemand. Ils viennent de Lavrion - port particulièrement désagréable et bruyant - mais hier ils sont partis de Kithnos pour rejoindre Lavrion: ils avaient le vent et vagues contraires. Un vrai combat. Parfois ils ne faisaient plus 1 nd! Ils laisseront le bateau ici, où leur fils viendra le reprendre, et prennent l'avion samedi, après quatre semaines de "vacances": vents violents, sel, fatigue, stress ... A les entendre nous pensons que lorsqu'on a le temps, il vaut mieux éviter de pareilles expériences ...

 

La traversée vers Egine

 

03.09.09: Olympic Marina, près de Lavrion (ATTIQUE) > N. Aeginaina, 37 NM, 07H10-14H30.

 

   

Aujourd'hui aussi nous sommes partis de bonne heure pour la traversée d'une grande partie du golfe Saronique.

Bientôt apparaît dans la belle lumière gris-bleu et orangée du matin, le temple de Poséidon au-dessus de Akra Sounion. Grâce à un faible vent de près nous réussissons à garder notre grand-voile pleine: celle-ci donne à Nehalinnia toute la stabilité nécessaire pour poursuivre sa route confortablement quand, même au loin, un petit bateau de pêche, ou un gros navire, crée une houle désagréable.

A 10H00 nous sommes à 17 milles de notre point de route, à la pointe SE de l'île d'Egine. L'écran du pilote automatique indique un cap à l'ouest de 279°. Après cap Sounion nous avions un de courant défavorable d'un bon demi-noeud, mais à présent le bateau progresse sur le fond à la vitesse du loch. Même si cela ne fait qu'une petite différence, cela est encourageant à l'approche de l'entrée et de la sortie des couloirs du VTS du Pirée. Qu'en ce moment il n'y ait que peu de trafic, n'est pas non plus pour nous déplaire. Il fait lourd, humide.

 

Notre sondeur nous inquiète quelque peu: qu' ici il ne puisse plus indiquer la hauteur d'eau est normal - le golfe Saronique atteint des profondeurs d'environ 215m et l'écran clignotant indique seulement 7m - mais l'indication des unités semble clignoter également, probable signal d'un problème. Mauvais présage, selon Eric. Le manuel d'utilisation semble confirmer nos craintes. Un bateau de travail - sur le pont une imposante grue -, droit derrière nous: est-qu'il nous rattrape , est-ce qu'ils nous ont vu dans cette mer de soleil éblouissant, assurent-ils bien une veille appropriée et constante? Et ce sondeur ... Peut-être devrons-nous essayer de le remplacer à Egine, il y a quelques shipchandlers ... ou à Lefkas, mais Lefkas est encore loin, il nous reste tout le golfe de Corinthe, et le golfe de Patras, puis la remontée vers Lefkas ... et pour Mesolongi il vaut mieux disposer d'un sondeur fiable... flashes successifs ... nos regards traduisent notre inquiétude ... Entre temps le navire a changé de cap , il se dirige vers Le Pirée... Eric part à la recherche du problème, à genoux, la tête formant un angle de 90°, maltraitant ses vertèbres cervicales, là, sous la table du carré, sous le plancher, au fond derrière le tiroir ... il contrôle la tête du sondeur dans son bain d'huile, puis le câble; avec un spray de contact il traite les raccordements. Sans résultat. A 11H15 nous laissons le Piraeos VTS derrière nous. Cette fois nous n'avons pas eu à nous dérouter: les gros navires étaient soit loin devant, soit loin derrière nous, deux ont modifié leur cap nous considérant prioritaire! Toujours pas ou peu de vent - (ap) 036° sur tribord, 6nds. Au loin, à l'ouest, au-dessus de Corinthe, des gros nuages annonçant l'orage se forment, de hautes tours de cumulo-nimbus, enclumes énergies impitoyables... 13H00: Akra Pyrgos est à environ 1MN. Kaat reprend la barre et fait progressivement prendre au bateau un cap plus au nord: veut-elle envoyer Nehalinnia sur les rochers? Alors, très lentement, apparaît entre les deux îles, entre Egine et la très petite Nisos Moni, un étroit passage. Le petit port de Perdika est maintenant sur tribord. Et quand Kaat se met à barrer vers le NW, vers le port de la petite ville d'Egine, le vent est arrière, 5nds, nous dit notre anémomètre.

 

   

A 14H30 notre petit voilier est amarré au quai de la ville, sur mouillage arrière, serré entre deux unités de plus de 40 pieds.

La propriétaire néerlandaise du Yucatan, un Hallberg Rassy 45, veille dans ce port infernal avec une extrême application sur son magnifique bateau, elle raconte le voyage sur son blog - www.yucatan.nu - et, tout en perfectionnant son style, elle y raconte aussi des histoires bien surprenantes - Marcella's andere verhalen.

A la tombée de la nuit le port est plein. Pour Marcella, les prochaines heures seront moins stressantes. La houle, que, de jour, les hydroglisseurs causent dans la darse, de façon presque permanente, se calme alors que le trafic est arrêté pour la nuit. Mais des voiliers et un yacht, encore, arrivent: c'est dans la nuitqu'ils chercheront une introuvable place ...

