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Nos pages en français (3.1)

 

2.1 De Port-Saint-Louis-du-Rhône à Menton, 2007

 

 

Port-Saint-Louis -du-Rhône

 

   

22.08.13 ( suite ) C'est au ponton E que nous aurons une place, pendant l'attente nous avons appelé - par téléphone - la Capitainerie - difficile, beaucoup de monde, nous verrons, quelques jours, mâter, je vais voir avec mon collègue, pas de souci ....

Ici, quelques "partants": un couple d'Allemands qui partent pour leur tour du monde, des Suédois qui bouclent leur périple de trois années en Méditerranée ... Les contacts s'établissent rapidement: conseils, adresses, courant sur le Rhône, Fiumicino, Solenzara, Cruas ...

Et puis vient le moment de sabler le champagne ... et de fêter en toute modestie notre arrivée, à la santé de tous nos amis de Nieuport, et d'ailleurs!

 

 

   

29.08.07 Nehalinnia est à nouveau un voilier! Olivier nous a rejoint pour quelques jours, il passera quelques jours avec nous et repartira avec le matériel dont nous n'avons plus besoin. Dimanche nous avons mâté, Olivier s'est chargé des réglages que nous affinerons si nécessaire en navigation.

Port-Saint-Louis-du-Rhône est en fait un carrefour: pêcheurs, plaisanciers locaux et visiteurs se côtoient dans une atmosphère assez sympathique et bien que le site n'ait rien d'enivrant les allées et venues des bateaux en transit, les uns en attente de mâtage ou se préparant à la rencontre avec la Méditerrannée, les autres se préparant à démâter ou simplement dans l'attente de passer l'écluse pour ensuite remonter le Rhône - ou bien plus loin encore -,créent une atmosphère qui n'est pas pour nous déplaire et c'est avec un certain plaisir que nous passons ces quelques jours ici. Les rencontres sont sympathiques et les échanges toujours très concrets et nombreux, sans prétention, empreints d'expériences personnelles.

Mais entre temps le temps commence à changer: à la calme chaleur succède aujourd'hui l'atmosphère agitée d'une perturbation orageuse qui doit traverser le sud de la France cette après-midi et cette nuit. Le vent du Sud a fortement monté ces dernières heures avec déjà des pointes de 30 noeuds, alors que la météo annonce du mistral pour les deux jours à venir.(*29.08.07)

 

De Port-Saint-Louis -du-Rhône à Marseille

 

   

03.09.07 Nous avons quitté Port-Saint-Louis-du-Rhône hier matin par beau temps pour Marseille où nous espérions trouver une place dans le Vieux Port. Nous gardions en réserve soit L'Estaque - ce qui nous obligerait de faire un assez long trajet en bus pour aller à Marseille -, soit Le Frioul. Nous savions en quittant Port-Saint-Louis qu' un nouveau grand-frais - éventuellement un coup de vent - de W -NW était prévu pour la nuit de mardi à mercredi et comme nous voulions faire escale à Marseille mieux valait compter sur un coup de chance: la Capitainerie appelée par téléphone affichait complet mais au CNTL un espoir de place subsistait. Dans le Golfe de Fos dont nous avons quitté les fumées jaunes et noires avec un réel soulagement - à Port-Saint-Louis nous en avions été épargnés! - un moment d'espoir:une petite brise nous a permis de faire - hélas à peine - un mille à la voile, mais dès l'approche du cap Couronne c'est au moteur que nous avons gagné Marseille.

 

 

Stops: Port-Saint-Louis-du-Rhône - Marseille- Calanque Morgiou- Cassis - Bandol - Ile de Porquerolles - Ile de Port-Cros - Bormes-les-Mimosas - Le Lavandou - Port Fréjus - Mandelieu-La Napoule - Antibes - Villefranche-sur-mer - Beaulieu-sur-mer - Menton. Google Maps

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Nous ressentons un premier et timide sentiment de dépaysement "méditerranéen" en longeant la Chaîne de l'Estaque. Carro, Sausset-les-Pins et Carry-le-Rouet défilent, puis apparaît au loin Marseille, la cosmopolite, et ensuite, sur tribord, les Iles du Frioul.

 

   

Nous arrivons alors qu'un noeud de courant nous porte dans un joyeux ballet de bateaux de tous genres qui vagabondent car nous sommes dimanche après-midi et il fait beau! Tout va très vite maintenant: le Fort Saint-Jean, la Cathédrale La Major, le Prado, et, veillant sur la ville, La Bonne Mère - Notre Dame de la Garde.

Nous arrivons, le CNTL, nous frappons nos amarres. Jusque tard dans la nuit le Vieux Port vibrera...

Ce lundi matin est comme souvent ...le lendemain de la veille ! Mais déjà nous remontons ces rues multicolores aux accents si nombreux, La Canebière aussi - bien sûr! -, l'Hôtel de Ville, et pour y accéder, Le César, le ferry-boat, si pittoresquement marseillais et célèbre. Cet après-midi c'est dans le Panier, le vieux Marseille,

   

 

que nous trouvons la perle, la Vieille Charité; puis nous allons voir le vent se mêler au couchant, au pied du Fort Saint-Jean. A 22H30 notre anémomètre monte déjà à 25 noeuds. (* 03.09.07) La nuit est assez mouvementée. Et ce mardi matin nous ne quitterons pas le ponton. Au cours de l'après-midi brève accalmie: nous en profitons pour faire quelques petits achats nécessaires et nous promener dans les belles rues commerçantes autour de la Préfecture. La nuit de mardi à mercredi le vent fraîchit à nouveau: comme les trois bateau sur le ponton d'accueil, nous avons doublé les amarres.