Nous rechercherons le calme et la tranquillité - relatifs! - à l' Ouzeri Tsias. Egine, non merci, plutôt pas!. Et, à propos, ce sondeur ? Eh ..., oui, il fonctionne ...normalement!

 

Vers Corinthe

 

04.09.09: N. Aeginaina > Korinthos (Peloponnisos) 27,3 NM, 07H00-13H20.

La nuit a été agitée, longtemps encore il y a eu du bruit et ce matin tôt nous avons été réveillés par le bruit strident des freins des camionnettes de livraison. Le bulletin météo que nous allons chercher sur la toile prévoit un vent faible de W à NW de 2 à 7nds. Poséidon nous annonce par texto qu'à 14H00 le vent sera SE 2Bft. Mais à 08H30 notre anémomètre indique un vent apparent de NW de 20nds. La suite sera donc un combat contre les vagues courtes car ici la mer monte rapidement. Si nous voulons progresser quelque peu pour pouvoir passer le Canal de Corinthe aujourd'hui, alors nous devons garder les petites îles Diaspora au nord; la route que nous avions suivie en mai, passant au sud de N. Ypsili et au nord des Diaspora, selon un cap 305°, signifierait pendant 25 MN, aller contre les vagues. A 10H45 nous sommes à 1,5 MN à l'est de N. Evraios: les vagues sont un peu moins courtes, nous mesurons NNW 24nds (ap.). Il nous reste 9MN jusqu'à l'entrée du canal. Le vent fort ne faiblit pas à l'approche mais la mer se calme. 12H00: nous amarrons au large quai devant le bureau et la tour de contrôle. Il nous faut tous nos pare-battage et nos deux ballons de 45cm pour protéger le bateau face au imposant quai et ses soubassements creux. Les formalités sont fortement simplifiées car toutes nos coordonnées ont été informatisées lors de notre passage de ouest en est; nous nous acquittons de la taxe de passage grâce à notre carte Visa.

   

L'attente, avec veille sur le can.VHF 11, ne sera pas longue: à 12H25 nous recevons l'autorisation de passage. Un voiler danois qui s'était déjà avancé àl'ouverture du pont lorsque le feu s'était mis au vert, fut promptement et fortement rappelé à l'ordre: il lui fallut attendre l'autorisation explicite de vive voix ... car un catamaran britannique - plus lent - arrivait encore à la sortie du canal! Le Danois, s'il avait été bien pressé, en avait perdu toute envie: à vitesse particulièrement réduite il fera le parcours ...

Tous les mardis le canal est fermé pour cause de travaux d'entretien, mais au vu des parois et des berges, l'entretien semble se limiter à des pierres et rochers qui risquent à tout moment de se détacher. Ce sont de véritables travaux de profonde restauration qu'il faut à ce canal, autrefois si fier dont les hautes parois avaient un aspect si lisse! De nombreux navigateurs qui ont emprunté le canal il y a plusieurs années, témoignent de la détérioration certaine ...

Signe des temps: sur un des ponts il y a une installation pour les sauts à l'élastique; lors de notre passage quelques téméraires plongent en combinaison dans l'eau, entre les voiliers, sous les applaudissements des spectateurs admiratifs.... impressionnant, mais les autorités du canal sont présentes... par VHF, à ce que nous entendons.

 

13H05. Lorsque nous passons le pont à la sortie du canal - celui-ci descend dans les eaux -, un vent fort nous accueille, pas surprenant comme nous avions pu lire dans le pilote; le port de Corinthe est à 1MN vers le sud. Demain nous voulons continuer vers Galaxidi: il est donc plus simple de nous mettre à couple, le long d'un voilier de 28' grec, notre étrave déjà tournée vers la sortie du port - le quai en béton ne nous inspirant pas vraiment et l'utilisation de notre mouillage au milieu des nombreuses bouées, coffres, chaînes au fond de ce petit port et pendilles, encore moins ... Ce soir nous soupons à bord: comme lors de notre escale à l'aller nous ne goûtons pas vraiment l'ambiance ici; heureusement, le restaurant Mediterané [sic] est très soigné et propose un beau choix d'excellents plats à emporter ... que Kaat décide d'aller chercher!

 

05.09.09: Korinthos (Peloponnisos) > Korinthos (Peloponnisos) 27,2 NM, 06H50-12H30 (!!!).

Le récit d'un retour à la case départ! A 06H50 nous quittons le port de Corinthe. Un ris dans la grand-voile et 38 MN devant nous. Quand à 09H30 nous avons encore plus de vingt milles à parcourir, le cap Melagavi et la baie de Corinthe sont déjà quelques milles derrière nous. Le temps est ensoleillé mais l'anémomètre indique 21 nds du NW [ap] et les vagues sont perpendiculaires à notre cap ... vers le NW.

 

   

Les différences de profondeur sont importantes: nous avons maintenant environ 830m sous la quille alors qu'à deux milles derrière nous, la profondeur "n'est que" de 200m! Bien qu'il n'y ait pas beaucoup de vent, les vagues d'environ 1,50m, sontcourtes: régulièrement elles réduisent sérieusement la vitesse du bateau, qui retombe alors à 2,5nds. Quand le bulletin météo d'Olympia-radio annonce du NW 4 pour toute la journée, notre décision est rapidement prise. En deux bonnes heures nous regagnons Corinthe: un ris dans la grand-voile, retenue de bôme, et sous foc de route, c'est à 6nds de moyenne que nous avançons, les vagues passant allègrement sous le bateau.

Nous amarrons le long du quai sud. Dans l'après-midi Christos et Joanna reviennent avec leur Ioanna de vacances dans les petites-Cyclades. Un des prochains jours ils nous inviteront pour une surprenante ballade en voiture dans les environs.

Ce soir un violent orage se déchaîne sur Corinthe et un violent vent du nord colle Nehalinnia contre le quai en béton; deux chaussettes de pare-battage en seront les innocentes victimes. Sous une pluie battante nous nous emploierons à tenir notre bateau éloigné de la paroi rugueuse, tout comme nos voisins, parmi lesquels, le peintre arménien et canadien, Aslanian, d'origine égyptienne, arrivé en solitaire de l'île de Trizonia. Ensemble nous aurons encore quelques échanges agréables...

 

 

08.09.09: Korinthos (Peloponnisos)

 

   

Le temps perturbé - pluie et orages - se maintient: un W à NW 5-6 Bft et des vagues dans le golfe de Corinthe de 1,5 à 2m nous obligent à patienter dans ce port pas vraiment confortable.

Sur les conseils de Christos et Johanna nous nous sommes déplacés: nous avons à nouveau amarré le bateau en tête du premier ponton recouvert de bois. Le voilier grec a trouvé une place le long du quai nord. Le voilier belge Gaviotta de Paul et Christine, est également amarré au quai nord, en couple avec un 38 pieds sous pavillon grec. Ils sont arrivés avant-hier; eux aussi, ils avaient été surpris par la hauteur des vagues dans le golfe et ils avaient vécu l'orage au mouillage ... Mais le Gaviotta est bien plus grand que notre voilier et son équipage, des voileux bien plus hardis et expérimentés! Ils resteront également quelques jours ici jusqu'à ce que le temps s'améliore. Ils sont en route vers la Turquie et veulent encore reconnaître le golfe Saronique avant de clore la saison à Egine.

 

 

Christos et Johanna nous emmènent d'abord voir le chantier où ils mettent leur bateau en hivernage. A quelques milles à l'est du canal de Corinthe, dans l'ouest d' Akra Sousaki, il y a un bon parking à bateau, pas particulièrement grand, avec quais d'accès, Sousaki Yacht Service: les terrains, complètement asphaltés, bien équipés de points d' eau et d'électricité, sont entièrement entourés de clôtures et gardés 24/24H. Sur les terrains nous remarquons déjà quelques voiliers et yachts étrangers, et un yacht pend en ce moment dans les sangles du grand travellift. Avec les chantiers Asprakis et Jordan Kanonis sur l'île d'Egine, Sousaki Yacht Service nous semble être un bon endroit pour laisser son bateau en sécurité, pour autant que l'on opte pour le golfe Saronique. Si nous devions pour l'une ou l'autre raison ne pas poursuivre notre voyage cette année, ce ne serait pas le choix qui manquerait! Et cette certitude est une assurance car on ne sait jamais ... Ainsi, aussi avions-nous repéré lors de notre navigation le long des côtes de l'île d'Eubée, le Evia Sea Centre près d' Angistri - chantier qui nous avait du reste été recommandé par plusieurs navigateurs ...

 

   

 

Mais Christos veut nous montrer trois sites remarquables dans les environs: la station balnéaire réputée de Loutraki, le lac Vouliagmeni, et, le phare et l' Heraion de Perachora.

Notre reconnaissance nous mène d'abord vers le lac Vouliagmeni; nous traversons Loutraki pour emprunter la route vers l'ouest de la péninsule d'Agrilios. Ce qui fait la particularité de cette mer intérieure c'est qu'elle n'est reliée à la mer que par un passage très étroit - large de seulement quelques mètres, tout juste assez profond pour permettre le passage d'une petite embarcation pourvue d'un moteur puissant car les courants sont forts. Nous faisons le tour du lac qui compte quelques belles plages, mais il y a beaucoup de vent et même ici ces eaux pourtant habituellement calmes, sont agitées. Assurément ce n'est pas une journée pour une agréable baignade. Maintenant les tavernes sont plutôt abandonnées mais pendant les week-ends il peut y avoir affluence. Il y a aussi un camping mais il ne nous semble pas très accueillant: du reste, en cette première quinzaine de septembre il est déjà fermé! Bruyant pendant les vacances, nous dit Christos. Bien qu'il s'agisse ici d'un site protégé, nous voyons sur les collines les signes de la pression urbanistique ...

 

L'étape suivante nous mène encore plus au bout du monde.

 

   

Du sentier qui conduit au phare, nous découvrons, regardant vers le bas, sous le flanc de colline, où mène un escalier creusé dans la roche, à gauche, l' Heraion - les restes d'un sanctuaire consacré à Héra, à droite une crique, une antique anse portuaire, et droit devant nous, une église orthodoxe ...