 

 

 

Mercredi matin. Le CMTL organise des régates le week-end prochain. Comme on nous l'avait signalé à notre arrivée nous devons libérer le ponton, par bonheur, nous avons un emplacement à la Société nautique de Marseille (SNM); ce club plus que centenaire est le plus ancien. Nous y amarrons sur pendille dans le coeur du Vieux Port, emplacement bien protégé mais bien plus pris dans le tourbillon de la vie marseillaise. Notre Dame de la Garde, le Quartier des Antiquaires, l'Abbaye Saint-Victor datant du XIe siècle, les plages, les jardins du Palais du Pharo, Marseille nous dévoile son riche patrimoine et ses charmes ... Nous verrons le Palais Longchamp, magnifique château d'eau sous lequel les réserves d'eau amenées par le Canal de la Durance, permirent à Marseille, après la terrible année du choléra de 1834, de se prémunir des épidémies. Nous aimerons ces rues aux cultures diversifiées au sud du Boulevard Garibaldi qui font la richesse d'une cité, ce quartier de vrais "souks" marseillais aux parfums exotiques, où les étales abondent de fruits et de marchandises: nous nous y promenons ... pour le plaisir des yeux!

 

Palais Longchamp

   

 

De Marseille à la calanque de Morgiou, Cassis et Bandol

 

   

07.09.07 Nous quittons Marseille avec un pincement au coeur: cette ville nous a séduits. A bâbord le Château d'If, à tribord les îles du Frioul, et derrière nous Marseille en plein midi, sous un ciel bleu ... beau rêve devenu réalité.

Le vent nous quitte après le Cap Croisette, alors que nous remontons vers les calanques.

C'est dans la calanque de Morgiou que nous mouillerons par 11m de fond: trente mètres de chaîne car les vedettes chargées de touristes produisent un clapot impressionnant, parfois! L'eau est d'un bleu parfaitement limpide et à la nage nous vérifions la tenue de notre mouillage.

   

 

A six heures le calme est revenu et seuls trois voiliers passeront la nuit au mouillage. Une lointaine petite houle de SW nous dérangera quelques heures au cours de la nuit. La lumière et le soleil ramèneront visiteurs et touristes.

 

 

   

En début d'après-midi nous partons pour Cassis: nous laissons Morgiou à ses visiteurs du samedi!

Cinq milles plus à l'est, Cassis: on nous attribuera une ultime place, hélas dans l'avant-port à un ponton d'été ... ou de fortune! - où nous serons sérieusement secoués à l'heure de notre apéritif alors que les bateaux rentrent au port par cette belle journée de fin d'été.

Le capitaine du port sera d'une remarquable et efficace courtoisie en venant nous proposer dès neuf heures en ce dimanche matin un emplacement - libéré - dans le port; hélas, nous venons de réserver pour ce soir à Bandol. (*09.09.07)

 

09.09.07 De notre trop brève escale - nous quittons Cassis à l'heure de midi - nous gardons un souvenir plaisant, la ville et le port entremêlés dans une charmante animation. La fébrilité, due au Race de Cassis, compétitions d'aviron organisées ce dimanche, n'y était, sans aucun doute, pas pour peu.

De Cassis à Bandol nous ferons une belle navigation à voile, d'abord au près, puis au travers, et nous finirons au largue, en contournant l'île de Bendor.

 

17.09.07 Ce lundi nous sommes toujours à Bandol. Ciel toujours bleu, beau temps - mis à part le Grand frais de mardi et mercredi passés et la perturbation orageuse associée dont nous n'aurons finalement eu ici, à Bandol, que 20 noeuds à notre anémomètre et trente gouttes ...

 

  Devant LA CIOTAT  

Mais c'est un événement à l'origine assez anodin qui est la cause de notre escale prolongée. Lors d'un empannage devant La Ciotat - nous voulions nous rapprocher de la côte -, après avoir largué notre retenue de bôme, l'écoute de génois était mal "passée": Eric s'était élancé pour la dégager. La contre-écoute "roule" sous le pied. gauche, mouvement rotatif, pied sous la filière inférieure, mais, déjà, retenue de la main droite sur la main courante, deuxième mouvement rotatif du pied, flexion du genou, tibia qui vient taper sur le livet de pont, glisse le long de celui-ci, puis, arrêt, franc! Dégagement de l'écoute. Retour dans le cockpit. Douleur. Regard rapide. Pilote automatique. Compresse froide. Pansement, bande de compression. Puis la navigation continue.

  AIE  

 

Ce lundi Eric a vu le Docteur C. pour la deuxième fois. Pronostic toujours réservé pour la reprise de la navigation. Prochain rendez-vous jeudi, sans doute, oui, peut-être. "Mais ... Bandol, tout de même, ce n'est pas si terrible ...", assure l'homme de science et d'art. . Bandol, jolie ville, port confortable. Beau temps, ciel bleu, petit déjeuner dans le cockpit, cafés à la terrasse près de la fontaine sous les platanes, déjeuner dans le cockpit... les jours coulent doucement. Tu sais, ça aurait pu t'arriver à Nieuport, sous la pluie ... , assure Kaat avec philosophie; elle vient de terminer ses quelques longueurs - déjà journalières et habituelles! - de crawl et de nage papillon dans l'eau bleue et douce de "notre plage"!

 

29.09.07 Aujourd'hui nous partons pour Porquerolles, la plus connue et la plus touristique des Iles d'Hyères. Notre long séjour à Bandol était en fait de vraies "longues vacances" et à aucun moment nous n'avons eu le sentiment d'ennui. Lundi passé le docteur C. a donné le feu vert pour la reprise de la navigation mais le mistral en a décidé autrement: à son avis une "convalescence" prolongée, le temps d'un bon coup de vent serait bénéfique pour une cicatrisation encore plus complète!

 

 

   

Nous serons donc restés vingt jours à Bandol.

En bus nous sommes allés à Sanary, une escale que nous avions prévue, mais c'est donc en parfaits terriens que nous avons visité ce lieu tout charmant: port de plaisance moyennement grand, promenade et kiosque à musique très colorés, avec une pointe de suranné exquis, pointus le long du quai, ruelles et petites places si typiquement méridionales où les commerces participent au décor plus qu'ils ne sont des lieux de négoce ...

Nous visitons dans la Tour romane (début du XIVe) le musée Frédéric-Dumas (plongeur de l'équipe Cousteau): une exposition intéressante retrace l'histoire de la plongée autonome (suite de cette exposition rue Lauzet-Aîné).

Egalement, promenade - marche encouragée par le médecin - vers Saint-Cyr-les-Lecques par le Sentier du Littoral et explorations des parcs (de villas!) à Bandol.

 

 

   

A la Médiathèque du Centre culturel de Bandol, la Cyber-base a été équipée d'une très belle collection de PC tout neufs (Windows-Vista). Tous les jours on peut y suivre les cours du professeur Isabelle qui prodiguera également conseils et solutions à tout visiteur occasionnel! Ainsi nous pourrons utiliser à l'avenir Outlook Express grâce à une petite modification du serveur sortant, problème sur lequel nous avions buté jusqu'ici et solution à laquelle aucun de nos amis contactés n'avait pensé (?), avouant avoir le même problème à l'étranger (même dans les cyber-bases on nous signalait qu'Outlook-Express n'était utilisable que sur la ligne du serveur propre!). Rituel agréable que notre "arrêt-café" quotidien à la terrasse du bar Le Narval sous les platanes, devant l'église. L'île de Bendor de Paul Ricard nous a semblé jouir plus de sa renommée que d'un jugement objectif: la "perle" a sans aucun doute connu son heure de gloire mais elle nous a paru bien ternie; bétonnage massif des rochers pour la protéger, état d'abandon et de délabrement total de l' inévitable amer - l'hôtel Soukana -, "conspicious", dit Rod Heikell dans son Pilote!

   

 

 

De Bandol aux îles de Porquerolles et Port-Cros

 

   

Départ donc de Bandol à 9H30. Temps couvert, grisaille absolue, E 3-4. Grand-voile haute et foc, nous voici en route pour le Cap Sicié. Rapidement nous avons vent debout et il nous faut tirer des bords; nous progressons bien et nous laissons derrière nous ce First 32 qui a tenté de nous rattraper ... génois faséyant car trop bordé! Au Cap le vent fraîchit alors qu'un vilain petit clapot commence à nous freiner. Lorsqu'enfin nous laissons derrière nous les roches sombres du Cap Sicié, la presqu'île de Saint-Mandrier apparaît sur bâbord, puis Toulon, alors que devant nous, dans le lointain, la presqu'île de Giens et Porquerolles dessinent l'horizon. Nous démarrons le moteur, notre avancée étant assez réduite car le vent nous abandonne... 11 noeuds de vent apparent, c'est peu dans cette mer assez confuse et courte. La perturbation orageuse dans le Golfe de Valence pourrait gâcher le week-end! Au moteur nous "louvoyons" afin d'éviter de renter droit dans le clapot. A l'approche de l'île du Grand Ribaud le vent fraîchit à nouveau: l'entrée de la Petite Passe vers la Rade d'Hyères est un véritable entonnoir; une nouvelle chance de gagner Porquerolles à la voile nous est offerte! Dans la Baie du Langoustier de nombreux bateaux sont au mouillage.

Nous hésitons un instant mais le rationnel l'emporte: les prévisions annoncent un vent fort et de fortes rafales, et puis la capitainerie que nous avons appelée avant notre départ, nous a promis une place."Panne B, vous choisissez une place libre". Incroyable. Porquerolles et à 16H nous choisissons un emplacement: le luxe d'être ici fin septembre!

A 18H00 le port est presque complet: nous sommes samedi et les mouillages sont désertés pour une place plus sûre au port!

 

30.09.07 L'île de Porquerolles: une perle exquise ... vêtue de gris-soleil! Vent frais: notre anémomètre reste bloqué entre 20 et 25 noeuds E- SE dans le port bien protégé de ces vents, rafales encore plus violentes. Nous apprendrons plus tard, que le voilier du pote d'un de nos voisins qui travaille sur l'île et vit sur son bateau s'est retrouvé coincé entre les rochers lorsque son ancre a lâché - heureusement plus de peur que de ... dégâts! Nous avons solidement amarré notre bateau au ponton, pendille sur l'arrière. Notre grosse "boule " rouge tient notre voisin à bonne distance. Nous partons à la reconnaissance de l'île: d'abord le "village": de nombreux visiteurs d'un jour ce dimanche, les grosses vedettes de la presqu'île de Giens (La Tour fendue) déversent toutes les 30' Italiens, Scandinaves, Allemands et une majorité de Français évidemment. Peu de visiteurs, nous dit-on, mais l'été, oui, dément. Alors: fuir d'ici l'été.

Visite du Fort Ste-Agathe (1531) - exposition intéressante sur l'histoire de l'île et sur le développement durable dans le Parc National de Port-Cros -, solide promenade vers le Phare, sur la côte sud (Cap d'Armes). Quelques "marcheurs" comme nous, des VTT-istes, plus nombreux, - locations au village (12 euro la journée) - mais la plupart des visiteurs craignent, semble-t-il le moindre effort physique, et ... les conséquences n'en sont pas invisibles!

 

     

01.10.07 Temps splendide. Nous voulons pouvoir mieux explorer l'île et décidons de louer des VTT. Arrêt à la plage Notre-Dame pour le petit pique-nique de fruits et yaourts; des baigneurs, il fait encore 26°; un yacht britannique est au mouillage, de nombreuses voiles apparaissent au loin, venant d'Hyères, Bormes et du Lavandou, sans doute. Puis nous sommes pratiquement seuls, en roulant vers le nord-est. La route sablonneuse vers le Cap Mèdes se transforme maintenant en une piste rocailleuse. Malgré les pneus bien profilés de nos VTT et nos 24 vitesses nous devons mettre pied à terre et poursuivre parfois le vélo à la main. Pentes ardues, caillasse, sable mou, poussière ultra-sèche ...