Par le sentier qui mène au phare nous accédons pratiquement à la pointe du cap Melagavi, que nous avions laissé, il y a quelques jours, lors de notre départ raté pour Galaxidi, sur tribord, avant de faire demi-tour et de rentrer à Corinthe.

D'ici nous avons une très belle vue: devant nous, dans l'ouest, le golfe de Corinthe; à notre gauche, vers le sud, la côte du Peloponnèse; derrière nous, vers l'est, la baie de Corinthe et la ville; au nord de la ville, l'entrée du canal et la station balnéaire de Loutraki, dominée par les imposants monts Geraneia. Sur notre droite, donc dans notre nord, le golfe d'Alkyonidon.

 

Il n'est donc point étonnant que les éléments météorologiques soient parfois bien irrités ici. Ajoutons-y la température de l'eau. Lorsqu'alors les foudres de Zeus et le trident de Poseidon décident de compliquer la navigation des humbles voileux, ceux-ci ne pourront qu'espérer trouver protection ... dans le port!

La nuit tombe et la lumière est magnifique mais il est temps de regagner Loutraki et sa Promenade et d'y chercher un bon restaurant.

 

Loutraki est un mélange d'une station balnéaire chique ...et populaire. Des bâtiments laids, mornes, y côtoient des immeubles de bon goût. En avant de la promenade, là où celle-ci forme une courbe, on a récemment construit un petit port; en fait il se réduit à un quai en béton et quelques bouées sur coffre. Pas vraiment l'endroit rêvé. Puis, le long de cette Promenade de plusieurs kilomètres - elle mène presque jusqu'au canal -, une succession quasi ininterrompue de cafés, d'hôtels et de restaurants. De l'autre côté, le long de l'étroite plage, une succession aussi infinie, presque, de parasols et de lits de plage. Loutraki est encore très animé mais l'âge moyen de la majorité des promeneurs nous rassure: nous sommes encore jeunes! Christos et Johanna nous emmènent vers un restaurant qu'ils fréquentent souvent et où on nous sert de succulents poissons. Pour les remercier de nous avoir proposé ce petit circuit touristique inattendu, nous les invitons à déguster une belle glace au Grand café où un public exclusivement grec, visiblement chic et aisé, passe ses soirées en papotant ...

 

 

A nouveau le golfe de Corinthe

 

10.09.09: Korinthos (Peloponnisos) > Galaxidi 35,8 NM, 06H50-14H00.

Mais même le temps le plus capricieux a besoin de répit: à en croire les prévisions météo, nous aurions aujourd'hui une belle journée. Nous avons pris congé de Christos et Johanna. Hier il nous a montré sa dernière acquisition: un magnifique accordéon électronique. Comme l'année passée - jour pour jour - le jour de l'anniversaire d'Eric, nous avons pu savourer quelques moments musicaux exquis, grâce à son talent et à sa chaude voix profonde. Nous nous sommes promis de nous revoir après ces mois d'hiver les plus sombres.

   

Le vent est N à NE, nous naviguons sur grand-voile et foc de route. Nous avons 1nd de courant favorable. Hélas, régulièrement nous devons démarrer le moteur car le vent est (6 à 8 nds [ap]) trop faible pour pouvoir bien progresser et nous voulons tenter d'atteindre Galaxidi car pour cette nuit et demain les prévisions sont à nouveau pessimistes - temps venteux et orageux!

A 06H45 nous avons quitté Corinthe. 10H00. Nous suivons un cap NW de 315° et nous sommes à 15 MN du point de route au sud de Krissaios kolpos, le golfe où sont situés Galaxidi et Itea.

Itea a un nouveau port pour la plaisance - toujours sans équipements; les bloc sanitaires neufs sont encombrés de matériel et servent de débarras même pour y entreposer des vieux tapis! Mais on y demandera ( peut-être! ) d'acquitter une taxe d'amarrage dont la destination pourrait être bien peu claire ...

 

Ce n'est donc pas à Itéa que nous allons, où l'exploitation de mines de bauxite dont les poussières peuvent atteindre la ville, a pour conséquence un trafic - bien que réduit - de cargos. Nous nous sommes arrêtés à Itéa au mois de mars lors de notre petit voyage en voiture, et la ville nous a paru - comme autrefois - poussiéreuse, monotone sans intérêt. Galaxidi par contre est pittoresque et dispose maintenant d'un bon quai - rénové - avec équipements. Lors de notre voyage aller nous y sommes restés un jour de plus et cette escale nous a bien plu. 11H40. Nous suivons maintenant un cap nettement plus nord, vers le point d'approche de Galaxidi, entre les îlots Agios Georgios et Apsifia. Nous savons que c'est le passage obligé pour accéder au port après avoir contourné - sur bâbord - le rocher sur lequel, dans un grand rectangle gris-blanc, on découvre la silhouette d'un dauphin. A 14 heures précises nous amarrons notre voilier au quai. Fin d'une étape sans problèmes. Après des jours de doute à Corinthe, enfin, Galaxidi.