 

Nous voici au Cap Mèdes: vue magnifique sur Port-Cros. Pour rejoindre ensuite le Fort de la Repentance il nous faut refaire une partie de notre route, puis nous engager vers le centre de l'île. Moins de vent, donc les interdictions sur certains sentiers ont été levées; le risque de départ de feu reste toujours très important, mais ... (très) relativement moindre! Le moine séraphin orthodoxe, célèbre sans doute depuis l'émission Thalassa, consacrée à Porquerolles, est au travail sur le toit du fort. Puis nous traverserons encore l'île vers la calanque de l'Oustaou et aussi vers le Hameau, le centre scientifique et directeur du Parc National et du Conservatoire Botanique National Méditerranéen. Une bonne douche sera la bienvenue pour faire disparaître poussière et raideurs!

 

 

   

02.10.07 De Porquerolles à Port-Cros nous ferons 8,59 milles. Cette île, avec ses îlots voisins, la plus protégée des îles d'Hyères, offre un petit port, assez peu protégé.

Après notre arrivée vers 12H30 les trois pontons de dimensions moyennes seront bien occupés, alors que quatre grosses vedettes de plongeurs occupent pas mal de place. La moitié de la quarantaine de "mouillages réglementés" (bouées) sont également occupés. A notre retour de promenade vers 17H30, seuls huit voiliers sont toujours amarrés aux pontons. Sur l'île pas de voitures ni bicyclettes, présence de chiens limitée, interdiction de faire du feu, même la cigarette est interdite dans les chemins et sentiers - des panneaux annoncent la couleur, cigarette = 135 euros d'amende -, mouillage réservé aux bateaux propres. Devant tous ces interdits Kaat s'informe auprès de la capitainerie-gardienne du Parc: En principe, oui, difficile de contrôler tous les bateaux, difficile d'interdire, inciter, graves infractions, sont les mots qui reviennent. Au cours de notre belle promenade vers les Crêtes par le Vallon de la Solitude nous pouvons imaginer les terribles ravages que le feu pourrait provoquer. Du Fort de la Vigie, avant de redescendre au village, nous verrons l'île du Levant dans le beau soleil de cette fin d'après-midi.

L''île est approvisionnée en eau par bateau, aussi la consommation est-elle strictement limitée à 20l par bateau à heure fixe le soir, comme nous avons pu constater.

 

 

De Port-Cros à Bormes-les-Mimosas et Le Lavandou

 

03.10.07 Les prévisions météo nous incitent à quitter Port-Cros et à chercher un port plus sécurisé: risque d'orages croissant, fortes rafales. Nous voulons aller à Bormes-les-Mimosas. Rod Heikell est très élogieux et sur le site du voilier tour-du-mondiste Lizzy qui a fait escale tant au Lavandou qu'à Bormes, nous avons lu la même appréciation. Nous ferons huit milles de belle navigation au près par E-N-E 4 pour rejoindre Bormes-les-Mimosas. L'agréable marina, très bien équipée, est néanmoins isolée de tout commerce ouvert en ce début d'octobre, mis à part un petit supermarché encore assez éloigné. Le Port de Bormes, site artificiel, est tributaire de la saison touristique, même le bureau de tourisme a fermé ses portes. Pourtant il y a encore du monde: terrasses et plages sont assez fréquentées; de nombreux vacanciers-résidents du Lavandou préfèrent, le jour, sans doute la quiétude de Bormes: la promenade par la baie fait à peine deux kilomètres.

 

   

04.10.07 Nous décidons de changer de port pour rendre plus aisées les courses quotidiennes; Kaat ne voit aucun plaisir à manger le matin du pain acheté la veille au Lavandou, ni à nous voir transporter à deux kilomètres bouteilles d'eau minérale et autres poids. En un quart d'heure nous gagnons Le Lavandou; on nous attribue un poste dans le nouveau port. Nous retrouvons ponton et catway. Le port, qui compte environ 1100 emplacements, semble relativement plus exigu que celui de Bormes, moins ouvert et avec des installations plus vétustes; les sanitaires sont à notre avis en nombre très insuffisants même en ce début octobre et d'un accès tout à fait fantaisiste. Cet horaire (actuellement 08H30/12H00-13H30/18H30) incite donc à l'utilisation des toilettes dans le port, ce qui est, à juste titre, combattu dans le dépliant qui nous a été remis. Comprendra qui pourra. C'est jour de marché au Lavandou et il règne une ambiance encore très "vacances". Ici, aussi, pour début octobre il y a pas mal de monde, les terrasses des cafés sont bien pleines, les nombreux terrains pour les boulistes sont occupés. Ce week-end, Championnat de France de vitesse de jet-ski. Presque tous les commerces sont ouverts, et dans la rade un paquebot dont les vedettes déversent les passagers - la plupart américains, nous semble-t-il - a jeté l'ancre. .

 

Par le Sentier du Littoral nous gagnons une des douze plages du Lavandou, Saint-Clair, alors que le vent fraîchit - notre anémomètre marquera 21 noeuds E/SE. De Saint-Clair nous suivons le Sentier des peintres, évocation e.a. des peintres néo-impressionnistes Van Ryselberge et Cross par des reproductions de leurs tableaux le long du Sentier.

 

05.10.07 La météo est incertaine: zone orageuse qui remonte vers le NE et mise en alerte, déjà, de cinq département dont le Gard. Cette zone devrait affecter le Var et la Côte d'Azur dans l'après-midi et la nuit. La région attend avec impatience cette pluie bénéfique car la sécheresse devient inquiétante. Le Var est placé en pré-crise de sécheresse comme nous indiquent les interdictions d'utiliser l'eau pour laver les ponts et coques des bateaux ... jusqu'au 30 septembre! Matin couvert, mais rapidement le soleil prend le dessus. Sur les îles, nuages. Il pleuvra. Au Lavandou, pas de trace de pluie. Beau temps!