 

15.09.09: Galaxidi

 

  Au quai public a GALAXIDI  

Fin d'un été grec: après l'orage à Corinthe nous nous demandons ce que nous pouvons encore espérer de ce beau mois de septembre tant vanté ... De forts vents du nord et d'est apportent quotidiennement leur lot de gros nuages, et si ce n'est pas un orage qui se déchaîne, alors ce sont des averses qui gâchent tout sentiment estival.

Nous ne voulons pas trop nous plaindre mais ceci n'est pas le temps que nous étions venu chercher en Grèce. Après l'hiver anormalement pluvieux à Lefkas, nous aurons ici, à nouveau, de la malchance. Changement de climat. Réchauffement. C'est ce que nous entendons. Ou , simplement, selon d'autres, une " moins bonne année ".

Nehalinnia est amarré tout juste à côté des larges marches. Nous avons eu trois voisins successifs: d'abord un couple d'Allemands en route vers la Turquie. Malgré le mauvais temps ils sont partis: ils devaient retrouver leurs filles à Epidaure. Puis ce fut un grand yacht grec, ensuite un voilier de location, dont l'équipage - deux couples en vacances, également des Allemands - ont pris tout leur temps pour visiter la région en voiture. Nous les reverrons à Mesologgi.

 

 

   

A l'avant du quai, où celui-ci forme un promontoire, s'élève une sorte de kiosque. Erigé une première fois en 1922, il servait d'entrepôt et permettait de protéger les marchandises la pluie et du soleil. Plus tard le kiosque a été reconstruit et agrandi . A cette époque - et longtemps encore - Galaxidi et les villages environnants n'étaient accessibles que par bateau. Point de routes. La ville fonctionnait comme centre régional mais les habitants se tenaient hautainement à l'écart des villageois. Les mariages se concluaient principalement entre familles de Galaxidi. Ceci expliquerait un nombre relativement plus important d'affections mentales et physiques. Nous nous en étions étonnés. La consanguinité aurait causé, dans presque chaque famille, des déviations héréditaires, nous explique-t-on. Drames silencieux derrière les murs et les volets clos ...

Bien que Galaxidi ait perdu beaucoup de son prestige - au XIXe siècle le deuxième centre nautique, après Syros (apprenons-nous dans le Guide du Routard) - une certaine atmosphère d'importance subsiste. Il y a encore de belles demeures - e.a. celles des anciens armateurs - et même lorsqu'une

 

détérioration certaine est apparente,des éléments décoratifs révèle l'ancienne et relative richesse. Actuellement Galaxidi est une destination recherchée tant par les touristes étrangers que par les Grecs. De plus, Delphes n'est pas loin, et de nombreux navigateurs visitent d'ici le sanctuaire d'Apollon. Ce site magnifique et imposant, nous l'avons déjà visité quatre fois, à des heures et lors de lumières bien différentes - ce fut même, cette fois-là, le lieu d'une rencontre mémorable et quelque peu surréaliste. Une cinquième visite ne fait donc pas partie de nos intentions immédiates!

 

     

 

 

Par (forts) vents de N et de NE le port est passablement inconfortable. La plate-forme avec le kiosque offre une certaine protection à la houle, qui, déviée, pénètre néanmoins dans le port mais là où nous sommes amarrés, ce n'est pas trop désagréable. Le pilote mentionne que l' amarrage à l'est et au sud du kiosque peut être alors non seulement très inconfortable, mais même dangereux. Il y a trois jours, à notre grand étonnement, nous avons eu pour voisin un grand yacht sous pavillon grec, 46 pieds, trop grand pour ici, pensions-nous. Un peu plus tard, un plus grand encore fit son apparition ... 86 pieds!

 

Dimanche, en fin de matinée, les deux yachts disparurent: fin du week-end! Aujourd'hui, vers l'heure de midi, une belle et grande annexe fait son entrée dans le port. Accompagné d'un membre d'équipage, le propriétaire d'un super-yacht - battant pavillon maltais - qui depuis hier mouillait dans la baie, et sa femme, montent sur le quai. Il veut y amarrer son yacht. Anastasis est un personnage connu ici: c'est un pauvre bougre, un peu agité, qui gesticulant et à grands cris, aide les bateau qui se présentent à l'entrée, à s'amarrer, en échange - espère-t-il - de quelques pièces ... Il parle assez bien l'anglais et ils sont nombreux à utiliser ses services et ... à oublier la petite gratification! Bien vite naît un échange assez irrationnel entre le milliardaire et le maître de port autoproclamé. Ce yacht est bien trop grand pour s'amarrer au quai, semble prétendre Anastasis tout en gesticulant sauvagement. Mais le couple ne veut rien entendre et leur crewman-serviteur commence à évaluer les manoeuvres nécessaires, bien contraint d'obtempérer. Grivas non plus, le water-electricity and fluelman - comme mentionne sa nouvelle carte-, qui soudain est apparu - sortis de nulle part - et bien plus tôt qu'à ses habitudes, ne peut convaincre le yachtman. Puis soudain Grivas fait volte-face, change d'avis, oui, c'est possible, aucun problème .... un pareil yacht est même particulièrement le bienvenu, of course, approvisionnement en eau et en carburant... mais bien sûr, immédiatement, quand vous voudrez ... une demi-heure plus tard, monsieur et madame se congratulent, tout souriants, sur le quai du petit port de Galaxidi, débordant d'admiration pour leur yacht et l'emplacement conquis, prenant de multiples photos. Le yacht de 110 pieds a mouillé deux ancres et passé ses amarres dans les petits anneaux en acier inoxydable, fixés dans le ciment. Tout comme, quelques mètres plus loin, de l'autre côté de l'escalier de pierre aux larges marches, un voilier de 8,50m: Nehalinnia! L'équipage, trois hommes et deux femmes, ne tarde pas à se mettre au travail, car le yacht doit être impeccable!