 

06.10.07 L'orage attendu pour la nuit n'est pas venu. Il n'est pas tombé une goutte de pluie et après quelques nuages ce matin, le soleil brille. Il fait à nouveau 25°. Nous avons réussi à mettre notre site à jour. Ici pas de problème pour trouver un point internet/wifi: il n'y que l'embarras du choix (liste à l'Office du tourisme). Derrière le port quelques petites ruelles et places du vieux Le Lavandou: nous aimons y passer à chaque fois que nous nous rendons dans les rues commerçantes plus loin. Cet après-midi retour à Saint-Clair par le Sentier du Littoral: nous referons cette fois la promenade du Sentier des Peintres par une autre lumière, imaginant devant chaque tableau ce qu'était la beauté des lieux représentés par ces techniques souvent proches du pointillisme, comme cette villa maintenant vétuste et mal entretenue près de la Pointe du Nard-Viou. De rares baigneurs profitent encore de la douceur rougeâtre du couchant alors que plus loin dans un restaurant les garçons commencent à s'agiter pour préparer les tables. Une forte odeur de feu de bois embaume l'air ... En retournant vers le port, nous nous arrêtons à nouveau quelques instants à la Pointe.

   

 

Du Lavandou à Port-Fréjus et La Napoule

 

 

   

07.10.07 Départ pour Port-Fréjus. Trente milles de navigation le long d'une très belle côte en contrebas des Maures. Jusqu'au Cap Nègre nous longeons les plages du Grand-Lavandou. Paysages variés car calanques, pointes, baies, anses sont bien différentes, laissant à chaque fois une empreinte différente, partageant autrement plage, urbanisation, nature ... Puis la baie de Cavalaire s'ouvre sur bâbord: voiliers, vedettes et yachts apparaissent, sorties du dimanche. A l'approche du Cap Lardier le vent faible, Var. 2, se renforce quelque peu et s'établit S. Nous déroulons notre génois et arrêtons le moteur. En remontant vers le Cap Camarat nous nous retrouvons au grand largue; pour naviguer plus confortablement et maintenir une progression agréable nous décidons de ne pas mettre directement cap sur Fréjus - ce qui nous obligerait à parcourir près de quinze milles avec un vent arrière assez faible. Comme nous ne sommes vraiment pas pressés et que nous voulons satisfaire et notre curiosité et le plaisir de naviguer nous allons tantôt nous rapprochant de la côte et de la Tourelle de la Moutte tantôt repartant vers l'est. La mer est maintenant assez confuse: de nombreux grands yachts rapides qui tantôt nous dépassent, tantôt croisent notre route même à une bonne distance, créent un clapot tout à fait artificiel. Afin d'éviter tout risque d'empannage par une vague de travers nous frappons un retenue de bôme - aisément largable depuis le cockpit.

 

Le Golfe de Saint-Tropez est largement ouvert sur bâbord et nous ne sommes vraiment plus seuls sur l'eau. Un magnifique voilier sous pavillon espagnol croise notre route à vive allure, une petite vedette nous dépasse créant un désagréable roulis, un splendide deux mâts britannique descend vers le Cap Lardier; appel du sémaphore de Cap Camarat et identification d'un yacht de 53 mètres battant pavillon d'Antigua ... La côte défigurée sur les flancs des collines par des constructions jusqu'au sommet nous rappelle des images - mais celles-là bien dramatiques - du Proche-Orient: rouge-ocre des façades, noir des portes, fenêtres, ouvertures de balcons et terrasses, nous avons l'impressions que des milliers d'yeux nous regardent!

Sainte-Maximes, puis les Issambres, et ce rivage assez plat. Puis au loin - car nous nous rapprochons de Saint-Raphaël, Saint-Aygulf et la ligne jaune et verte de la vallée de l'Argens. Le vent fraîchit et notre navigation devient plus dynamique, nous nous plaisons à remonter jusqu'au travers à l'approche de la côte hyperurbanisée de Fréjus à Saint-Raphaël où le dôme de la Basilique Notre-Dame est un bon amer - conspicious, mentionne Rod Heikell dans son Pilote. Empannage et retour vers l'entrée de Port-Fréjus, ouverte sur l'est.

 

 

   

Clapot dans la passe, nous ne sommes pas seuls à y pénétrer. Juste le temps de la manoeuvre, la grand-voile tombe, déjà nous sommes devant de ponton d'accueil, pas de place, encombré; vite, appel sur le canal 9; oui, H223; coup d'oeil sur le plan du port; un Océanis 36 va vers son emplacement, nous dégageons; H, oui, mais 223, gauche ou droite, pair ou impair, ce n'est pas clair, et nous ne voulons pas nous engager, trop peu de place; non, ils se suivent les numéros, à gauche alors, oui; ouf, voilà le 223; amarres, pendille. Autour de nous, dimanche soir oblige, on rince les ponts et le coques, on débarque les sacs, à vendredi, à plus tard... A sept heures seuls trois bateaux sur le ponton H sont encore occupés.

Autour de nous, des immeubles. Cinq étages. Hôtel Thalasso, Pierres et Vacances ... des balcons vue - et regards - sur les bateaux, une minorité de voiliers; bassins, ponts, esplanades, promenades, restaurants, boutiques, vendeurs de bateaux: "cette vaste marina (...), entourée de grands immeubles (...) rappelant un peu la Louisiane, le port de Fréjus (...) s'intègre dans une véritable station de loisirs" nous dit le Pilote Côtier. Nous restons dubitatifs ...

 

08.10.07 Ballade à Fréjus. Le centre historique est charmant. Place de la Liberté. Une des terrasses se fait très accueillante, à l'ombre d'un grand platane, face à la fontaine. Puis nous découvrons la Cathédrale romane Saint-Léonce, le cloître, les petites rues de l'itinéraire des Artisans; mais nous avons de la malchance, nous sommes lundi et donc journée de fermeture, partielle heureusement.

Retour sur Port-Fréjus puis promenade vers Saint-Raphaël. Le port, assez limité, est complet, et peu confortable. Pêcheurs, sur les quais, les filets qui sèchent. Visite de la Basilique Notre-Dame, puis nous allons vers par la Vieille ville, l'église des Templiers et la Tour carrée. Retour vers Port Fréjus par les rues commerçantes et le bord de mer. Nous sommes presque mi-octobre et Port Fréjus n'est pas désert: il y avait même foule au supermarché situé près de l'une des entrées. Il a fait beau toute la journée, 25° et ciel bleu ...

 

 

 

 

09.10.07 Mais nous sentons un besoin d'air: malgré la qualité parfaite des installations, Port Fréjus manque de vrai, d' air et d' horizon. Nous nous sentons "enurbanisés". Heureux de notre expérience qui a satisfait notre curiosité, nous partons vers 11H30 pour La Napoule. Fin des années soixante-dix, lors de vacances près du mont Ventoux et ensuite dans l'arrière-pays de Menton, début des années quatre-vingt alors que notre fils était encore trop petit pour des destinations lointaines, nous sommes passés plusieurs fois à La Napoule, dont nous avons toujours gardé un souvenir agréable.

 

   

Nous naviguerons aujourd'hui le long d'une des plus belles côtes et le Massif de l'Esterel, du Cap Dramont au Golfe de la Napoule, nous régalera de ses plus riches couleurs dans ce bel après-midi d'octobre. La météo prévoit à nouveau du très beau temps et toujours un vent variable 1-3 s'établissant S l'après-midi. Quelques bateaux sont au mouillage dans le NW de l'île d'Or face à l'abri du Poussail. Comme nous sommes passés assez près de la côte et que nous préférons ne pas nous risquer dans le passage à terre - bien que le pilote signale 6 m d'eau mais le passage est très peu large à ce qu'il nous semble -, nous contournons l'île et, nous rapprochant ainsi du vent, nous pouvons arrêter le moteur.

   

 

 

   

Après le Cap Dramont le vent est franchement S. La Corniche de l'Esterel nous offre le long de sa côte sauvagement escarpée, une palette de profonds rouge-ocre alternant avec les verts de la végétation. Malgré les cicatrices des feux de forêt ce Massif nous impressionne toujours par sa beauté en grande partie sauvegardée. Puis le vent fraîchit, et tandis qu'une très légère brume rend la lumière plus douce, la mer d'un bleu maintenant métallique s'amuse à créer de petites vaguelettes. Figuerette et Port La Galère se distinguent à présent dans une sorte de contre-jour orangé alors que déjà, derrière la Pointe de la Galère, apparaissent Théoule (183pl) et La Rague (520pl). Devant nous La Napoule et le Château-amer - plus à l'ouest -, et Cannes, les îles de Lérins, et dans le nord-est, le Cap de la Croisette, au loin le Cap d' Antibes.

Quand nous affalons la grand-voile, avant de pénétrer dans la passe, l'anémomètre indique 19 noeuds. Accueil, formalités, particulièrement complètes - fiche, copies de la lettre de pavillon et du certificat d'assurance. Nous aurons un bel emplacement assez dégagé entre deux beaux canots. Face à nous, mais de l'autre côté du très large ponton une rangée de yachts ... tous inoccupés. Calme et silence assurés.

 

 

11.10.07 Nous partons à la redécouverte de Mandelieu-La Napoule: vers le (nouveau) Golf Club de Cannes-Mandelieu, le Sofitel et la Plage Fon Marina, le Port de Cannes-Marina, sur la Siagne: neuf, neuf tout cela! Nous visitons le Parc départemental de San Peyre, tout proche: du haut de la colline, nous avons une vue imprenable sur Mandelieu - immeubles, villas, villages entiers, neufs, tout est "méconnaissable" à nos yeux! Alors nous cherchons une grande propriété où nous avons logé quelque temps en 1984: disparue... Le golfe de la Napoule, la baie de Cannes, et l'arrière pays, au loin les monts des Adrets, Grasse ... là tout est encore en place - comme nous indique la Table d'orientation! Là-haut nous voyons les ruines du Château de l'Avignonet. Nous redescendons pour suivre le Sentier botanique, puis nous allons par le Sentier du littoral jusqu'a La Rague.

 

 

   

17.10.07 Nous avons quelque peu prolongé notre escale à La Napoule. La belle arrière-saison - exceptionnelle sans doute, car le ciel reste invariablement bleu et la température est toujours de 24° -, le port très agréable et la plage - baignade quotidienne! - en contre-bas W du château rendent notre séjour particulièrement agréable.

Ce beau temps que nous apprécions, nous particulièrement, commence réellement à désespérer ici: on implore une pluie qui ne vient pas malgré les quelques espoirs suscités par des bulletins météorologiques, rapidement démentis le lendemain ... et par la réalité! Nous apprenons les dégâts causés par cette sécheresse inhabituelle, même les arbres les plus résistants souffrent; ainsi 50% de la récolte des olives serait certainement perdue ...

 

     

 

Nous avions pensé faire plus rapidement escale à Port Vauban-Antibes, mais nous avons dû différer nos plans: le manque de place fait que nous ne pourrons obtenir un poste que demain.

 

 

 

Nous voulons maintenant nous rapprocher de Menton-Garavan par petites étapes et profiter des escales pour reconnaître encore quelques ports; d'autre part nous ne voulons pas non plus arriver trop tôt à notre halte d'hiver qui n'est plus qu'à 35 milles.