 

   

En fin d'après-midi le vent forcit ainsi que la houle. Quand nous allons à l'Hotel Poseidon pour prendre une douche, il se met à pleuvoir légèrement ... quand nous revenons au bateau nous voyons un deuxième mega-yacht, plus grand encore, manoeuvrer entre le kiosque et le yacht maltais. Les deux géants dépassent de loin la mi-chenal de ce qui n'est en fait qu'un port pour Lilliputiens, comparé à leur dimension. Le générateur du yacht maltais tournera toute la nuit afin de fournir illumination et air conditionné. Tous resteront à bord, personne ne dînera à terre. Des yachts toutes les portes resteront closes, de leur encombrante escale les restaurants ne tireront le moindre sou. Mais nous, nous profiterons cette nuit de ces coupe-houle...

Pendant le souper à la sympathique Liberty-ouzeri, nous apprenons que cet été, plusieurs fois de très grands yachts sont venus s'amarrer dans le port. Phénomène récent, nous dit-on, mais maintenant tout le monde est au courant, on sait qu'il y a assez d'eau dans cette partie du port, au quai. Parfois il y en a eu bien six. Et quelques plus petits, aussi. Le 15 août il ne restait que quatre emplacements pour des voiliers de passage. Exhibitionnisme obscène d'une trop grande et arrogante richesse ... On nous dit que des environs les badauds, des gens des villages venaient admirer ces yachts de riches. Eux, ils consomment... un café, une bière ou une pizza ...

 

 

16.09.09: Galaxidi > Messolonghi 50 NM, 06H45-16H30.

Messolonghi - ou Mesolongi, il y a plusieurs transcriptions - est à 58 MN. Il y a bien quelques port où nous pourrions nous arrêter le cas échéant, en cas de problème ou de gros temps - N.Trizonia à 21 MN, puis Nafpaktos 11NM plus à l'ouest (s'il le fallait vraiment), et encore Patras à 39 NM (où il y a une marina).

 

   

Nous voulons néanmoins tenter d'atteindre Messolonghi, ensuite il ne nous restera alors qu'une étape jusqu'à Lefkas Marina (ou deux, avec une escale à Astakos ou à Vathy, sur l'île d'Ithaque; ou à Sivota, à la pointe SE de Lefkas, encore une possibilité). Nous avons vraiment envie de progresser car le temps médiocre et variable se maintient - pronostique météo risqué donc -: il nous faudra tirer le maximum de chaque journée meilleure ... Nous avons à Lefkada quelques rendez-vous qui deviennent plus urgents (laboratoire, dentiste, et puis notre provision de pains exempts de gluten diminue; nous voulons aussi encore revoir Wil en Jeanine avant leur départ pour les Pays-Bas).

Les prévisions météo pour aujourd'hui pour Korinthos kolpos ne nous semble pas trop mauvaises, au contraire - NE 2 à 3 Bft - mais au cours de l'après-midi le vent passera à l'ouest dans le golfe de Patras. A 09H30 - cela fait déjà trois heures que nous sommes en route - cap Psaromyta est à tribord. Si nous voulions aller à N. Trizonia, il nous faudrait suivre un cap NW mais nous continuons vers l'ouest - cap 280° -, vers le nouveau grand pont au-dessus du détroit de Rio-Antirrio, le passage du Korinthos kolpos au Patraikos kolpos.12H00: nous sommes à 4MN du pont et le courant est toujours favorable. Le vent - qui est maintenant vraiment arrière - a légèrement monté, 7-8 kn [ap.].

 

   

Par précaution nous avons pris un ris dans la grand-voile et frappé une retenue de bôme; notre foc est enroulé car le vagues arrière sont un peu plus hautes et nous ne pouvons garder le foc plein à cause du roulis.

A 12H20, à 2MN du pont, nous nous annonçons une première fois auprès de Rion-traffic sur can. VHF 14. Le vent ne cesse de forcir à l'approche du pont et du détroit qui forme un vrai entonnoir: 15 nds, 160° sur tribord (ap.).

12H35 Rion-traffic nous fait savoir que nous pouvons maintenir notre cap afin de passer entre le piliers M4 et M3 - one pillar on your SB three pillars on your port, keep watch on chan. 14 and after the bridge on chan. 16, nous assure-t-on tout en nous souhaitant une bonne route ...

 

Sur tribord nous voyons un petit tanker quitter le mouillage d' A. Antirrio. Une grosse vague d'étrave blanche ... ouf, il va passer derrière nous, puis il commence à nous rattraper sur bâbord. Les vagues sont de plus en plus hautes - 1,50m - et dans une écume blanche, elles roulent sous la coque. L'anémomètre indique 17nds [ap] mais maintenant nous sommes au grand largue bâbord amures. Il nous faut empanner sur grand-voile car celle-ci est à contre! Alors tout va très vite: nous empannons, et entraînés par le fort courant nous passons sous le pont à 12H47 précises.

 

   

Tendue, Kaat barre droit, bien au milieu entre les deux énormes piliers; nous voyons l'eau bouillonner autour des gigantesques socles de béton. Sous le pont - tellement haut au-dessus de la tête de mât - le temps s'est comme arrêté, le vent tourbillonnant vient soudain de partout ...

Nous sommes passés. Vent [ap.] 130° sur tribord, 13 nds. Ici, les vagues sont nettement moins hautes. Nouvel empannage.

Du port des ferries d'Antirrio un ferry termine sa manoeuvre de départ. Son étrave pointe en un angle de 45°, dans notre direction. Il attend. Il passera derrière nous.

13H10: Olympia-radio annonce "Variable 3-4, good, thunderstorm soon". Il nous reste 15 MN jusqu'à la bouée d'approche verte du chenal qui mène au canal de Messolonghi. Si orage il y a, ce sera ce soir ou au cours de la nuit.

 

Le golfe de Patras

 

15H15: nous avons la cardinale S, qui marque le haut-fond au cap Evinos , sur tribord. Encore un peu plus de 4 MN, mais le vent est passé à l'ouest. Le courant aussi, ici, nous est défavorable ...

Peu après quatre heures nous entrons dans le canal qui mène au port de Messolonghi.

 

19.09.09: Messolonghi

Nous avons constaté que le temps à Nieuport est et était souvent en fait meilleur qu'ici (certainement en ce moment), car il fait très instable et les menaces orageuses se succèdent. Nous avons eu une bonne fenêtre météo qui nous a permis de rejoindre en un jour Mesolongi au départ de Galaxidi (58 milles, 50 milles grâce à un courant favorable de +-  0,5 - 1 nd ).  Heureusement car cela nous a permis de regagner l'ouest du golfe de Patras et de laisser derrière nous le très capricieux golfe de Corinthe! Hélas, nous sommes maintenant bloqués alors qu'il ne nous reste que 59 milles jusqu'à Lefkas. Journées de temps venteux et pluvieux mais ce sont surtout les orages qui empêchent notre progression. Une belle journée et un vent favorable - et non pas ce vent fort de nord-ouest,  notre cap! - permettrait de rejoindre Lefkas d'un coup, ou de nous rapprocher en faisant une halte à Ithaque. Mais pour les jours à venir le temps s'annonce trop incertain pour y risquer notre petit bateau! Le port de Messolonghi est  bien protégé et les travaux d'achèvement ont repris, qui devraient être dignes d'une belle marina grâce maintenant à une gestion (et des capitaux)  gréco-hollandaise (450 emplacements prévus). Mais - alors que cela constitue déjà tout un progrès comparé à la situation lors de notre passage en mai dernier - seuls les anciens pontons (qui seront ultérieurement remplacés), le bureau de la réception flambant neuf, deux douches et deux toilettes,  sont actuellement accessibles. Quelques bornes  pour l'eau et électricité viennent d'être installées sur les quais mais seule l'eau est raccordée. Le reste est actuellement réalisé .... sur papier uniquement. Des prix compétitifs font que déjà de nombreux bateaux étrangers comptent hiverner ici (tant à terre qu'à flot).

 

   

Un grand panneau à l'entrée des terrains et un site sur la toile dévoilent l'ambition du projet www.messolonghimarina.com .

Des élections anticipées ayant lieu en Grèce le 4 octobre, le premier ministre Karamanlis ( Nea Democratia, centre-droit ) a visité cet après-midi la future marina et s'est fait expliquer le projet ... Jamais auparavant nous n'avions vu un tel déploiement d'activité ( de nettoyage principalement ), bien que le résultat nous ait laissé plus que sceptiques. 

   

 

Mesolongi au passé glorieux dans la lutte pour l'indépendance contre l' empire ottoman,  est une de ces petites villes dotée d'enseignement supérieur (!). La ville est en cette fin septembre très animée et agréable, mais le port est toujours à 15 minutes - 5 minutes en taxi moyennant 3 euros! Nous avons encore découvert quelques restaurants ( e.a. Philoxenia, bonne table et bon accueil ) et des terrasses agréables ( p. ex. le café Byron ).

 

 

Retour en Ionienne

 

 

21.09.09: Messolonghi > Vathy (N. Ithaka) 36,6 NM, 08H00-15H45.