Mardi passé petite ballade par ENE 3-4 dans le golfe de La Napoule: en tirant des bords nous avons gagné le mouillage W entre les îles de Lérins. A l'heure où le ciel commence à prendre ces tons rouge-orange qui nous sont déjà si familiers, nous sommes repartis vers La Napoule ... encore en tirant des bords ... mais au grand-largue pour faire durer le plaisir d'être en mer ( et éviter le plein vent arrière! ), sur notre petit voilier, devant cette célèbre baie de Cannes. Parfois nous avons même difficile d'y croire, d'être arrivés ici, et nous craignons rêver!

   

 

       
   

Cannes

   

 

De La Napoule vers Antibes et Villefranche-sur-mer

 

18.10.07 Départ pour Antibes. Nous avons finalement obtenu un emplacement à Port Vauban-Antibes. Belle traversée de la Baie de Cannes et passage entre la Pointe de la Croisette et l'Ile Sainte-Margueritte, car il faut beau et la mer est calme. Ce passage étroit où les fonds remontent brutalement de plus de cent mètres à 4,20m ne peut être emprunté par mauvais temps et mer agitée ou forte; il faut alors contourner à bonne distance les Iles de Lérins. Puis c'est la traversée du golfe Juan. Devant nous sur bâbord les belles collines vertes de Juan-les-Pins alors que nous laissons derrière nous la côte fortement urbanisée de Golfe-Juan et ses deux ports. A l'approche du Cap d'Antibes, encore deux ports où les mâts brillent dans le soleil de cette belle journée d'arrière-saison: Port Gallice et le Port du Crouton, plus petit. Nous contournons déjà le Cap d'Antibes, sorte de presqu'île rocheuse escarpée, couverte de pins et de belles et grandes villas.

   

Il est temps pour la pause de midi et nous décidons de mouiller dans l'Anse de la Garoupe en contre-bas de phare du même nom dans 6 m d'eau. Nous y sommes seuls ...mais pas pour très longtemps: deux vedettes viennent à leur tour jeter l'ancre, créant beaucoup de remous pour rien, puis elles se feront oublier, n'ayant vraiment rien à faire admirer! Nous ne résistons pas à l'envie de plonger dans l'eau dont la température est encore très agréable.

Un léger vent qui se lève soudain est le signal du départ pour rejoindre Antibes à quelques milles. Port-Vauban est un très grand port - 25 ha - avant tout visité par la "grande plaisance", un quai y est même réservé pour des bateaux de plus de 70 m. Nous n'y trouverons qu'assez difficilement le minuscule emplacement qui nous est attribué près du môle nord. Pour rejoindre la Capitainerie il nous faut 25 ' pour contourner les bassins où des yachts de 25 mères et plus sont alignés comme à Nieuport des bateaux de 10 mètres! Après une ballade dans la vieille ville, nous décidons d'abréger notre escale.

 

 

   

19.10.07 La météo annonce une menace de grand-frais à coup de vent pour la nuit et la journée de demain. A Villefranche nous pourrions avoir un emplacement pour quelques jours.

Nous faisons les 10 milles de la traversée vers le Cap Ferrat au près, un ris dans la grand-voile et génois réduit, vent apparent de 25 noeuds, mer agitée et houle d'est. Ce n'est que lorsque nous abattrons pour entrer dans la Rade de Villefranche que nous pouvons enlever nos cirés encore bien humides, malgré le soleil.

Le Port de la Darse-Villefranche situé en contre-bas de la Citadelle, à l'avant de la Vieille ville et du petit port de la Santé, nous plaît immédiatement, convivial et dans un magnifique environnement.

 

 

Nous aimerons ces petites rues étroites, ces places paisibles ces escaliers qui mènent vers la ville du haut. Quand les quais seront bruyants lors du débarquement de centaines de passagers des bateaux de croisière qui journellement mouillent dans la rade, nous y trouverons un calme si charmant.

La rade est très protégée malgré le vent fort, mais les voiliers au mouillage dansent parfois vivement sur le clapot lorsque les rafales viennent balayer le plan d'eau. Nous visitons par cette journée venteuse la Citadelle du XVIe et la ville haute.

 

     

 

 

21.10.07 Dimanche, temps très clément, à nouveau. Deux grands bateaux de croisière mouillent dans la rade, près de la Gare maritime; les touristes arrivent, prennent d'assaut terrasses et échoppes, sur la place se tient un marché à brocante. Sur l'étroite plage qui suit la baie jusqu'à la passerelle vers Beaulieu et Saint-Jean, on se presse. Nous allons jusqu'à la pointe du Lazaret, nous nous perdons dans les petites rues, prenons le soleil sur la petite place près de l'église, puis nous remontons jusqu'à la ville haute, et faisons la promenade le long de la plage et par le Chemin des Serres d'où nous avons tour à tour de beaux points de vue sur Beaulieu, Saint-Jean et Villefranche. A notre retour, le calme est revenu sur le quai: les bateaux et leurs passagers sont repartis, les plages désertées.

 

De Villefranche à Beaulieu

 

   

22.10.07-27.10.07 Lundi matin. Départ pour Beaulieu, à 4,5 milles mais du côté est du Cap Ferrat. Nous y attendrons notre départ pour Menton-Garavan où nous avons réservé notre escale d'hiver, du 1er novembre au 31 mars.

Beaulieu est très "British": grands hôtels luxueux et villas splendides, mais le charme méditerranéen de Villefranche nous manque un peu. Nous découvrirons néanmoins "Beaulieu Belle Epoque" grâce à l'itinéraire découverte proposé par l'Office de Tourisme. Le port, très bien tenu, fait un peu parking de bateaux! Nous avons un emplacement dans le nord-est du port, où nous sommes très tranquilles; à part nos voisins très sympathiques nous ne voyons personne, ce qui ici est un luxe!

Par temps normal le repos la nuit est garanti mais c'est alors sans compter avec les caprices de la météo qui veut se manifester - enfin - et nous mettre en garde: l'automne est arrivé et est bien là ... parfois.