Notre réveil n'a pas sonné: nous partons donc un peu plus tard que prévu. Une dernière prévision météo annonce pour l'ouest de Patraikos Kolpos - c.à.d. jusqu'à N. Oxeia - seulement E 5 à 6Bf; ensuite, dans North-Ionio, suivant alors un cap au grand largue, nous profiterions d'un SE 4 à 5 Bft. Les orages - encore! - ne seraient prévus qu'en fin d'après-midi. Avec un ris dans la grand-voile, high aspect foc, et le moteur en plus, ce sera une chevauchée sauvage de 15 MN, que nous effectuerons en moins de deux heures et demie. La mer assez confuse et les vagues de 1,50m au moins, ne facilitent pas le travail de barre; de grandes différences de profondeurs, le vent des derniers jours et les courants de 0,5 à 1nd, ont créé un mer bien formée. Lorsque vers onze heures nous décidons de mettre le cap sur Vathy sur l'île d'Ithaque - 20 MN, et non pas d'un coup Lefkas - car nous n'avons pas vraiment confiance en le temps alors que déjà le ciel devient déjà laiteux au-dessus des montagnes de Céphalonie - la mer se calme un peu. Malgré tout la mer restera hachée, désagréable. Peu avant quatre heures nous amarrons au quai nord de Vathy. Deux heures plus tard il ne reste plus une place et une vingtaine de bateaux sont au mouillage.

Bienvenue en mer Ionienne: le terrain de jeu par excellence des bateaux de location et des flottilles.

Fin septembre, toujours et encore ... décevant, décourageant et affligeant ... Une agréable douche bien rafraîchissante à l'Hotel Mentor - 3 euro -, un bon petit verre d'ouzo dans le cockpit, coincés entre deux 40 pieds- et plus -, et un bon repas, loin des quais trop touristiques, dans une agréable petite taverne - nous y étions déjà en mai - nous font oublier cette misère de charters! Mais cette fois - fin de saison et pas mal de monde - pas de dessert, service très moyen et moins de sourires...

 

22.09.09: Vathy (N. Ithaka) > Lefkas Marina ( N. Lefkada) 26 NM, 09H00-14H30.

Nous nous sommes levés tôt après une nuit un peu agitée: nous ne nous imaginons pas rester un jour de plus ici. Mais la météo nous incite à patienter: E 5 à 6Bft, mollissant et virant SE 4, menace d'orage pour la Céphalonie et éventuellement pour Ithaque tôt le matin ( entre 6 et 9H ) ensuite journée plutôt ensoleillée; les gribfiles fournissent les précisions complémentaires. Pas de hâte donc. Un peu plus tard, déjeuner dans le cockpit. La confiture d'orange, que nous avons reçu en guise de petit cadeau d'adieux - ainsi que des fruits - après notre dernière douche à l' Hotel Poseidon à Galaxidi, est un vrai délice, qui s'accorde parfaitement avec l'arôme de notre excellent café italien.

 

   

A 09H00 nous larguons les amarres.

09H30. Au dehors nous retrouvons cette même mer formée, un peu chaotique et à nouveau Nehalinnia s'en va gambadant alors que son équipage espère un peu plus de clémence. Nous maintenons un cap pour passer au vent de l'île d'Arkoudi: cela s'avère être la bonne option, vitesse sur le fond 6,4nds alors que le loch indique 5,4nds. Notre D. Elias-pilote indique la direction des courants avec une bonne précision. Et la mer se calme enfin, l'allure devient portante, les vagues sont moins hautes et s'arrondissent ...

11H30. Sivota est à deux milles sur bâbord: Kaat compte au moins trente voiles! Devant nous, la Mer intérieure, l'île de Meganisi, puis les îles de Skorpios et Sparti; le Veerse meer lors des Grands Jours! Presque toutes les sociétés de location sont présentes ici. De partout, suivant tous les caps possibles et imaginables, nous voyons surgir des voiliers, sous voile, sans voiles, avec génois à moitié enroulé, avec les voiles faseyantes, certains viennent droit sur nous, soudain changent d'inspiration et de cap, et s'éloignent, sans raison apparente ... Fin septembre, mais alors comment survivre à l'enfer du mois d'août? Impossible, nous disent la plupart de nos amis voileux. En n'y étant tout simplement pas!

 

A 14H30 nous amarrons à Lefkas Marina. Nous sommes fatigués. Horto-Lefkas en 27 jours. Qui est-ce qui nous a dit 64 heures? Pas pour notre petit voilier, et sûrement pas pour nous!

 

Jusqu'à Corinthe nous avons bien avancé, c'était agréable. Nuit de pleine lune, le lendemain, l'orage. Le temps se fit hargneux, plus imprévisible. L'année passée, le 15 septembre, un jour après la pleine lune, un orage sème panique et destruction à Fiskárdo. Trois voilier sur les rochers, un navigateur perd un doigt. Ensuite, pendant quelques semaines, ce fut l'automne précoce ...

 

De Nieuport à Hortó et - déjà - retour à Lefkas: voici ce que nous avons déjà réalisé avec notre voilier de 27 pieds et sa ligne de flottaison de 6,20! Kaat, qui barre le plus de nous deux, peut déjà être bien fière, dit Eric.

 

La suite de notre voyage: 4. La Grèce 3. après le retour de Hortó, automne et hiver 2009 Pf 7

 

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Updated 8-sep-15
   
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