 

 

   

Premier avertissement: mardi soir, par un vent d'est fraîchissant - une vilaine dépression sur la Sardaigne - la mer brisera violemment et des paquets de mer passeront par-dessus le mur, dont nous sommes heureusement suffisamment éloignés; une vague aura même raison de l'éclairage, plongeant cette partie du port dans l'obscurité. Le lendemain, nous serons étonnés ... de l'étonnement quasi général, cela ne se serait tout de même pas vu depuis belle lurette! La dépression s'éloigne. Journée calme. Mais une nouvelle dépression se présente: des côtes algériennes elle remonte vers le nord.

Mercredi matin la météo annonce un Grand-frais à Coup de vent pour la nuit de jeudi, avec fortes pluies et orages. Jeudi matin soleil, puis le temps se couvre; à midi les premières gouttes tombent; l'après-midi grisaille et averses, puis la pluie. Le vent monte. Vers six heures du soir la vraie pluie arrive alors que le vent souffle en rafales. Météo-France corrige en annonçant dans un nouveau BMS Grand-frais à Fort coup de vent, un bulletin spécial concernant la hauteur des vagues y est adjoint.

   

Nous protégeons le bateau avec les gros pare-battage que nous avons utilisés dans les écluses, la grosse "boule" de 45cm et le long pare-battage de 35 cm de diamètre; nous devons tout mobiliser sur le tribord 'avant' car un épi en béton constitue une grande menace. La nuit nous devrons intervenir plusieurs fois pour adapter et modifier nos protections malgré que notre bateau reste relativement stable. Autour de nous le spectacle est assez hallucinant: sous le hurlement des rafales de gros voiliers gîtent fortement, des chaussettes de génois et des taux de cockpit volent en lambeaux, notre voisin aura l'échelle et un chandelier tordus, un peu plus loin une vedette présentera une déchirure sur l'arrière de plus de 20cm. Chaque rafale violente est précédée d'un calme presque total, puis dans la pluie battante nous l'entendons arriver et pousser sur les bateaux qui pour la suivre, d'abord tirent au maximum sur leurs amarres et leur pendille, puis, heureusement encore retenus, gîtent comme vaincus, pour revenir ensuite, mais déjà livrés à la prochaine rafale ... Vers quatre heures le vent tombe, seule la pluie retentit lorsqu'enfin nous croyons pouvoir chercher le sommeil.

 

Si nous nous rappellerons notre escale de Beaulieu pour notre premier "mauvais temps" en Méditerranée nous n'oublierons pas non plus la visite à la Villa Kerylos, la beauté de Saint-Jean-Cap-Ferrat, notre promenade vers la Pointe de Saint-Hospice, la douceur de la lumière sur la mer de la Pointe du Colombier, et notre visite à la Villa Ephrussi de Rothschild sous la pluie battante!

 

La Villa Kerylos fut édifiée entre 1902 et 1908 pour le compte de l'archéologue Théodore Reinach sur le modèle d'une villa grecque de l'île de Délos; la visite est aisée grâce à l'audiophone qui permet un rythme et un intérêt personnalisé. Si la décoration intérieure est admirable nous sommes restés assez dubitatifs quand nous avons appris que cette villa "hors du temps" a été occupée jusqu'en 1960!

     

La somptueuse Villa qu'a fait construire Béatrice Ephrussi de Rothschild nous a charmé par l'excellence de son raffinement, bien XVIIIe siècle, alors que par son style ce "palais" n'est pas sans nous rappeler la Renaissance florentine. Si dans le Patio couvert nous avons pu voir des oeuvres d'art médiéval et de la Renaissance, dans les salons, les boudoirs et les chambres, les mobiliers Louis XV, Louis XVI et XVIII rivalisaient de raffinement. Avant de rejoindre les jardins nous nous sommes attardés dans un dernier salon: celui d'une collection exceptionnelle de porcelaines de Vincennes et de Sèvres. Les neuf jardins offrent une variété florale harmonieuse mais toute surprenante ainsi que de très beaux points de vue sur la Rade de Villefranche ... cette fois sous le gris d'une journée pluvieuse d'automne! Puis pour notre promenade dans Saint-Jean et vers la Pointe de Saint-Hospice, soleil et ciel bleu. Au mouillage des Fossettes bateaux et baigneurs: le mauvais temps est - provisoirement - oublié ... (*27.10.07)

 

Visites de la Villa Kerylos et de la Villa Béatrice Ephrussi de Rothschild, dans l'album-photo.

 

 

De Beaulieu à Menton

 

   

28.10.07 Départ pour notre ultime étape: de Beaulieu à Menton-Garavan. Le beau temps nous accompagne, mais le vent fait défaut. Cap d'Ail, son port et l'héliport où nous verrons en l'espace de notre passage, atterrir cinq hélicoptères; puis Monaco: le Musée Océanographique est bien visible à l'avant sur le Rocher, au-dessus le Palais princier, les immeubles, les tours, les gratte-ciel - une urbanisation à l'extrême, qui avec l'extension du port, toute récente, en a encore pris sur la mer.

Dans la baie devant Roquebrune quelques voiliers au mouillage, là quelques nageurs plongent d'un grand catamaran, puis le Cap Martin est déjà tout proche.

Menton apparaît derrière ce dernier cap, la Rade, le Vieux Port, et au nord-est le port de Garavan. En nous rapprochant, nous distinguons la frontière italienne à quelques centaines de mètres de l'entrée.

Accueil. Poste - provisoire - que nous échangerons pour notre emplacement d'hiver, lundi.

 

Nous voici arrivé à la fin du périple 2007. Nous nous hâtons vers la Vieille ville, le Marché couvert dans les Halles, la rue Saint-Michel, la Place aux Herbes, la Place Clémenceau: les souvenirs reviennent; nous reconnaissons, hésitons, affirmons, vingt-cinq ans ... seize ans ... mais déjà nous nous sentons chez nous, comme si c'était hier!

 

     

 

La suite de notre voyage: 2.2. L'hivernage à Menton (2007-2008) Pf 3.2

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